‹ Œuvres complètes de BeaumarchaisChapitre 295 sur 607 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

SIJZANME, seule, tenant des fleurs obscures, dont elle fait nn

bouquet.

Que madame s^éveille et sonne ; mon triste ouvrage

e2>t achevé (Elle s'assied avec abandon. ) A peine il ebt

neuf heures, et je me sens déjà d'une fatigue... Son dernier ordre, en la couchant, m'a gAtc ma nuit tout entière... Demain, Suzanne, au point du jour, faisapporter beaucoup de fleun, et garnis-en mes cabinets. — Au jjortier : Que delà journée j il n entre personne pour moi. — Tu me formeras un bouquet de fleurs noires et rouge foncé, un seul œillet blanc au milieu. . . Le voilà. — Pauvre maîtresse! elle pleurait !... Pour qui ce mélange dapprèts?... Ëeeh ! si nous étions en Espagne, ce serait aujourd'hui la fètc de son fils Léon... (Avec mystère.) et d'un autre homme qui n'est plus! ( Elle regarde les fleuri.) Les couleurs du sang et du deuil! ( Elle soupire.) Ce cœur blessé ne guérira jamais! — Attachons-le d'un crôpe noir, puisque c'est là sa triste fantaisie. (Elle atia-

ihti le bouquet.)

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