SECTION I
prolégomènes; temps antérieurs au xii« siècle t.
La ville d'Amiens, à Tépoque où César fit la conquête de la Gaule, portait le nom de Samarohriva^ c'est-à-dire, pont sur la Somme*. Elle était la capitale des Ambiant y Tune des tribus de la grande famille des peuples gaulois qui, sous le nom de Belges, habitaient le nord du pays, depuis le Rhin jusqu'à la Manie et à la Seine. Quand il fallut repousser l'invasion romaine, les Amhiani s'unirent aux peuples qui avaient avec eux une origine commune, et ils fournirent, en Taunée 57 avant notre ère, à l'armée qu'a-
I. Recueil des monuments inédits de rhistoire du tiers état, t. 1, de la page 4 à la page 25.
a. L'ancien nom du fleuve, Samarus ou Samara, s'est changé, vers le vi« siècle, en celui de Snmina ou Somena , plus tard, par contraction , Sumna ou Somma , d'où vient le nom actuel Somme. Voyez Hadriani Valesii Noiit. Gulliar, p. 15 et 539.
vait levée la confédération des Belges, un contingent de dix mille hommes. Maïs César triompha de cette ligue puissante; il dissémina ses troupes dans les villes et sur le territoire des Belges, et, à plusieurs reprises, des légions furent cantonnées à Samarobriva. Tels sont les premiers souvenirs historiques qui se rapportent à la cité d'Amiens.
On sait conunent fut achevée en dix ans la conquête de la Gaule par les Romains. Le pays resta tellement soumis et pacifié, qu'un demi-siècle à peine après la mort de César, l'empereur Auguste put le comprendre dans ses divisions administratives. Ce fut alors que les Ambiani et leur capitale furent pangés dans la province qui porta le nom de seconde Belgique. Dès lors Samarobriva demeura soumise au système d'administration et aux lois qui régissaient d'une manière uniforme les diverses parties de l'Empire. Placée sous la dépendance et la juridiction d'un fonctionnaire impérial, elle avait cependant une assez large part d'action dans les affaires de son propre gouvernement, et, comme toutes les villes où Ait importé le régime municipal romain, elle possédait un corps de magistrature et d'administration urbaine, une Curie chargée du soin de la police et des afifaires locales, ^^ investie, dans certains cas prévus et déterminés par l'autorité souveraine, du droit dp justice et (Je l'application des lois.
Sammohrim 4«w6«^»or«*w»* Pomme on ^\m^ en jow gnant ftU nom propre cje la ville oelui du peuple dont olle était l'ancien chef-lieu, atteignit, 3oqs la domination rom we, un haut degré de prospérité ; elle s'aperut alors et s'embellit de telle sorte, que déjà, vers la fin du lY' siècle de notre ère, l'histprien Ammien Marcellin rappelait une ville éminente entre les autres villes'. Située sur l'une des granules voies romaipes qui traversaient la Gaule dans toute sa longueur, elle était en outre, comme semble l'indiquer l'Itinéraire d'Antonjn, le point dô jonction de plusieurs routes d'une importance secondaire qui menaient à PeaHvai§> à Noyon , à Soissons et à d'autres villes avoisînantes^. E;ile devait §ans 4outp à cette position favorable au commerce une part de son importance. Depuis le règne d'Auguste jusqu'à la chute de l'empircj^ elle vit s'élever dans spn enceinte de nombreui^ édifices ^ elle avajt un palais où résidait le magistrat impérial, un amphithéâtre, des temples et une grande manufacture d'armes^. On sait par la statistique officielle qui fut dressée vers Tan 437, qne les empereurs avaient établi dans la Gaule huit ateliers où Ton fabriquait des armes de toute espèce , et que Tatelier d'Amiens devait
\, Ambiant urbs, inter alias eminens. (Ammiani Marceil. lib. xy, apud Script, rer. gallic. et francic, 1. 1, p. lUS. )
9. Voy. Uinerarium Antonini Augusti, apD4 Script, rer. gMUP- fit francic, t. I,p. 106 et 407.