‹ Œuvres complètes de BeaumarchaisChapitre 335 sur 607 · SCÈNE VIII LA COMTESSE, LE COMTE, BÉGEiVRSS · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII LA COMTESSE, LE COMTE, BÉGEiVRSS

LE COMTE, d'un ton séneux.

Madame, nous sommes seuls.

BkCEÀRSS, encore ému.

L'est moi qui parlerai. Je subirai cet interrogatoire. M'avez-vous vu, monsieur, traliir la vérité dans quelque occasion que ce fût ?

LE COMTE, sèchement.

Monsieur... je ne dis pas cela.

BÉGKARSS, tout à fait rcmi».

(Juoique je sois loin d'approuver cette inquisition peu décente, l'honneur m'oblige à répéter ce que je disais à madame, en répondant à sa consultation :

« Tout dépositaire de secret ne doit jamais conser- « ver de papiers s'ils peuvent compromettre un ami « qui n'est plus, et qui les mit sous notre garde. Quel- - que chagrin qu'on ail à s'en défaire, et quelque inlé- « rét même qu'on eût à les garder, le saint respect des • morts doit avoir le pas devant tout.a (Il montre le Comte.) lu accident inopiné ne peut-il pas en rendre un adversaire possesseur? (Le Comte le tire par la manche pour qii*il ue poosw pas l'explication plus loin.)

.Vuriez-vous dit, monsieur, autre chose en ma position ? Qui cherche des conseils timides, ou le soutien d'une faiblesse honteuse, ne doit point s'adresser à moi ! \uus en avez des preuves Tun et l'autre, et vous surtout, monsieur le comte ! (Le Comte lui fait un signe.) Yoilà sur la demande que m'a faite madame, et sans chercher a pénétrer ce que contenaient ces papiers, ce qui m*a lait lui donner un conseil pour la sévère exécution duqu«'l je l'ai vue manquer de courage ; je n'ai pas hésité ti y substituer le mien, en combattant ses délais impru- (hnts. Voilà quels étaient nos débats; mais quelque chose qu'on en pense, je ne regretterai point ce que j'jii dit, ce que j'ai fait, (u 1ère les bras.) Sainte amitié, tu n'es rien qu'un vain titre, si l'on ne remplit pas tes austères devoirs ! — Permettez que je me retire.

LE COHTB» exalté.

i> le uieilleur des hommes ! nout tous ue ucus quit«

terez pas. — Madame , il va nous appartenir de plus près ; je lui donne ma Florestine. .

LA COMTESSE, avec vivacité.

Monsieur, vous ne pouviez pas faire un plus digne emploi du pouvoir que la loi vous donne sur elle. Ce clioix a mon assentiment si vous le jugez nécessaire, et le plus tôt vaudra le mieux.

LE COMTE, héaiUnt.

Eh bien !... ce soir... sans bruit... votre aumônier.*.

LA COMTESSE, avec ardeur.

Eh bien ! moi qui lui sers de mère, je vais la préparer à Tauguste cérémonie. Mais laisserez-vous votre ami seul généreux envers ce digne enfant ? J*ai du plaisir k penser le contraire.

LE COMTE, embarrassé*

Âh ! madame... croyez...

LA COMTESSE, avec joie.

Oui, monsieur, je le crois. G*est aii^ourd'hui la fête de mon fils ; ces deux événements réunis me rendent cette journée bien chère. (EUe sort.)

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