‹ Œuvres complètes de BeaumarchaisChapitre 445 sur 607 · SS · texte numérisé non relu

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1173, sigDé : Caron de Beattmarchaii, coiilemot 'S pigei d'impression ; le quatrième et dernier, imprimé chez ledit Jacques-Uabiiel CJousier lyint pour titre ; Quatrième mémoire à connJier pour PUrre-AugMlia Caron de BraumareÂait, commençant par ces mots : Suica'it la inarche ordinaire da procii, et finissant par ceui-ci : premirr auleltr de tout me» naux.figaé: Caron de Beaumarc/iais, contenant 99 paries d'impression, seront lacérés et brillfa au pied dn grand efcalier du Palais par l'eiéculeui' de labaute-juslice, comme contenant des expressions et impulations léroéraires. scandaleuses et injurieuses â la magistrature en général, à aucun de ses [nembres, et diFTamatoires eniers difTérenls particuliers; Tait délenses anditCaron de Beaumarchais de faire à l'avenir de pareils mémoires, ^ous peinede punition corporelle : et pour les avoir faits, le condamne i aumdncr, lu pain des prisonniers de U Conciergerie du PaUis la somme de 1! livres k prendre sur ses biens ; comme aussi Tait dé- Tenses 1 Bidaut. Ader et Halbeste, avocats, de plus à l'avenir aulorUer de pareils mémoire par leurs consullalions et signatures, sous telles peinej qu'il appartiendra ; Tail pareillement déreniea i to is imprimeurs, libraires et colporteurs de les imprimer, débiter ou colporter; ci^oint à tous ceux qui en ont des exemplaires de les apporterau greffe criminel de la cour, pour j £li'e supprimés. Condamne Edme-Jean le Jay et Antoine Bertrand Dairollesi être mandés à la chambre pour, étant debout derrière le barreau, j èlre admo- Destéi ; les condamne en outre à aumûner chacun la somme de trois livres au pain des pauvres prisonniers delà Conciergerie du Palais, ladite somme i prendre sur leurs biens; sur l'accusation intentée contre Louis-Valentin (Soéiman, i la reqitéte du procureur général du roi, met les parties hors de cours et de procès. Sur les dllférenles plaintes, requêtes et demandes de louis François -Claude Uarin, Louis-Valenlin Gofiiman. Gabrielle-Julie Jamart, sa femme, Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, Edme-Jean le iay, Antoine B rtrand Dairolles, et Joseph-Jacques Girdanne. met pareillement les parties hors de cours. Faisant pareillement droit sur les conclusions du procureur général du roi, ordonne que li'S mémoires, ensemble les notes imprimées dAi'tnine Bertrand Dainilles, LouivValenlin Gofiman. Gai rie Ile-Julie Jamart, B* femme, Louis-François- Claude Harinet Françoi^-Thomas- Harie Daraaud, seront et demeureront nippriméa. Ordonne qu'i la requête du procureur çiénéral du roi, le présent arrêt sera imprimé, publié et anScbé dans celte lille de Paris, et partout où besoiu sera. Fait en parlement, toutes les cliambm assemblée*, le vingt-sii février mil septcent soîiintequatone. Collatiodné, Paoï.

Sijpié : u lu.

I Et le 5 m*n, audit an 1774, i la levée de la cour, les quatre ntémoires imprimés mentionnés en l'arrêt ci-dessus ODi itt lacéra et brûlés dans la cour du Palais, au pied du grand escalier d'icelui. par l'exécuteur de la haute-justice, en présence de nous Aleundre->icalas-François Le Breton, l'un des premiers et principaux commis au greffe crmiioel de la cour, BMÎslé de deux huissiers de ladite cour. • Signé : Le Banos. i

ATERTISSEIERT DE L'ÉDITEUR.

Tel fut ce jtigement qui indigna tout Paris, et qui attira à M. du Beaumarchais tant de marques de considération.

5on-teulement les personne* les plus qualitiéei se firent écrire i sa porte, comme s'il lui fût airivé. l'événement le plu* boMH'able: auii 1« prince de Conii, le plu* fi«r des prâicM de la (imïlle rojile, passa chei lui, et y laissa un

billet; il lui fil mémo l'honneur de le venir chercher dani la maison où il s'était retiré, el où j'éUis avec lui, il l'invita i souper avec toute sa cour, en disant qu'ils étaient d'asKi bonne maison pour donner l'exemple de la manière dont on devait traiter un homme qui avait si bien mérité de la

On le suivait partout pour l'applaudir.

Ses mémoires étaient si reclierchés et tà estimés, que ses juges craignaient autant que ses parties adverses qu'il n'en publiit de nouveaux.

Ilsn'osérent exécuter sur lui leur propre jugement.

H. de Sarline, cliargé, comme lieutenant de policé, de la surveillance générale, et qui avait appris par celle surveillance même i bien connaître H. de Beaumarchais el à l'estimer, luiditenriantqu'il ne suffisait pas dè're blàmé, qu'il fallait encore Sire modeste, et lui recommanda de ne rien écrire sur c«ie afiaire. « Le roi, lui dit-il, déaire que vous ne publiiei plus rien. ■

H. de Beaumarchais lui promit degarderlesîlence teplus absolu pendant les cinq premiers mois des six que la loi accordait aux plaideurs mécontents pour appeler d'un jugement qu'ils trouvaient inique.

Celte paroledonnée,il se retira en Angleierre. non comme fugiiif, mais pour donner au rui la preuve que son silence n'élait pasTiffei delà crainte, qu'il ne procédait quedeson

En arrivant i Londres, la sphère de ses idées s'élendil encore ; il conçut des projets vastes et utile* pour la France ; les circonslances demandaient un génie entreprenant et courageux, (el que le sien venait de le montrer.

Peu de temps après, Louis XV le rappela et le chargea d'une commission difficile ; il s'en acquitta arec une telle habileté el une (elle sagesse, que Louis SVI, peut-éire atsex peu disposé i se sertir des gens i qui son aïeul avait marqué quelque prédilection, l'honora de la même conliance, te chargea d'une autre mission qui exigeait encore plus de circonspection, et lui donna un billet êcril de sa propre DlBin pour lui servir de lettre de créance.

Si ce fut pour lui une source de nouveaux tuciès, ce fui aussi une source de nouvelles calomnies. Des eimemis plus cachée, plus ardents, plus dangereux, s'appliquèrent 1 suivre toutes ses démarches, i les envenimer, k lui nuire. Ces diverses commissions l'occupèrent pend^inl deux an-

Le temps d'appeler du jugement porté contre lui s'ètaii écoulé : ses ennemis se Batlaienl qu'il ne s'en relèverait jamais. Louis XVI avait renvojéle parlement del771, et rappelé les anciens manisirals.

Le roi, content de la conduite de H. de Beaumarchais, lui donna des lettres patentes qui le relevèrent du Ups de temps perdu depuis le jugement du fifévrierl77t. kil les sont datées du 13 août 1176. t)n y Usait: t Le sieur de Beaumarchais <i n'est sorti du royaume que par mes ordres et pour noire u senice. t Elles furent enregistrées le 37 août.

Alors il demanda la rétraelatinn de ce jugement par voie de requête civile. Des avocats, IIH. Etienne, Kochetle, Ader et Target, déclarèrent dans leur consultation qu'il n'y avait eu de la part du sieur de Beaumarchais oi cor^u de délit, tii appartncede délit. Ce sont leurs terme».

Je vois le lecteur s'arrêter à ces mots, et demander avec ètonnement : Comment un procès criminel peut-il èlre intenté avant qu'un corps de délit ait été canst:>iéT Sur quoi informe-l-on quand aucun délit n'aéié commis! Et contre qui peut-on informer si aucutl d#litn'annonceun coupable!

Constater un délit n'cst-il pis un préliminaire nécessaire t toute accusation? Si personne n'a été assassiné, si nul objet n 'a été Tol£, si nul complot n'a été ourdi, comment recher^ chera-t-ODun meurtrier, un voleur, un canspirateurt

ttÉHOlRËS.

Le lecteur qui s'en élonne sera peut-être encore plus surpris quand il saura que H* Target, dans le plaidoyer qu'il fit pour M. de Beaumarchais devant le parlement, dit à la cour que les juges en prononçant a sur cet homme honoré de la f confiance de son roi, employé pour son service, etmémora-

< ble exemple de l'injustice juridique et du la justice nutiof nale, avaient craint d'expliquer le délit pour lequel ils le «I condamnaient.

c Ils Vont condamné, ajoute-t-il, pour les cas résultants c du procès, mots que les cours ajoutent quelquefois sur l'apc pel d'une sentence qui constate le crime ; mais en première

< instance, flétrir, dégrader un citoyen, le condamner à

< plus que la mort, et cela pour les cas résultants du proc ces, c'est proscrire, et non pas juger; c'est faire du mal, c et non pas punir; c'est parler le langage de la vengeance,

< et non pas de la loi. L'accusé ignore sou crime, le public

< peut les soupçonner tous ; il n'est instruit de rien ; et le c principal effet de la peine est perdu ; appliquée à l'homme, « et non pas au crime, elle n'en réprime et n'en arrête

< aucun; la terreur s'empare des cœurs honnêtes; et la f crainte n'arrive pas au cœur des méchants.

« La loi annule les condamnations vagues, genre d'oracle f mystérieux et terrible, qui peut perdre l'innocence sans « intimider les coupables. »

Ces paroles de M" Target démontraient assez à quel point les lois et même les simples notions du juste et de l'injuste avaient été violées à l'égard de son client; elles produisirent leur effet.

M. Scguier, avocat général, porta la parole après M* Target, et conclut à l'entérinement de la requête civile, et à ce que lespatiieB fusêent misea en tel et sctnblable état quelles étaient le jour du 26 févner 1774.

Le parlement rendit un arrêt qui annula ce jugement, entérina la requête civile, remit les parties au même état où elles étaient avant ledit jugement, et réhabilita M, de Beaumarchais dans tous ses droits : je dis dans ses droits plutôt que dans son honneur, car l'opinion publique, fortement prononcée, témoignait assez qu'il ne l'avait point perdu, qu'il n'avait pas même été entaché.

M. de Beaumarchais présenta la requête suivante pour être renvoyé dans ses fonctions; et il le fut : car lui-môine il était juge, et lieutenant général des chasses au bailliajîe de la varenne du Louvre*.

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