‹ Œuvres complètes de BeaumarchaisChapitre 120 sur 607 · PAUL1!(E · texte numérisé non relu

PAUL1!(E

Ingrat, à Tinstant où vous allez tout lui devoir, pendant que son attachement lui fait payer toute la somme à Saint-Alban !

MÉLAC FILS, avec joie.

Que dites-vous ? 11 nous sauve l'honneur ?

PAULINE

Il va plus loin... son cœur, qui vous chérit...

MÉLAC FILS, viTement.

Achevez, Pauline, achevez ; ne craignez pas de mettre le comble à ma joie. Il me donne sa nièce ?

PAULINE, timidement.

Ah ! Mélac, ne parlez plus de sa malheureuse nièce.

MÉLAC FILS

Comment ?

Sa Glle...

Sa nUe !

PAULINE

MÉLAG FlU.

PAULINE

Sa 011e, fruit d'une union ignorée, qui vous connaît, qui vous aime, offre à votre père cent mille écus qu'elle tient des dons et des épargnes du sien...

MÉLAC FILS, avec indignation.

Au prix de m'épouser !... Nous n'étions pas assez avilis ; il nous manquait cet opprobre.

PAULINE, pleurant.

J'ai bien prévu que votre âme orgueilleuse rejetterait un pareil bienfait.

MÉLAG FILS, fiirieax.

Il me fait horreur ! le service, et celui qui l'offre, et celle qui le rend, je les déteste tous... C'était donc pour cela qu'il éloignait toute idée de notre union T II me gardait cette honte ; il me méprisait, même avant que le malheur m'eût réduit à souffrir tous les outrages. Mais, je le jure à vos pieds, Pauline ; fût-elle cent fois plus généreuse, la fille sans nom, sans état, et désavouée de ses parents, ne m'appartiendra jamais.

PAULINE

Vous la connaissez mal ; elle n'a eu en vue que votre père.

MfcLAC FILS.

Mon père ! Faut-il donc nous sauver d'une infamie par une autre!... Vous pleurez, ma chère Pauline 1

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