SCÈ.NE XVIII FIGARO, LÉON
LÉON,désulé.
Ah! dieux!
riGARO.
De quoi s'agit-il doue, monsieur?
LéON.
Hélas! je l'ignore moi-même. Jamais je n'avais tu Floresta de si belle humeur, et je savais qu'elle avait eu un entretien avec mon père. Je la laisse un instant avec M. Bégearss; je la trouve seule, en rentrant, les yeux remplis de larmes, et m'ordonnaiit de la fuir pour toujours. Que peut-il donc lui avoir dit ?
FIGARO
Si je ne craignais pas votre vivacité, je vous instruirais sur des points qu'il vous importe de savoir. Mais lorsque nous avons besoin d'une grande prudence, il ne faudrait qu'un mot de vous, trop vif, pour me iaire perdre le fruit de dix années d'observations.
LéON.
Ah! s'il ne faut qu'être prudent... Que crois- tu donc qu'il lui ait dit?
FIGARO
Qu'elle doit accepter Honoré Bégearss pour époux ; que c'est une affaire arrangée entre monsieur votre père et lui.
LéoN.
Entre mon père et lui? Le traître aura ma vie.
FIGARO
Avec ces façons-là, monsieur, le traître n'aura pas votre vie; mais il aura votre maîtresse, et votre fortune avec elle.
LÉON
Eh bien! ami, pardon : apprends-moi ce que je dois faire.
FIGARO
Deviner l'énigme du sphinx, ou bien en être dévoré. En d'autres termes, il faut vous modérer, le laisser dire, et dissimuler avec lui.
LÉON, avec fureur.
Me modérer!... Oui, je me modérerai. Mais j'ai la rage dans le cœur! — M'enlever Florestine! Ah! le voici qui vient: je vais m'expliquer... froidement.
FIGARO
Tout est i>erdu si vous vous échappez.