POUR LA DEUXIÈME ÉDITION
Les nombreux changements faits à cette seconde édition rendent inexact sur plusieurs points Tavertissement qui précède. Les dix Lettres de 4 820 ont été en partie remplacées, en partie retravaillées , pour le fond et pour la forme. Si j*ai conservé ici l'avant-propos de la première édition, c'est afin qu'il puisse servir d'apologie pour ce qu'on trouvera de décousu dans un ouvrage tant de fois remanié , et aussi pour ne point effacer tout vestige de mes travaux de jeunesse , tout souvenir d'un temps qui me devient plus cher à mesure que les années et la maladie m'en éloignent. Je ne détaillerai point les corrections et additions qui distingnent cette édition de la précédente; je laisse à mes lecteurs le soin d'en juger l'à-propos. Je m'étendrai seulement sur un point qui , tantôt par de bonnes raisons, tantôt par des raisons que je ne puis admettre, a été fort controversé : c'est la rectification des noms franks , d'après l'orthographe teutonique.
L'idée de rendre aux noms d'hommes qui remplissent les premières époques de notre histoire leur véritable physionomie , n'est pas nouvelle. Lorsqu'au xvi^ siècle des savants laborieux s'appliquèrent à débrouiller le chaos de nos anciennes annales , la distinction entre ce qu'il y a de germanique et ce qu'il y a de romain dans l'histoire de France les frappa d'abord. Ils reconnurent que Clovis, Clotaire, Louis, Charles, etc., n'étaient pas des noms français, et ils les restituèrent, mais avec peu de bonheur, en se servant de la langue allemande , telle qu'on la parlait de leur temps. C'est ce que fit entre autres le greffier Du Tillet , critique habile , esprit