‹ Œuvres complètes de BeaumarchaisChapitre 192 sur 607 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

(Le théâtre est obscur.) BARTHOLO, DOM BASILE, une lanterne de papier à la main.

BAATHOLO.

Comment, Basile, vous ne le connaissez pas ! ce que vous dites est-il possible ?

BASILE

Vous m'interrogeriez cent fois que je vous ferais toujours la même réponse. S'il vous a remis la lettre de Rosine, c'est sans doute un des émissaires du comte. Mais, à la magnifîcence du présent qu'il m'a fait, il se pourrait que ce fût le comte lui-même.

BARTUOLO.

Quelle apparence? Mais, à propos de ce présent, eh! pourquoi l'avez-vous reçu ?

BASILE

Vous aviez l'air d'accord: je n'y entendais rien; et, dans les cas difficiles à juger, une bourse d'or me parait toujours un argument sans réplique. Et puis, conune dit le proverbe, ce qui est bon à prendre...

BARTOOLO.

J'entends : est bon...

BASILE

A garder.

BARTHOLO, surpris.

Ah! ah!

BASILE

Oui, j'ai arrangé comme cela plusieurs petits proverbes avec des variations. Mais, allons au fait, à quoi vous arrêtez-vous?

lARTnOLO.

En ma place, Basile, ne feriez-vous pas les derniers efforts pour la posséder?

BASILE

Ma loi, non, docteur. En toute espèce de biens, pus-

' L'édition originale dit : On entend un bruit d'orago, et l'orchestre joue celui qui est gravé dans le i-ecueil de la musique du Barbier.

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