‹ Œuvres complètes de BeaumarchaisChapitre 328 sur 607 · SCÈNE XXÏI LE COMTE, BÉGEARSS, F1G.\U · texte numérisé non relu

SCÈNE XXÏI LE COMTE, BÉGEARSS, F1G.\U

LE COMTE) ù Begears, à part.

Mon umi, linissons ce que nous avons commencé;

LA MKIŒ COUPABLE, ACTE !l, SCÈNE XXIY.

• \ Figaro.) Yous, monsieur Tétourdi, avec vos belles conjectures, donnez-moi les trois millions d*or que vous m'avez vous-même apportés de Cadix, en soixante ell'ets au porteur. Je vous avez chargé de les numéroter.

Je Pai fait.

LE COMTE

Ueniettez-m*en le portefeuille.

FIGARO

De quoi? de ces trois millions d'or?

LE COMTE

Siins doute. £li bien! qui vous arrête?

FIGARO y humblement.

Moi, monsieur?... Je ne les ai plus.

BéCEARSS.

Comment ! vous ne les avez plus ?

FIGARO, lièrement.

>on, monsieur.

BÉCE.iRSS, Tivemeiil.

Qu'en avez-vous fait?

FIGARO

Loi*s(|ue mon maître m'interroge, je lui dois compte lie mes actions; mais à vous je ne vous dois rien.

LE COMTE, eu colère.

Insolent ! qu'en avez-vous fait?

FIGARO, froidement.

Je les ai portés en dépôt chez M. Fal, votre notaire.

BÉGE.iRSS.

Mais de l'avis de qui?

FIGARO, fièrcnieut.

Du mien; et j'avoue que j'en suis toujours.

BÉGEARSS

Je vais gager qu'il n'en est rien.

FIGARO

Comme j'ai sa reconnai>;sance, vous courez risque de i^erdre la gageure.

BÉGEARSS

Ou b*il les a reçus, c'est pour agioter. Ces gens-là partagent ensemble.

FIGARO

Vous )H)urriez un peu mieux parler d'un homme 4{ui voub a obligé.

BÉGEARSS

Je ne lui dois rien.

FIGARO

Je le crois : quand on a liérité de quarante mille doublons de huit,,.

LE COMTE, le fâchant.

Avez-vous donc quelque remarque à nous faire aussi là-dessus?

<Jui, moi, monsieur? J'en doute d'autant moins, que j*ai beaucoup connu le parent dont monsieur hérite. Un jeune homme assez libertin ; joueur, prodigue et querelleur; sans frein, sans mœurs, sans caractère, et n*ayaDt rien à lui, pas même les ?ices qui

Font tué; qu'un combat des plus malheureux... (u

Comte frappe du pied.)

BÉGEARSS, en colère.

Rnlln, nous direz-vous pourquoi vous avez dépoifé cet or ?

FIGARO

Ma foi, monsieur, c'est pour n'en être plus chargé. .Ne pouvait-on pas le voler? Que sait-on? il s'introduit souvent de grands fripons dans les maisons...

BÉGEARSS, en colère.

Pourtant monsieur veut qu'on le rende.

FIGARO

Monsieur peut l'envoyer chercher.

BÉGEARSS

.Mais ce notaire s'en dessaisira-l-il, s'il ne voit son récépissé?

FIGARO

Je vais le remettre à monsieur ; et quand j'aurai fait mon devoir, s'il en arrive quelque mal, il ne pourra s'en prendre à moi.

LE COMTE

Je l'aUends dans mon cabinet.

FIGARO, au Comte.

Je vous préviens que M. Fal ne les rendra que sur votre reçu; je le lui ai recommandé. (U sort.)

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