‹ Œuvres complètes de BeaumarchaisChapitre 358 sur 607 · SCÈNE IV FIGARO, M. FAL, notaire ; les PRÉcéDEfrrs · texte numérisé non relu

SCÈNE IV FIGARO, M. FAL, notaire ; les PRÉcéDEfrrs

FIGAHO, accourant, et jetant son manteau.

Malédiction ! il aie portefeuille. J'ai vu le traître l'emporter quand je suis entré chez monsieur.

LE COMTE

0 monsieur Fal, vous vous êtes pressé!

M. FAL, Tivemenl.

Non, monsieur, au contraire. Il est resté plus d'une heure avec moi, m'a fait achever le contrat, y insérer la donation qu'il fait. Puis il m'a remis mon reçu, au bas duquel était le vôtre, en me disant que la somme est à lui, qu'elle est un fruit d'hérédité, qu'il vous l'a remise en confiance.

LE COMTE

0 scélérat! il n'oublie rien !

FIGARO

Que de trembler sur l'avenir !

M. FAL

Avec ces éclaircissements, ai-je pu refuser le portefeuille qu'il exigeait? Ce sont trois millions au porteur. Si vous rompez le mariage, et qu'il veuille garder l'argent, c'est un mal presque sans remède.

LE COMTE, avec véhémence.

Que tout l'or du monde périsse, et que je sois débarrassé de lui!

FIGARO, jetant son chapeau sur un fauteuil.

Dussé-je être pendu, il n'en gardera pas une obole I (A Suxaune.) Veille au dehors, Suzanne. (Elle sort.)

M. FAL

Avez-vous un moyen de lui faire avouer devant de bons témoins qu'il tient ce trésor de monsieur? Sans cela, je défie qu'on puisse le lui arracher.

FIGARO

S'il apprend par son Allemand ce qui se passe dans Thôtel, il n'y rentrera plus.

LE COMTE, vivement.

Tant mieux ! c'est tout ce que je veux. Ah ! qu'il garde le reste.

FIGARO, vivement*

Lui laiss ^u a dépit l'héritage de vos enfants? ce n'est pas vertu, i'Vif faiblesse.

Léon, fiché.

Figaro !

FIGARO, plus fort.

Je ne m'en dédis point. (Ao Comte.) Qa'obtiem^in donc de vous l'attachement, si vous payei ainsi la perfidie?

LE COMTE, se fâchant.

Mais, de l'entreprendre sans succès, c'est lui fi^iager un triomphe...

Page 1