SCÈNE lY ASTASIE, Toiiée, AT.\R, ARTHENÉE, TARARE, SPINETTE
E^LAVES des deux sexes. SOLDATS.
ATAR, à Astasio.
Ainsi donc, abusant de vos charmes.
Fausse Irza, par de fein'es larmes, Vous triomphiez de me tromper?
Je prétends, avant de frapper.
Savoir comment ma puissance jouée...
8PIKETTE.
Une Esclave fidèle, hélas! substituée, Innocemment causa le désordre et l'erreur.
TARARE, à part, tenant sa tête dans ses mains.
Ah ! cette voix me fait horreur !
ATAR
11 est donc vrai cet échange funeste !
J*adorais sous le nom d*Irza ..
(A A^tasie.)
Va, malheureuse, je déteste L'indigne amour qui pour toi m'embrasa . A la rigueur des lois, avec lui, sois hvrée !
(Au Grand-PrêU*.)
Pontife, décidez leur sort.
ARTHEKÉE.
Ils sont jugés : levez l'élendard de la Mort. Pe leurs jours criminels la trame est déchirée.
(Le Grand-Prt^lre déchire la bannière de la Vie,) (Le l'rétre en deuil élève la bannière de la Mort.) (On entend un bruit funèbre d'instruments déguisés.)
CHŒUR FU>iÈRRE des Esclaves.
(Asiasie se jette à genoux, et prie pendant le chœur. On apport au Grand-l'rèlre le livre des arrêts, couvert d'un crêpe, llsign l'arrêt de mort. Deux Enfants en deuil lui remettent chacui un (lambeau. Quatre Prêtres en deuil lui présentent dea grands vases pleins d'eau lustrale. 11 éteint dans ces vases le deux flambeaux, en les renversant.)
(Pendant ce temps, les Prêtres de la Vie se retirait en silence Le drapeau de la Vie, déchiré, tratne à terre.)
CHŒUR FUKÈBRE.
Avec tes décrets infmis.
Grand Dieu, si ta bonté s'accorde.
Ouvre à ces coupables punis Le sein de ta miséricorde!
ARTHEKÉE prie.
Brama ! de ce bûcher, par la mort réunis,
lis montent vers leCiel; qu ils n en soient point bannis!
LA CHŒUi; FUNÈBRE répond :
Avec tes décrets infinis, etc.
(Astasie se relève et s'avance an bûcher, où Tarare f^i abîmé de douleur.)
ASTASIB, à Tarare.
Ne m'impute pas, étranger, Ta mort, que je vais partnger.
TARARE se relève avec feu.
Ou'entends-je ? Asiasie !
ASTASIE.
Ah ! Tarare !
(11$ se jettent dan? les bras l'un de l'autre,) ARTHENÉE, an Boi.
Je te Pavais prédit.
ATAR, furieui.
Qu'on les sépare !
Qu'un seul coup les fasse périr !
(Les Soldats s'avancent.)
Non... C'est trop tôt briser leurs chaînes; Ils seraient heureux de mourir.
Ah ! je me sens altéré de leurs peines. Et j'ai soil de les voir souffrir.
ASTASIE, avec dédain, au Roi.
0 tigre ! mes dédains ont trompé mon allenle, El, malgré toi, je goiitc un instant de bonheur.
J'ai bravé la faim dévorante,
Le rugissement de ton cœur.
Pour prix de ta lâche entreprise, Vois, Alnr, je l'adore, et mon cœur te méprise.
(Elle embrasse Tarare.) AT\R, vivement, aux Soldats.
Arnchez-la tous de ses bras.