‹ Œuvres complètes de BeaumarchaisChapitre 404 sur 607 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

Le Théâtre représente l'inlérieur de l'apparleroent d'Astasie. C'est un salon superbe, garni de sophas et autres meubles orientaux.

ASTASIE, SPINETTE.

ASTASIK entre, en grand désordre.

Spinelte, comment fuir de cette horrible enceinte ?

SPINETTE

Calmez le désespoir dont votre âme est atteinte.

A8TASIE, égarée, les bras élevés.

0 mort ! termine mes douleurs :

Le crime se prépare.

Arradie au plus grand des malheurs

L'épouse de Tarare.

U semblait que je pressentais

Leur entreprise infâme !

Quand il partit, je répétais.

Hélas ! l'efTroi dans l'âme :

Cruel, pour qui j*ai tant souffert.

C'est trop que ton absence Laisse Astasie en im désert.

Sans joie et sans défense !

L'imprudent n'a pas écouté

Sa compagne éplorée :

Aux mains d'un brigand détesté.

Des brigands m'ont Uvrée.

0 mort ! termine mes douleurs :

Le crime se prépare.

Arrache au plus grand des malheurs

L'épouse de Tarare.

SPINETTE

Un grand roi vous invile à faire son bonheur ; L'amour met à vos pieds le maître de la terre. Que de beautés ici brigueraient cet honneur ! Loin de s'en alarmer, on peut en être Gère.

ASTASIE, pleurant.

Ah ! vous n'avez pas eu Tarare pour amant !

SPINETTE

Je ne le connais point ; j'aime sa renommée ; Mais, pour lui, comme vous, si j'étais enflammée, Avec le dur Atar je feindrais un moment ; J'instruirais mon époux au moins de ma souHrance.

ASTASIE.

A la plus légère espérance Le cœur des malheureux s'ouvre facilement.

J'aime ton noble attachement :

Eh bien ! fais-lui savoir qu'en cette enceinte horrible

SPINETTE

Cachez vos pleurs, s'il est possible.

Des secrets plaisirs du Sultan Je vois le ministre insolent.

(Astasie essuyé ses jeux et se remet de sou mieux.)

Page 1