LOCALES ET MUNICIPALES
toires; ils frappèrent les existences locales, pour atteindre plus sûrement les pouvoirs injustes qu'elles soutenaient à côté des libertés légitimes. La France ne murmura point : c'était le temps de l'enthousiasme; et d'ailleurs , des franchises, des droits, la représentation, furent donnés uniformément aux circonscriptions nouvelles. Cette nouvelle indépendance, rendue commune à tout le sol, réjouit le cœur des patriotes; ils ne s'aperçurent pas qu'elle était trop dispersée, et qu'aucun de ses différents foyers ne trouverait en lui-même la puissance de la défendre. Bientôt, au moment ou l'illusion allait finir avec la premièreeffervescence, un nouveau besoin , le besoin de résister à la force extérieure, vint s'emparer des esprits; à la vue du péril pressant, on oublia la liberté pour l'intérêt de la défense ; et la furie .française, toujours trop prompte , traita en ennemis de la patrie les esprits plus calmes qui s'obstinaient à ne pas croire qu'il n'y eût qu'un besoin et qu'un danger. Les partisans de la fédération libre, véritable état social dont l'ancienne France avait le germe, et qui devait s'accomplir dans la nouvelle France , furent traînés à l'échafaud ; l'opinion laissa punir d'un supplice atroce des désirs qui avaient été les siens. Plus tard , elle revint à sa première allure ; elle fut à son tour fédéraliste ; mais le pouvoir central, fortifié de son long assentiment , se rit de ce retour et refusa ses demandes ; aujourd'hui il refuse encore.
Rappelons-nous donc, de toute la force de notre mémoire, que la centralisation absolue , régime de conquête et non de société, régime auquel n'avait pu encore atteindre le pouvoir contre lequel la révolution s'est faite, ne fut point l'objet de cette révolution. Entreprise pour la liberté, obligée d'abjurer la liberté pour tenir tête à la guerre, la révolution devait un jour, sous peine de se démentir ellemême, retourner à la liberté , et rendre compte aux indi-