‹ Œuvres complètes de BeaumarchaisChapitre 416 sur 607 · TARARE, ACTE V, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

TARARE, ACTE V, SCÈNE IV

Je la poignarde deTànt toi.

TARARE

La Toir mourir est peu de chose ; Tu te puniras, non pas moi.

De sa mort la tienne suivie...

TARARE, fièrement.

Je ne puis mourir qu'une fois.

Quand je m'engageai sous tes lois, Atar, je le donnai ma vie.

Elle est tout entière à mon Roi :

Au lieu de la perdre pour toi.

C'est par toi qu'elle m'est ravie.

J'ai rempli mon sort, suis ton choix; Je ne puis mourir qu'une fois.

M;rs souhaite qu'un jour ton peuple te pardonne.

ATAR

Une menace?

TARARE

Il s'en étonne !

Roi féroce ! as-tu donc compté Parmi les droits de ta couronne Celui du crime et de l'impunité ?

Ta fureur ne peut se contraindre.

Et tu veux n'être pas haï !

Tremble d'ordonner...

ATAR

Qu'ai-je à craindre ?

TARARE

De te voir toujours obéi, Jusqu'à rinstant où, refTrayante somme De tes forfaits déchaînant leur courroux...

Tu pouvais tout contre un seul homme ;

Tu ne pourras rien contre tous.

Qu'on l'entoure !

(Les Esclaves T entourent.)

Jarare va s'asseoir sur le billot, au pied du bûcher, la tête appuyée sur ses mains, et ne regarde plus rien.)

Page 1