IR COMTE
On ne fa pas vu?
péDRHxe.
Ame qui vive.
LE COMTE
Prenei le cheval barbe.
péDRILIE.
Il est à la grille du potager, tout sellé.
LE MARIAGE DE FIGARO, ACTE III, SCÈNE V
LE COMTE
Ferme, d'un trait, jusqu*à Séville.
PÉDRILLE
Il n'y a que trois lieues, elles sont bonnes.
LE COMTE
En descendant, sachez si le page est arrivé.
PéORlLLE.
Dans l'hôtel?
LE COMTE
Oui; surtout depuis quel temps.
PÉDRU.LE.
J*entends.
LE COMTE
Remets-lui son brevet, et reviens vite.
PÉDRILLE
Et s'il n'y éUit pas ?
LE COMTE
Revenez plus vite, et m'en rendez compte. Allez.
LE COMTE, ieal, marche en rêvant.
J*ai fait une gaucherie en éloignant Basile !... la colère n'est bonne à rien. — Ce billet remis par lui, qui m'avertit d'une entreprise sur la comtesse; la camériste enfermée quand j'arrive; la maîtresse alTeclée d*une terreur fausse ou vraie; un homme qui saule parla fenêtre, et l'autre après qui avoue... ou qui prétend que c'est lui... Le lil m'échappe. 11 y a là dedans une obscurité... Des libertés chez mes vassaux, qu'importe à gens de celle étoffe? Mais la comtesse! si quel* que insolent attentait... Où m'égaré-je? En vérité, quand la tète se monte, l'imagination la mieux réglée devient folle comme un rêve ! ■— Elle s'amusait ; ces ris étouffés, celte joie mal éteinte ! — Elle se respecte ; et mon honneur... où diable on l'a placé ! De l'autre part, où suis-je? cette friponne de Suzanne a-t-elle trahi mon secret?... Comme il n'est pas encore le sien!... Qui donc m'enchaîne à cette fantaisie? j'ai voulu vingt fois y renoncer... Étrange effet de l'irrésolution ! si je la voulais sans débat, je la désirerais mille fois moins. — Ce Figaro se fait bien attendre ! il faut le sonder
adroitement (Figaro paraît dans le fond ; il s'arrête), et tâcher, dans la conversation que je vais avoir avec lui, de démêler d'une manière détournée s'il est instruit ou non de mon amour pour Suzanne.