LE BARBIER DE SÉVILLE, ACTE II, SCÈNE II
LE COMTE
Crois-tu qu'elle se donne à moi, Figaro ?
Elle passera plutôt à travers celte jalousie que d'y manquer.
LE COMTE
C*en est fait, je suis à ma Rosine... pour la vie.
FIGARO
Vous oubliez, monseigneur, qu*elle ne vous entend plus.
LE COMTE
Monsieur Figaro, je n*ai qu^un mot à vous dire : elle sera ma femme ; et si vous servez bien mon projet en lui cachant mon nom... tu m^entends, tu me connais...
FIGARO
Je me rends. Allons, Figaro, vole à la fortune, mon fils !
LE COMTE
Retirons-nous, crainte de nous rendre suspects.
FIGARO, Tivcment.
Moi, j entre ici, où, par la force de mon art, je vais, d'un seul coup de baguette, endormir la vigilance, éveiller Famour, égarer la jalousie, fourvoyer Fintrigue, et renverser tous les obstacles. Vous, monseigneur, chez moi, Thabit de soldat, le billet de logement, et de lordans vos poches.
LE COMTE
Pour qui delor?
FIGARO, Tivcnicnt.
Ue For, mon Dieu, de l'or? c'est le nerf de Tin- Irigue.
fie te facile pas, Figaro, j'en prendrai beaucoup.
FIGARO, s'en allant.
Je vous rejoins dans peu.
LE COMTE
Figaro ?
FIGARO
Ou'est-ce que c'est ?
LE C0M1E
Et ta guitare ?
FIGARO revient.
J'oublie ma guitare, moi ! je suis donc fou ! (U s'en
Ta.)
LE COMTE
Et ta demeure, étourdi ?
FIGARO revient.
Ah ! réellement je suis frappé ! — Ma boutique à quatre pas d'ici, peinte en bleu, vitrage en plomb, trois palettes en l'air, l'dil dans la main : Consilio manuquCy
FlôARO. ill 9* enfuit.^