TARARE. ACTE III, SCÈNE IV
Mais nos mœurs sont douces, légères.
Si le dur hymen est chez nous Bien absolu, bien despotique, L*amour en secret fait de tous Une charmante république.
(On danse.) ▲STÂSIE, les bras életés pendant U Danse.
Grands Dieux ! que la mort d'Astasie L'arrache au Tyran de l'Asie !
(La Danse continue.) ATAK revient à Astasie et dit à tout le Sérail :
Saluez tous la belle Irza.
Je la couronne : elle est Sultane !
tu lui allaclieau front un diadème de diamants.) CUŒUR UNIVERSEL.
Saluons tous la belle Irza, Qu'Amour, du fond d'une cabane.
Au trône d'Ormus éleva :
Du grand Atar elle est Sultane.
(On danse.) ASTASIE, pendant la Danse.
0 mon T;irare ! ô mon époux !
pinetle la masque de sa personne pour que 1 Empereur ne la
voie pas.)
aLLET céKÉRAL, OÙ les deux genres de danse m mêlent sans
se confondre.) (atar revient s'asfseoir auprès d' ASTASIE.)
i ballet finit, des Esclaves apportent des vases de sorliet, des liqueurs et des fruits devant Atar et la Sultane. Spi net :e reste juprés de sa Maitresse, prèle à la servir.)
ATAR, avec joie.
Calpigi, ta fête est charmante !
Ton esprit fertile m'enchante :
lime un talent vainqueur à qui tout obéit. >preuds-nous quel hasard dans Ormus t'a conduit.
Hais, pour amuser mon Amante, lime ton récit d'une gaité piquante.
CALPIGI à part, d'un ton sombre.
f veux mêler un nom qui nous rendra la nuit.
(11 prend nne mandoline et chante sur le ton de la
barcaroUe.)
a danse figurée cesse ; tous les Danseurs et Danseuses se prennent par la main pour danser le refrain de sa chanson.)
CALPIGI.
Je suis né natif de Ferrare ;
Là, par les soins d'un père avare.
Mon chant s*étant fort embelli,
Alù ! povero Calpigi I
Je passai, du Conservatoire,
Premier Chanteur à TOratoire
Du Souverain di Napoli.
Ah ! bravo, caro Calpigi !
LE CHŒl'R répète le dernier vers.
(On danse la ritournelle.)
la lin de chaque couptel, Calpigi se retourne et regarde avec nquiétude du côté par où il craint que Tarare n'arrive.)
î"' COIPLET.
La plus célèbre cantatrice De moi fit bientôt, par caprice, Un simulacre de mari :
Ahi ! povero Calpigi !
tSAOSAftCMAU,
Mes fureurs ni mes jalousies N*arrétant point ses fantaisies, J*étais chez moi comme tm zéro.
Ahi ! Calpigi povero !
LE CHŒUR répète le dernier vers.
(On danse la ritournelle.) 5"* COUPLET.
Je résolus, pour m'en défaire, De la vendre à certain corsaire, Exprès passé de Tripoli :
Ah ! bravo, caro Calpigi !
Le jour venu, mon traître d'homme, Au lieu de me compter la somme.
M'enchaîne au pied de leur châlit :
Ahi ! povero Calpigi !
LE CHŒUR répète le dernier vers.
(On danse la ritournelle.)
Le forban en fit sa maitresse,
De moi, l'Argus de sa sagesse.
Et j'étais là tout comme ici :
Ahi ! povero Calpigi !
(Spinette, en cet endroit, fait on grand éclat de riic.)
ATAR
Qu'avez-vous à rire, Spinette?
CALPIGI.
Vous voyez ma fausse coquette.
ATAR
Dit-il vrai?
SPINETTE
Signor, è vero !
CALPIGI achève l'air.
Ahi! Calpigi povero
LE CHŒUR répète le dernier vers.
(On danse la riUmmelle.) (Ici Ton voit dans le fond TARARE descendre par une échelle de soie ; CALPIGI l'aperçoit.)
CALPIGI, A part.
C'est Tarare !
5** COUPLET, plus Tite.
Bientôt, à travers la Libye, L'E^pte, l'Isthme et l'Arabie, 11 allait nous vendre au Sophi :
Ahi ! povero Calpigi !
Nous sommes pris, dit le Barbare.
Qui nous prenait ? Ce fut Tarare...
ASTASIE, foifant un cri.
Tarare !
TOUTLKSiRAIL s*écrie:
Tarare !
ATAR, Airienx.
Tarare !
(11 renverse la table d'un coop de pied.) (Astasie se lève troublée. Spinette la soatient. An bruit qui se fait, Tarare, A moitié descendu, se jette dans robecnrité.)
SPINETTE, à Astasie.
Dieux ! que ce nom Ta courroucé !
ATAR
Que la mort, que l'enfer s'empare