‹ Œuvres complètes de BeaumarchaisChapitre 242 sur 607 · IR COMTE · texte numérisé non relu

IR COMTE

On ne fa pas vu?

péDRHxe.

Ame qui vive.

LE COMTE

Prenei le cheval barbe.

péDRILIE.

Il est à la grille du potager, tout sellé.

LE MARIAGE DE FIGARO, ACTE III, SCÈNE V

LE COMTE

Ferme, d'un trait, jusqu*à Séville.

PÉDRILLE

Il n'y a que trois lieues, elles sont bonnes.

LE COMTE

En descendant, sachez si le page est arrivé.

PéORlLLE.

Dans l'hôtel?

LE COMTE

Oui; surtout depuis quel temps.

PÉDRU.LE.

J*entends.

LE COMTE

Remets-lui son brevet, et reviens vite.

PÉDRILLE

Et s'il n'y éUit pas ?

LE COMTE

Revenez plus vite, et m'en rendez compte. Allez.

LE COMTE, ieal, marche en rêvant.

J*ai fait une gaucherie en éloignant Basile !... la colère n'est bonne à rien. — Ce billet remis par lui, qui m'avertit d'une entreprise sur la comtesse; la camériste enfermée quand j'arrive; la maîtresse alTeclée d*une terreur fausse ou vraie; un homme qui saule parla fenêtre, et l'autre après qui avoue... ou qui prétend que c'est lui... Le lil m'échappe. 11 y a là dedans une obscurité... Des libertés chez mes vassaux, qu'importe à gens de celle étoffe? Mais la comtesse! si quel* que insolent attentait... Où m'égaré-je? En vérité, quand la tète se monte, l'imagination la mieux réglée devient folle comme un rêve ! ■— Elle s'amusait ; ces ris étouffés, celte joie mal éteinte ! — Elle se respecte ; et mon honneur... où diable on l'a placé ! De l'autre part, où suis-je? cette friponne de Suzanne a-t-elle trahi mon secret?... Comme il n'est pas encore le sien!... Qui donc m'enchaîne à cette fantaisie? j'ai voulu vingt fois y renoncer... Étrange effet de l'irrésolution ! si je la voulais sans débat, je la désirerais mille fois moins. — Ce Figaro se fait bien attendre ! il faut le sonder

adroitement (Figaro paraît dans le fond ; il s'arrête), et tâcher, dans la conversation que je vais avoir avec lui, de démêler d'une manière détournée s'il est instruit ou non de mon amour pour Suzanne.

Page 1