SCÈNE IV MADAME MURER, EUGÉNIE
MADAME MURER
<}u*il m*amène ses Cowerly ! (Après nn peu de silence.) A
Totre tour, ma nièce, je tous examine... Je conçois que la présence de Totre père tous gène, dans Tignorance où il est de votre mariage : mais avec moi que signifie cet air? J'ai tout fait pour tous : je vous ai mariée... Le plus bel établissement des trois royaumes ! Votre époux est obligé de vous quitter; vous êtes cbagrine; vous brûlez de le rejoindre à Londres : je vous y amène, tout cède à vos désirs...
KUGilflB, tristement.
Cette ignorance de mon père m*inquiète, madame ; d*un autre côté, milord... Devions-nous le trouver ab- .<^nt, lorsque nos lettres lui ont annoncé le jour de notre arrivée?
MADAME MURER
Il est à Windsor avec la cour. Un homme de son rang n'est pas toujours le maitre de quitter...
EUGÉNIE
Il a bien changé !
MADAME MURER
<)ue voulez-vous dire?
EUCéHIE.
Que s*i] avait eu ces torts lorsque vous m'ordonnâtes de recevoir sa main, je ne me serais pas mise dans le cas de les lui reprocher aujourd'hui.
MADAME Ml'RBB.
Lorsque je vous ordonnai, miss! A vous entendre, on croirait que je vous fis violence ! et cependant sans moi, victime d*un ridicule entêtement, mariée sans dot, femme d*un vieillard ombrageux, et surtout confim'e pour la vie au château de Cowerly... Car rien ne peut détacher votre père de son insipide projet.
EUCiNIB.
Mais si le comte a cessé de m*aimer !
MADAVE MURER.
Fn serez- vous moins milady Clarendon?... Et puis, qut'lk' idée ! nn homme qui a tout sacrifié au bonheur d** \ou< posséder!
EIwiHIB, pénétrée.
n était tendre alors. Que de larmes il versa lorsqu'il fallut nous séparer ! Je pleurais aussi, mais je sentais que krs plus grandes peines ont leur douceur quand elleb sont partagées. Quelle différence !
MADAME MURER
Tous oubliez donc votre nouvel état, et combien TespHr de b voir bientôt mère, rend une jeune femme pla« cbèrp à son mari? Ne lui avei-vouspas écrit cette DOQTeUe intéressante?
Buciim.
Son p«a d'empressement n'en est que plus affligeant.
«AAAMB MURER.
Et moi je tous dis que vos soupçons Toutragent.
BUOllffE.
Avec quel plaisir je m'avouerais coupable !
MADAME MURER
Vous l'êtes plus que vous ne pensez : et cette tristesse, ces larmes, ces inquiétudes... Croyez-vous tout cela bien raisonnable?
EUGéniE.
Grâce aux considérations qui tiennent notre mariage secret, il faut bien que je dévore mes peines. Mais aussi, milord... n'être pas à Londres le jour que nous y arrivons!
MADAME MURER
Son valet de chambre est ici : je vais envoyer chez lui pour vous tranquilliser. (Elle sonne.)