‹ Œuvres complètes de Augustin Thierry (volume 3)Chapitre 34 sur 70 · SUR LA VÉRITABLE CONSTITUTION, ETC · texte numérisé non relu

SUR LA VÉRITABLE CONSTITUTION, ETC

« l'État et les différentes classes du peuple ont mis à dé- « couvert leurs droits , leurs prétentions et leur puisa sance, » qu'il a pu se faire une idée exacte de cet empire , si mal jugé par ceux qui l'ont visité dans les temps de calme.

Le tableau que nous avons esquissé de l'état social de la Turquie est un simple extrait du premier volume de l'ouvrage de M. de Juchereau ; le second présente sur la scène des orages politiques les corps et les classes d'hommes dont le caractère est décrit dans le premier. Ge volume sert de preuve à l'autre. D'ailleurs, l'écrivain, qui paraît avoir beaucoup plus à cœur l'art militaire que la politique, ne peut être suspect d'avoir vu les choses sous un jour trop favorable au système de la liberté. C'est sans y penser lui-même qu'il vient de nous apprendre que le régime des pachas de Turquie est plus libéral que le régime des préfets de France ; que le scandale de nos maires de villes, de nos conseils de département , de nos conseils d'arrondissement, nommés par les préfets ou par les ministres,n'a pas même son excuse dans l'exemple du peuple tartare, vainqueur des Grecs; enfin, qu'un Osmanli , membre d'une cité libre, membre d'une corporation libre qui le protège, n'ayant rien à démêler avec le pouvoir s'il ne veut point lui-même y prendre part , est plus près de la dignité humaine qu'un Français, obsédé à toute heure du jour par la puissance et par ses agents de toute livrée : soldats, collecteurs, douaniers, gens de police, commis, espions , hommes qui vivent du tourment qu'ils lui causent , hommes qu'il ne peut traduire en justice pour le mal qu'ils lui ont fait, hommes contre lesquels il n'est admis à réclamer qu'auprès de ceux qui les commandent.

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