LE BARBIER DE SÉVILLE, ACTE III, SCÈNE IV
BARTHOLOy riant.
De la calomnie ! Mon cher ami, je vois bien maintenant que vous venez de la part de Basile ! Mais pour que ceci n*eût pas Tair concerté, ne serait-il pas bon qu'elle vous connûl d*avance ?
LE COMTE réprime un grand moiiTement de joie.
C'était assez l'avis de don Basile. Mais conunent faire ? il est tard... au peu de temps qui reste...
BARTHOLO
Je dirai que vous venez en sa place. Ne lui donnerez-vous pas bien une leçon?
LE COMTE
Il n*y a rien que je ne fasse pour vous plaire. Mais prenez garde que toutes ces histoires de maîtres supposés sont de vieilles flnesses,des moyens de comédie : si elle va se douter...
BARTHOLO
Présenté par moi ? Quelle apparence ! Vous avez plus l'air d'un amant déguisé que d'un ami officieux.
Oui? Vous croyez donc que mon air peut aider la tromperie?
BARTHOLO
Je le donne au plus fm à deviner. Elle est ce soir d'une 'humeur horrible. Hais quand elle ne ferait que vous voir... son clavecin est dans ce cabinet. Amusezvous, en l'attendant : je vais faire l'impossible, pour l'amener.
LE COMTE
Gardez-vous bien de lui parler de la lettre !
BARTHOLO
Avant l'instant décisif? Elle perdrait tout son effet. Il ne faut pas me dire deux fois les choses : il ne faut pas me les dire deux fois, (il s'en va.)