‹ Œuvres complètes de BeaumarchaisChapitre 467 sur 607 · SUITE DE LA CONSULTATION · texte numérisé non relu

SUITE DE LA CONSULTATION

c Considf'Tnnt que le sieur de Beaumarchais, injurié, calomnié, diffamé de la manière la plus outrageante, par un mcfnoire rendu public à la veille du jugement, s'est vu dans la nécessité de «e justifier des inculpation! graves qui lui OQI été faites, et qui exigeaient une réponse énergique, et opable de détruire l'impression que laisse toujours la ciilomnie dans l'esprit de ceux qui ne jugent que par le ton d'as- ■arance ou la hardiesse des assertions;

c Que sa réponse est une défense de droit naturel, qui ne peuV jamais être interdite à un citoyen aussi grièvement oîfensé; qu'en l'examinant avec attention on voit qu'aucun des faits qu'elle contient n'est étranger à la question débattue;

ff Que celte jusliOcation est la plus claire et la plus forte qu'un homme attaqué dans son honneur puisse donner de sa conduite; qu'elle contient une analyse de l'acte du i*' avril 1870^ et un historique des antécédents, tellement propres au sieur de Beaumarchais, qu'aucun autre que lui n'eût pu les mettre dans un jour si lumineux;

« Que si cette défense eût dû gagner quelque chose à être refondue dans le style de M* Duparc, elle eût pu y perdre ce caractère de vérité qui prévient et qui touche en faveur d'un homme offensé qui se défend lui-même;

« Nous estimons qu'elle aurait dû être adoptée par le dé* fenseur du sieur de Beaumarchais; puisqu'il doit être convaincu de la pureté de la conduite de son client, et pénétré de la justice de sa demande en cassation de l'arrêt du 6 avril 1773 ; que l'adoption que M* Duparc en aurait faite eût autant honoré la sensibilité de l'avocat, que la justification honore les lumières et la probité du client.

<K II est donc très-malheureux pour le sieur de Beaumarchais qu'une pareille défense ne puisse être produite sous la forme d'un mémoire signifié, mais ne pouvant lui en fournir les moyens contre le vœu prétendu de tant de règlements intérieurs du corps des avocats aux conseils, noug nous bornons à l'inviter de moins s'occuper du ressentiment que lui causent les refus de son défenseur, que d'instruire ses juges et le public de la nature des obstacles qu'il trouve à publier une justification aussi intéressante pour lui.

« Nous estimons enfin que le sieur de Beaumarchais peut et doit produire la présente consultation, non comme pièce d'une instance au conseil du roi, mais comme l'avis d'un ju« risconsulte sur la question qui lui est proposée par le sieur de Beaumarchais, dont les malheurs, le courage et la position pressante doivent intéresser tous les honnêtes gens*.

« Délibéré à Paris, le 12 janvier 1775, par nous avocat au parlement.

c Signé: Adcr.i

* Cette courte consultation, que nous laissons subsister lorsque nous supiirimons toutes les autres, sert à flaire connaître avec quelle activité et quel acharnement le comte de la Blache cherchait à empêcher Beaumarchais de produire set défenses, et l'intelligence non moins active que Beaumarchais opposait aux ruses de ce comte.

Nous venons de voir ce dernier faire enlever de chei l'imprimeur, par des ordres invisibles, c'est-à-dire supposés, le mémoire de son adverse partie, et lui fiire alléguer les règlements intérieurs les plus étranges, afln qu*aucun avocat au conseil ne signât un mémoire qui le foudroyait; en sorte que Beaumarchais ne put faire paraître son mémoire qu'en l'enclavant en quelque sorte dans cette consultation d'un avocat au parlement, comme si elle en eût été le sujet ou la partie intégrante.

Mais quand Beaumarchais, muni de cette consultaUon, eut obtenu la cassation de Tarrét qui lui avait Aiit perdre au parlement de i77t le procès qu'il avait gagné en première instance aux requêtes de l'hôtel, et que le conseil eut renvoyé l'affliire au parlement d'Aix, le comte se hâta de s'y rendre, répandit un nouveau mémoire, et tenta de le faire signer à tous les avocaU de ceUe ville, afln que Beaumarchais ne pût produire aucune défense, faute d'une signature.

Les avocats d'Aix devinèrent cette manœuvre, et plusieurs eurent rhonnêteté de refuser leur signature an comte, en lui disant qu'U était juste que son adverse partie, en arrivant à Aix, y pût trouver quelque défenseur.

11 arriva bientôt, et publia les deux mémoires qui vont suivre, intitulés Héponse ingénue, et le Tartare à la Légion. Ces deux mémoires lui firent gagner sa cause tout d'une voix.

MÉMOIRES

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