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cœur<. Et dans It fatalité de mon sort, je ne murmure point contre la main qui l'a conduit. Non, je ne reiumcerai jamais au bonheur d'appartenir Ji votre chère famille*. Hélas I depuis la dernière promesse mutuelle entre mademoiselle Caron et moi, j'ai bien souffert I Je compte HSseï sur la générosité de vos âmes pour croire que vous voudrez bien m'aider à me relever*. Hes supérieursetmes protecteurs, instruits de mon innocence, me tendront auni une main secourabje ; je l'espère avec d'autant plus d'erapress^menl que je n'ai point mérité leur colère*.
J'ai l'honneur d'être aussi véritablement que jamais, Honsieur,
Votre très-faumble et trè»obéissant serviteur,
Signé CuTiJo.
Kadiid, 1
P. S. On vient de me dire que mademoiselle Caron doit se marier*; je ne puis pas le croire. D'ailleurs voudrait-on donner à Hadrid une nouvelle scène h nos dépens, el m'obliger ià in'opposer à ce mariage pourau- Ibentiquer ta droiture de mes intentionsT Non, cela ne peut pas être*.
A N. de Beaumarchais, etc., eU.
Je fus en effet demander grlce Ji H. le marquis de Grimaldipour ce misérable homme; mais ce ministre mit h ses refus une indignation si obligeante pour moi, que je n'osai pas insister. J'écrivis le même jour à jrfusieurs protecteurs de Clavijo, pour les prier de joindre i leurs instances aui miennes. • U. le marquis de Gri- I < maldi n'a pas voulu m'entendre, leur disais-je ; il est • révolté de l'indignité du sujet. Hais un homme mal- ( heureux par sa faute l'est doublement ; etd'aprèscelle < terriblevérilé, Clavijo doit être bien près du désespoir. ■ Voir mon ennemi même dans cet affreui état trouble ( la pureté de ma joie, dans l'heureui dénouement de t mon aventure avec lui, etc. ■ Rien ne put fléchir l'équitable el rigoureux mi- La suite de mon voyage d'Espagne est étrangère k ma jusiificalion. Quant à l'infamie qu'on ra'impule, d'avoir frauduleusement gagné cent mille francs en une nuit cliez l'ambassadeur de Russie, et pour laquelle le sieur Harin fait dire ^ son écrivain que j'ai été cAoït^ de partout, et forcé de fuir d'Eipagne avec déthonneiv, je me contenterai de répondre que ce même ambassa-
' J'élais perdu par;vaus, homme indigne, stni la eraodenr, MMlijniUcedu roi. '
* H'appirlenir I misérable I
* Je sui* Tengé. Je ne *<ius bail plus : j'irai mèmt implorer H, de Crimaldi pour tous obtenir du pain, >i je puis, dins un cois du monde ; mats jamais 1 Madrid.
* Aussi n'a-t-on mis que de la juUice 1 toire puniiioD.M. Wbal seul * en I* grnérosilé d'jr melire de la colère.
imporleT
e crois bien, eU«* n'ont Jan
• Qu>U
a Hudla. Je borne i tt
MÉMOIRES
deur de Russie ; milord Rociieford, alors ambassadeur d^Angieterre en Espagne ; M. lecomle deCreitz, actuelement ambassadeur de Suéde en France; MM. les duc et comte de Grillon, et beaucoup d'autres personnes qualitiées avec lesquelles je jouais tous les jours, et qui m'honoraient d'une bienveillance particulière à Madrid, me l'ont conservée en France ; j'ajouterai même que, dans le séjour que ces divers ambassadeurs ont fait depuis à Paris, il m'ont tous fait Thonneur de manger chez moi, et d'y agréer les témoignages de ma reconnaissance .
Enûn, après un an passé en Espagne à suivre les plus irapoHantes affaires, lorsque les miennes me rappelèrent en France, et qu'après avoir pris congé verbalement de M. le marquis de Grimaldi, j'eus l'honneur de lui demander par écrit ses derniers ordres, voici la lettre qu*il m'écrivit du Pardo, où était la cour la veille de mon départ :
Copie de la lettre de M. le marquis de Gritnaldi, dont
fai VoriginaL
Au Pardo, le 14 mars 1775.
• Monsieur,
• Quelle que soit la réussite des propositions que
• vous m'avez faites pour l'établissement d'une compa-
• gnie de la Louisiane, elles font infiniment d'honneur
< à vos talents, et ne sauraient qu'affermir la bonne
• opinion que j'en ai conçue. J'ai été, monsieur, fort « aise de vous connaître, et je le suis de pouvoir rendre « ce témoignage à votre capacité. Si vos projets eussent « été compatibles avec la constitution de l'Amérique « espagnole, je pense que leur succès vous eût encore « mieux convaincu ; mais on a dû céder à dçs difficul- « tés insurmontables qui s'opposaient à leur exécu-
< tion*
« Je serai charmé de pouvoir vous rendre service en « toute occasion : en attendant, j'ai le plaisir de vous
• souhaiter un bon voyage, et de vous prier de me
< croire très-parfaitement, monsieur, votre très-humble
• et très-obéissant serviteur,
« Signé : le marquis de Grimaldi. »
Et plus bas est écrit : A M. de Beaumarchais.
J en ai trop dit pour moi, et je crois en avoir dit assez pour mes lecteurs. Encore un mot, et je me tais. On assui*e que MM. Goëzman, Marin, Bertrand, Baculard, et autres personnes respectables, ont chacun un beau mémoire tout prêt contre moi, qu'ils réservent pour la veille du jugement de ce procès. S'ils en usent ainsi pour que je n'aie pas le temps d'y répliquer, cela c'est pas de bonne guerre, et j'aj,'is plus franchement avec eux. Mais sur quelque point de ma vie, sous quelque forme, en quelque temps que ces messieurs me fassent l'honneur de me dénigrer ensemble ou séparément, j'ai celui de les prévenir que je me réserve à chacun d'eux un grand cornet bien plein de bonne encre
indélébile, et que la génération présente ne passera point avant qu'il soit épuisé à leur service.
En attendant, je vais, pour me reposer, écrire on extrait fidèle de mes confrontations avec M. Goêzmao, et l'opposer à l'infidèle extrait que ce magistral présente dans la ridicule plainte qu'il veut faire au parlement contre moi. On sent bien que tout cela n*est qu'un jeu pour reculer le jugement du procès que mes nobles adversaires voudraient éterniser. Mais ne cnûgnent-ils pas que la nation ne les rende enfin comptables du temps précieux qu'ils dérobent à la cour! Le service public souffre du retard que cette odieuse affaire apporte à toutes les autres. Et moi, qui perds id mes forces à leur répondre, j'oublie que j*ai à finir, et à présenter au conseil du roi l'important mémoire de mes défenses contre le comte de la Blache, premier auteur de tous mes maux.
Signé: Garom db RgAimATnAK.
M. Doé DE Combâult, rapporteur;
MM. DE Chàzal, Retmoro, commissaires.
EXTRAIT