‹ Œuvres complètes de BeaumarchaisChapitre 150 sur 607 · LE BARBIER DE SÉVILLE, ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

LE BARBIER DE SÉVILLE, ACTE II, SCÈNE II

LE COMTE

Crois-tu qu'elle se donne à moi, Figaro ?

Elle passera plutôt à travers celte jalousie que d'y manquer.

LE COMTE

C*en est fait, je suis à ma Rosine... pour la vie.

FIGARO

Vous oubliez, monseigneur, qu*elle ne vous entend plus.

LE COMTE

Monsieur Figaro, je n*ai qu^un mot à vous dire : elle sera ma femme ; et si vous servez bien mon projet en lui cachant mon nom... tu m^entends, tu me connais...

FIGARO

Je me rends. Allons, Figaro, vole à la fortune, mon fils !

LE COMTE

Retirons-nous, crainte de nous rendre suspects.

FIGARO, Tivcment.

Moi, j entre ici, où, par la force de mon art, je vais, d'un seul coup de baguette, endormir la vigilance, éveiller Famour, égarer la jalousie, fourvoyer Fintrigue, et renverser tous les obstacles. Vous, monseigneur, chez moi, Thabit de soldat, le billet de logement, et de lordans vos poches.

LE COMTE

Pour qui delor?

FIGARO, Tivcnicnt.

Ue For, mon Dieu, de l'or? c'est le nerf de Tin- Irigue.

fie te facile pas, Figaro, j'en prendrai beaucoup.

FIGARO, s'en allant.

Je vous rejoins dans peu.

LE COMTE

Figaro ?

FIGARO

Ou'est-ce que c'est ?

LE C0M1E

Et ta guitare ?

FIGARO revient.

J'oublie ma guitare, moi ! je suis donc fou ! (U s'en

Ta.)

LE COMTE

Et ta demeure, étourdi ?

FIGARO revient.

Ah ! réellement je suis frappé ! — Ma boutique à quatre pas d'ici, peinte en bleu, vitrage en plomb, trois palettes en l'air, l'dil dans la main : Consilio manuquCy

FlôARO. ill 9* enfuit.^

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