MM. DUVERNEY ET CARON LE BEAUMARCHAIS
Nous soussignés Taris Duvorney, conseiller d'État et intendant de lEcoIc royale Militaire, et Caron de Beaumarchais, secrétaire du roi, sommes convenus et d'accord de ce qui suit :
Art. i*'. Les comptes respectifs que nous avons à régler ensemble depuis longtemps, bien examinés, débattus et constatés, moi Duvemey, je reconnais que toutes les pièces justificatives de l'emploi de divers fonds à moi, qui ont passé par les mains demondit sieur de Beaumarchais, sont claires et bonnes. Je reconnais qu'il m'a remis aujourd'hui tous les titres, papiers, comptes, reçus, missives relatives à ces fonds, et je le tiens quille de loul à cet égard enveis moi, à l'exception des pièces importantes sous les n»' 5, 9 et 62, qui manquent à la liasse, et qu'il s'oblige de me rendre eu mains propres le plus tôt qu'il pourra, et, en cas d'impossibilité, de les brûler sitôt qti'il U»s aura recomTées.
2. Je reconnais qu'il m'a aujourd hùi remis tous mes billets au piTteur, montant ensemble ù la somme de cent soixante mille livres, dont il n'a fait qu'un usage discret, duquel je suis c<m(ent.
3. Iiistraction laite des fonds ci-dessus avec les sommes que j'ai pei-sonnellement prêtées à mondit sieur de Beaumarcliais, soit sans reçus, soit avec i-eçus ou billels l'aiis à moi ou à un tiers pour moi. je vois qu'il me doit, y compris le contrat à quatre pour cent, pa^sé chez Pevoulges (des payements faits à la veuve Panelior et à l abbé Hémar, pour l'acquisilion de sa charge de secrétaire du roi\ que j'ai de lui. et tous les arréages dudit contrat jusqu'à ce jour, b somme de cent trente-neuf mille livres, srn groi;
•4. Je reconnais et reçois ma quittance du 27 aoilt 1761. de la somme de vingt mille francs que je lui avais i*emis sur son billet au porteur, en date du 19 août précédant, et qu il m'a rendus sans en avoir fait usage ; leiiuel billet au porteur s'est égaré dans mes j^apiers alors, sans que je sache ce qu'il est devenu, mais que je m'engage de lui rendre, ou indt-mni:é en cas de pivsenlation au piyemeiit.
Plus, je reconnais ma quittance du i6 juillet 1765, de dix-huit mille francs; plus, celle de neuf mille cinq cents liviHîsdu 14 août 17lï6.
5 Plus, je reçois en payement la défalcation de la rente annuelle \iagére de six mille livi-es que j'ai dû lui fournir, aux tenues de n«»tre contrat en brevet, passé chez Devoulges le 8 juillet I7C1. hv^qurls arrérages n'ont été fournis que jus»iu'en juillet 17G2 à cause de plus lortes sommes que je lui ai prtMt'es alors-, et qui se montent aujourd hui à quarante-six mille cinq cents livres.
6. Plus.jr me reconnais débiteur de mondit sieur de Beauinai\hais,de la sonuue de soixante-quinze mille livres po:ir leslondsqu'il a mis danslatTaire desU^isde la haute lorét de Cliinon, où il e>t iiitérts-é pour un tiers dans lequel je me suis associé axeo lui \\mv les triais quarts, ave»: engagomenl de faiiv st^s fonds et le^ mims aux tenues de notre traité de société du U\ avril I70>7. lestpiels fonds je n'ai point faits, mais bien lui.
7. Plus, je nie nvonnais SiMi lébitipurde la somme de huit mille livns iHuir les iuléi-éts desditos soixante-quinze mille livivs, ainsi que je conviens de les [>orlf'r.
S. Plus, comme j'exi^'e qu'il me ivnde la grussedu con'rat de six mille livrt^s viagèivs qu'il a de moi. quoiqu'il ne dût
me les remettre que dans le cas où je ferais qadqoeckis pour lui [ce que jen*ai pu), et que j'en reçois le fasdici quittance de la somme de soixante mille francs, aux tcrwi dudit contrat, il résulte que mondit sieur de BeaumiRhM m'a payé deux cent trente-sept mille livres, cequipMea dette de quatre-vingt-dix-huit mille francs.
0. Pour remettre de la balance dans notre compte, j'eq|» de son amitié qu'il résilie notre traité des bois de ToonK Par ce moyen, le tiers que nous y axons en commonloiRitant entier, les soixante-quinze raille livres qu'ils UHUspm nous deux dans l'affaire lui deviennent propres ; et il ne m dans le cas d'essuyer jamais aucune discussion ni pneêiè la part de mes héritiers; ce qui ne manquerait pas de M arriver s'ils me succédaient un jour dans cette asnciilâa, comme le porte l'art, iv de notre traité de société; bw. pour le dédommager de l'appui qu'il perd aujourd'hui, {wor la suite d'une affaire dans laquelle je l'ai engagé, et qci devient lourde et dangereuse, je lui tiens compte des hnitmill* livres convenues pour l'intérêt dos soiximte-quinze iniilrhvres qui ont dû courir jusqu'à ce jour pour mon compte, et je promets et m'engage de lui fournir en forme de prêt, fia à la fin de la préseule année, la même somme de soiisnlequinze mille livres pour l'aider à faire les nouveaux kÊà que l'affaire exige, desquelles soixante-quinxe mille livreje ne recevrai point d'intérêt pendant huit ans (que peut durer encore l'entreprise^ du jour du prêt, lequel terme ei]MR,lt me seront remboursés par lui, ou, en cas de mort, i neveu Paris de Méiieux, son ami, que j'en gratifie : et a mondit sieur de Beaumarchais aime mieux akxs ea piaff confinât de constitution à quatre pour cent que dereodwrser, il en sera le maître.
10. Et pour faire la balance juste de notre ooiDpte.jeK reconnais son débiteur de la somme de Tingt-troii aA livres, que je lui payerai à sa volonté, sans qu'il SMtbeMi d'autre titre que le présent engagement.
11. Au moyen desquelles clauses ci-dessus éncoeées,r^ mise, par mondit sieur de Beaumarchais, des titres, papin i\çus, billets au porteur, grosse du contrat de sixmillelii?a de rente viagère, résiliation du traité sur les boL«, recona»saiicc de mes quittances, arrêté de compte, etc., je tiais mondit sieur de Beaumarclials qititie de toai moi.
12. Je promets et m'engage de lui remettre à sa pretaièt réquisition la grosse en parchemin du contrat, i quatre pe<f cent, de sa charge de secrétaire du roi, comme m'ayintâé remboursée, avec tous les arrérages jusqu'à ce jour. ?lis,f m'engage de lui remettre tous ses reçus, hillets, misâw etc., de toutes les sommes qu'il a touchées de moi. psriiK ou i>ar un tiers pour moi, sous quelques formes que c<s r^ connaissances se trouvent, soit dans sa dette personoelk. soit {H ur les fonds qu'il a touchés pour d'aitres afbire$.(t notamment son billet au porteur, du 19 août 1761, àeva^ mille livres, qui s'est égaré dans mes papiers.
15. Plus, je m'engage à lui rendre toutes les lettres, F^ piers, Sidlicitations, etc., que la famille royale m'a faitesa lait faire pour lui, et qu'il api elle ses lettres de noUesse.
14. Plus je m'engage de lui faire tenir un de mes gnaê^ pi^rti^its du meilleur maître, pour le don duquel il mtssXi^ cite depuis longtemps.
15. J*exiî:e de son amitié qu'il brûle toute notre correpondance secrète, comme je viens de le faire de moDOÔlé. afin qu il ne reste aucun vestige du passé, et j'exige de sa honneur qu il garde toute sa vie le plus profond secret sar ce qui me regarde, dont il a eu connaissance.
10 Et moi. Caron de Beaumarchais, aux clauses et caii' tions ci-dtssus énoncées.je promets et m'engage deremedR' j demain pour tout délai, à mondit sieur Duvemey. les pi^ I essentielles qui lui manquent sous les n** 5. 9 et Gl, pia.^
MÉMOIRES
de socii^té entre nous sur les bois de Touraine, que je j uniquement par respect pour le désir qu'il en a, dans îment où j'aurais le plus besoin d'appui dans cette afct quoiqu'il m'eût été bien plus avantageux que mondit prit pour son compte tout le tiers d'intérêt que nous is eu en commun, comme je l'en sollicite depuis long- , je refuse les huit mille livTes de l'intérêt des soixanteî mille livres avancées; mais j'accepte le prêt des te-quinze mille livres comme une condition rigoureuse •ésiliation, et sans laquelle elle n'aurait pas lieu, et au duquel prêt le traité reprendrait toute sa force. Ainsi, a juste balance de notre compte, je réduis ma créance )ndil sieur Duverney à la somme de quinze mille livres; Iles payées, le contrat de quatre pour cent, les lettres, s, reçus, billets, remis, et le prêt de 50ixante*quinie
mille livres erfectué, je reconnais mondit sieur Duverney quitte de tous envers moi. Et pour tous les articles de cet arrêté, fait double entre nous, nous donnons à cet écrit sous seings-privés toute la force qu'il aurait par-devant notaires; nous promettant d'en passer acte à la première réquisition de l'un de nous.
A Paru, le premier avril 1770, Paris Duverney et Caron de Beaumarchais.
Au-dessus est écrit : Contrôlé à Paris, le 7 janvier 4771 ; reçu soixante^seize livres seize sous.
* Signé : IjiîçgijOIS.
Nota. Les mots en caractères italiques sont de la main de M, Duverney,