‹ Œuvres complètes de BeaumarchaisChapitre 221 sur 607 · SCÈNE III SUZANNE; la COMTESSE, a»ise · texte numérisé non relu

SCÈNE III SUZANNE; la COMTESSE, a»ise

LA COMTESSE, tenant sa boite à mouches.

Mon Dieu, Suzon, comme je suis faite !... ce jeune homme qui va venir !...

SUZANNE

Madame ne veut donc pas qu'il en réchappe ?

LA COMTESSE rêve devant sa petite glace.

Moi?... tu verras comme je vais le gronder.

SUZANNE

Faisons-lui chanter sa romance. (Elle la met sur la Comtesse.)

LA COMTESSE

Mais c'est qu'en Térité mescheTeux sont dans un désordre...

SUZANNE, riant.

Je n'ai qu'à reprendre ces deux boucles, madame le grondera bien mieux.

LA COMTESSE, revenant à elle.

Qu'est-ce que tous dites donc, mademoiselle ?

LE MARIAGE DE FIGARO, ACTE II, SCÈNE IV

CHÉBDBIN, ralr honteqx; SULiNNE, u COMTESSE, asiso.

SUZANNE

Entrez, monsieur rofYicier ; on est visible.

cniRUBlN «Taoce en tremblant.

Ah! que ce nom m'afflige, madame ! Il m'apprend qu'il faut quitter des lieux... une marraine si... bonne !...

SUZANNI .

El si belle !

CHéRCBIN, avec an soupir.

Ah ! oui.

SUZANNR le conlrefeit.

Ah ! oui. Le bon jeune homme avec ses longues panpicores hypocrites ! Allons, bel oiseau bleu, chantez la romance à madame.

LA COMTESSE la déplie.

De qui... dit-on qu'elle est?

SUZANNE

Voyez la rougeur du coupable : en a-t-il un pied sur les joues î

CHéRUBIN.

Est-ce qu'il est défendu... de chérir?...

SUZANNE l*]i met le poing sous le nez.

Je dirai tout, vaurien !

La... chante-t-il?

CHÉRUBIN

Oh ! madame, je suis si tremblant !...

SUZANNE, en riant.

Et gniam, gniam, gniam, gniam, gniam, gniam, gniam ; dés que madame le veut, modeste auteur ! je vais raccompagner.

LA COMTESSE

Prends ma guitare.

(Lt Comtewe anise, lient le papier poar suirre. Soxanne est derrière .son fauteuil, et prélude en regardant la musique par-de»- «u» ^ maitrease. Le petit page est devant elle, les yeux bal«ët

<:<> (ahlean est juste la belle estampe d'après Vanloo appelée la Conversation espagnole,)

ROMANCE *

Air : Malbroug «Vn t'a-/-^ guerre.

PREMICR eOUPLIT.

Non coursier hors d*haleine (Que mon cœur, mon cœur a de peine I) J'errais de plaine en plaine.

Au gré du destrier.

DcmftHK corpLir.

An gré du destrier, Sans Tarlet, n'écuyer ; ** Là, prés d'une fontaine, /Que mon cœur, mon cœur a de peine !) Songeant à ma marraine, Sentais mes pleurs couler.

* Ch*'rubin. la Comtesse, Suzanne. ** Au speet»de, on a commencé la disant : AmprH d'une fontaine, etc.

romance à cê vers, en

TROISllMl C0DPI.IT.

Sentais mes pleurs couler.

Prêt k me désoler:

Je gravai sur un Arène (Que mon cœur, mon cœur a de peine I) Sa lettre sans la mienne.

Le roi vint i passer.

QDATKiftn COirPLIT.

Le roi vint à passer.

Ses barons, son clergier.

Beau page, dit la reine (Que mon cœur, mon cœur a de peine Qui vous met à la gène?

Qui vous fait tant plorer?

CnQUlftlfB CODPUT.

Qui vous fait tant plorer ?

Nous faut le déclarer.

Madame et souveraine (Que mon cœur, mon cœur a de peine!) J'avais une marraine, Que toujours adorai. *

SniiMB COUPLBT.

Que toujours adorai ; Je sens que j'en mourrai.

Beau page, dit la reine (Que mon cœur, mon cœur a de peine I) N'est-il qu'une marraine?

Je vous en servirai.

SIPTliMI COUPLIT.

Je vous en servirai ; Non page vous ferai; Puis à ma jeune Hélène (Que mon cœur, mon cœur a de peine !) Fille d'un capitaine.

Un jour vous marierai.

BUinftlfl COCPLBT.

Un jour vous marierai. ~ Nenni, n'en faut parler I Je veux, traînant ma chaîne (Que mon cœur, mon cœur a de pdne I) Nourir de cette peine.

Nais non m'en consoler.

LA COMTESSE

Il y a de la naïveté... du sentiment même.

SUZANIIB va poser la guitare sur un finleail **»

Oh! pour du sentiment, c*est un jeune homme qui... Ah! çà, monsieur Tofllcier, vous a-t-on dit que pour égayer la soirée, nous voulons savoir d'avance si un de mes habits vous ira passablement ?

LA COMTESSE

J*ai peur que non.

SCZAH5E se mesure avec hii.

Il est de ma grandeur. Otons d*abord le manteau. (Die

le détache.)

LA COMTESSE

Et si quelqu*tm entrait?

SUZANUB.

Est-ce que nous faisons du mal donc T Je vais fermer la porte. (Elle court.) Mais c*est la coifTure que je veux voir.

LA COMTESSE

Sur ma toilette, une baigneuse à moi. (Smanne entre dans le cabinet dont la porte est an bord du théâtre.)

* Id la Comtesse arrête le page en fermant le papier. U reste ne se chante pas au théâtre.

** Chérubin, Suxanne, la Comtesse.

LE MARIAGE DE FIGARO, ACTE II, SCÈNE IX

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