I. Ce morceau est la Préface du second volume du Recueil
obtenu que d6 no8 jours ^ dans Fopinion publique , le haut degré d'importance et de faveur qu'elle méritait. Il a fallu pour cela que les révolutions modernes, en se déployant sous nos yeux, nous eussent appris à voir et à comprendre les révolutions du moyen âge. C'est ainsi qu'un nouveau sens historique a été donné à ce qu'on appelait, d'un nom trop modeste, TafiBrancbis* sèment des communes , et qu'on a reconnu tous les caractères d'une véritable révolution dans un événe* ment classé jusque-4à parmi les réformes administratives de la royauté française. La question complexe de la renaissance des municipalités libres au iti« mècle a d'abord été traitée d'une façon partielle, sinon partiale, n y a eu des solutions diverses et en apparence contradictoires, selon le point de vue où chaque auteur s'était placé par préférence ou par hasard , l'un considérant surtout la durée non interrompue du régime municipal, l'autre, son rajeunissement soudain par un nouvel esprit et de nouvelles constitutions; celui-ci, l'acte de concession ou de transaction émané du pouvoir royal ou seigneurial^ celui-là, l'initiative de la bourgeoisie et l'impulsion révolutionnaire ^ Puis, à mesure que le problème a fait son chemin dans la discussion scien-
I. Yoyes les Lettres èur VhUloIre de Franeet 48S7; VBi$tt>trê critique du pouvoir municipal, par M. Lebert, 1838; VHUtoire du régime municipal en France, par M. Raynouard, 1839, et VHiêtotre de la clviliiation en France, par M. Guizot, l. V, 4830.
tifique, ces vues divergentes se sont rapprochées; il s'est formé au-dessus d'elles une thèse plus large qui les comprend toutes, qui, tenant compte de tous les principes du grand mouvement municipal du xii* siècle, admet à la fois, pour l'expliquer dans ses causes et dans ses suites, l'élément traditionnel et l'inspiration rénovatrice, un esprit de sagesse libérale de la part des gouvernants, et l'action, irrésistible quand elle est juste, des volontés populaires.
Au point où elle est maintenant parvenue, la science considère deux choses dans la révolution communale , d'une part le fond de cette révolution ou son esprit, de l'autre les nouvelles formes de municipalité qu'elle a créées. Le fond est le même d'un bout à l'autre de la France actuelle; c'est, pour toutes les villes où se fait sentir, dans le cours des xu« et xin« siècles, le besoin de progrès et de garantie pour la liberté civile , un désir plus ou moins violent de substituer aux pouvoirs féodaux une magistrature élective; quant à la forme, elle varie selon les zones du territoire. Gomme on l'a vu dans l'Essai sur l'histoire du tiers état*, au midi s'est propagée de ville en ville une constitution municipale venue d'Italie où les magistrats ont le titre de Consuls; au nord s'est répandue de la même ma- , nière une constitution d'origine difTérente, la Com-