‹ Œuvres complètes de BeaumarchaisChapitre 491 sur 607 · PAR · texte numérisé non relu

PAR

P.-A. CAUON DE BEAUNAUCUAIS

MEMBRE DE LADITK RCPRf âK.ITATIOll

Messieurs,

Le nouï de citoyen français est devenu d'un si grand prix, qu'aucun homme ne peut souffrir que l'on altère en lui la pureté d'un si beau titre.

En repousîrant aux yeux de tous l'horrible injure qui m'est faite, c'e^^t voire cause, ô citoyens, que je défendî plus que la mienne ; vous avez tous des ennemis, maL< vous n'êtes pas tous armés contre leurs coups, leur? attentats. Aujourd'hui moi, demain ce sera vous; et s'ils viennent à soupçonner que rassemblée prête l'oreille à leurs affreuses délations, aucun de vous n'est plus en sûreté.

Écoutez-moi donc, citoyens ; je vais dévoiler (fes horreurs qui intéressent tous les hommes.

Lorsqu'on connnençait, l'an pas^é, à concevoir des inquiétudes sur la cherté, la rareté des grains, des ennemis trop méprisables pour se montrer à découvert firent répandre parmi le peuple inquiet que fêlais un accapareur, que mes m.iisons étaient pleines de blé. On le lit placarder la nuit sur toutes mes portes et dans les rues voisines. Je m'en plaignis aux magistrats, qui tirent courir des patrouilles déguisées, pour s'assurer des placardeurs : on ne put se s:iisir d'aucun.

Depuis, dans les premiers moments de Peffervescence du peuple, ma personne et mes possessions ont couru les plus grands dangers. J'étais désigné hautenjeat pour troisième victime lorsqu'on pilla les deux maisons d'Henriol et de Réveillon.

Un grenadier des gardes françaises, ayant reconnu l'un de ces incendiaires qui criaient dans tout le faubourg qu'il fallait brûler mes maisons, crut devoir le faire arrêter et conduire à la caserne de PopiocûaH,

MÉMOIRES

par quatre ou cinq soldats du guet. Mois l'incendiaire avait ses protecteurs ; il leur fit parvenir ce qui lui arrivait. Le lendemain, allant monter sa garde, le pauvre gren;idier fut mis (comme on le sait) pour trois semaines en prison à Versailles ; et cependant cet incendiaire n'était qu'un vil portier chassé de ma maison, qu'un des faux témoins reconnus dans Tinstruction du procès Kornman !

Quand je citai ce fait du grenadier devant votre noble assemblée, je fus surpris du peu d'effet que ma déclaration produisit. Le (il dont je tenais le bout me semblait pouvoir vous conduire au labyrinthe inextricable que vous cherchez à pénétrer. Un incendiaire reconnu ! son dénonciateur mis en prison, au lieu de lui ! j'en ai conclu que, sur ces faits, vous êtes plus savants que moi.

Puis, quand le désespoir changea ce peuple si soumis en conquérant de la Bastille, quand il crut devoir s'assurer des gens suspects à la patrie, mes incendiaires et tous leurs commettants ne manquèrent pas de crier dans les places publiques que non-seulement j'avais des blés cachés, mais plus de douze mille fusils que j'avais engagés au prévôt des marchands, Flesselles ; que des souterrains de chez moi communiquaient à la Bastille, p:ir où des soldats ennemis s'y introduisaient en secret; que j'étais un agent des grands ennemis de l'État ; et qu'il fallait me massacrer, piller et brûler mes maisons. 1^ lâcheté ne peut aller plus loin !

Tous mes amis épouvantés me suppliaient de m'éloigner. Mais moi, dont la religion est que dans les grands troubles un citoyen zélé doit rester à sa place, se rendre utile et faire son devoir (car où en serions-nous, bon Dieu! si tout le monde s'enfuyait?), j'ai osé braver le péril, j'ai monté la garde la nuit, et suivi dans le jour lous les travaux de mon district.

Pendant ce temps je suppliais et la Ville et tous les bureaux qu'on visitât mes possessions, et qu'on apprit au moins au peuple qu'il était abusé sur moi par d'exécrables scélérats.

Après bien des soins et du temps, j'ai obtenu péniblement qu'une de ces visites se fil dans ma maison, Vieille rue du Temple ; six commissaires ont constaté la fausseté des bruits qu'on avait répandus.

Mais le district des Blancs-Manteaux, dans lequel j'occupais celte maison de location, m'ayant refusé durement de visiter mes vraies propriétés, parce qu'elles éfaienl, dit-il, dans le faubourg Saint-Antoine, j'ai couru m'agréger au district de mes possessions. J'y ai posé mon domicile, espérant bien en obtenir cette visite refusée.

Une grande rumeur, l'inquiétude d'une révolte occasionnée par la misère, y agitaient lous les esprits. En m'agréant avec honneur, l'assemblée me peignit l'état du faubourg, si pressant, surtout si dangereux pour la tranquillité publique, que, sans trop consulter mes embarras actuels, l'âme suffoquée de douleur, je contribuai d'une somme de douze mille livres au soulagement de ce peuple.

J'avais payé aux Blancs-Manteaux ma demi-capitation pour le soutien de nos soldais ; je donnai, quatre jours après, la même somme à mon nouveau district pour le même service militaire ; mais je refusai de m'asseoir au comité qui m'avait adopté, jusqu'à ce qu'on eût fait une visite sévère de mes diflérentes maisons. Il ne convient pas, écrivis-je, qu'un homme suspecté de trahison d'Etat s'asseye avec les citoyens, tant qu'il n'est pas justifié; ce que les visites seules de mes possessions peuvent faire.

Dix jours se sont passés avant que je les pusse obte-> nir, et pendant ces dix jours je n^ai point para au didlrict. On peut juger, â ces détails, si j'y mettais de l'ambition.

Enfin la Ville ayant ordonné, à ma pressante réquisition, que douze commissaires se transporteraient chez moi, les visites furent effectuées.

Je remis alorj un mémoire à votre assemblée même, pour obtenir que les procès-verbaux qui faisaient ma tranquillité fussent imprimés et placardés. La multitude des affaires a laissé douze jours cette demande sans réponse. Je courais le plus grand danger sous cette suspicion du peuple.

Pendant ce temps je travaillais au comité de Sainte- Marguerite, où j'ai donné différents plans de bienfaisance, agréés, j'ose dire, avec acclamation ; où, pour tourner tous les esprits du peuple sur des objets moins affligeants, ma motion pour le mariage d'un jeune homme du faubourg, tous les ans, le 14 juillet, anniversaire de la Bastille, a été appuyée par moi d*une somme de 1,200 liv.

Bientôt l'assemblée du district a procédé à la nomination d'un troisième député, son représentant à la v^tre. Je n'en avais aucun avis ; le hasard seul m'y fit trouver, croyant n'aller qu'au comité. J'y fus nommé député du district, à la très-grande majorité. Je voulus en vain m'en défendre ; on me força de l'accepter.

Je crois bien, en elfet, que dans ce quartier de douleur, où l'administration doit être si compatissante et si douce, j'eusse été plus utile en travaillant au comité qu'en représentant le district à l'assemblée de la commune, où l'homme le plus sage est, selon moi, celui qui écoute, et qui parle le moins. Car un des grands inconvénients de toute nombreuse assemblée est l'éternité des débats sur les points les moins contestables.

Je n'avais pas, après huit jours, obtenu, moi représentant, cette permission d'imprimer les procès-verbaux des visites qu'on avait faites dans mes maisons. Les bruits infâmes continuaient : ma personne et mes pos- .«^essions et aient dans le même péril, lorsque six députés des Blancs-Manteaux sont venus me dénoncer à l'assemblée de la commune, comme un fuyard de leur district qu'ils avaient droit de réclamer. Ils ont soutenu que les mécontenlemcnls qui m'avaient engaj'é à me présenter au faubourg n'étaient que des cris de cabalo que j'aurais bien dû mépriser; que mon chef-lieu étant ' dans leur di.-^trict, ils demandaient que j'y fusse ren-

MÉMOIRES

Toyé, et que celui de Sainte-Marguerite nommât un autre député.

Quelque obligeant que fût pour moi le plaidoyer des Blancs-Manleaux, je défendis mon nouveau domicile, en assurant que le bien seul que j'espérais faire au faubourg avait déterminé mon choix.

Après un débat de deux heures, les députés et moi rentrés, on m'apprit que j'appartenais au disincl de Sainte-Marguerite, oh je remplirais désormais tous mes devoirs de citoyen. J'en rendis grâces à l'assemblée ; mais je profitai du moment pour vous dire que je courais le risque d'y remplir bien mal mes devoirs, si vous ne daigniez pas veiller à ma tranquillité en opposant une permission d'imprimer mes procès-verbaux de visites au brigandage des écrits scandaleux qui me livraient à la fureur du peuple.

Votre assemblée, ayant enfm égard à la justice de ma requête, m'a permis, pour ma sûreté, Timpr^^ssion des procès-verbaux.

Je me croyais hors de danger : mais tandis que divers districts du faubourg, me députaient des remerciments pour le peu de bien que j'avais fait, pendant que le respectable curé de Sainte-Marguerite venait arranger avec moi la forme des distributions des secours que j'avais donnés aux femmes, aux enfants de ses pauvres, la rage d'ennemis inconnus me poursuivait dans un district si éloigné de moi, messieurs, que je n'aurais jamais dû croire que Ton y prononçât mon nom.

Un libelle diffamatoire, sous la forme d'une motion dirigée, dil-on, contre moi, part du district des Récollets, et se répand dans tous les autres; on le montre à rilôlel de Ville. Avant d'en demander justice, je crois devoir bien m'assurer si M. le maire a reçu officiellement ce libelle ; car cliacun aurait trop à faire s'il s'armait ou voulait vous armer contre tant d'écrits scandaleux, contre tant d'auteurs pseudonymes dont la ville est partout remplie.

Pendant que je m'en informais, une mission m'est imposée par vous, avec trois autres membres, pour examiner en commun la nomination contestée d'un des ofliciers militaires.

Le lendemain, un de vos présidents, M. de Vauvilliers, me prenant à part, m'avertit, avec l'onction d'un homme d'honneur vraiment sensible et pénétré, qu'un sieur Morel, l'un des commissaires nonnnés, venait de lui dire que ses collègues et lui ne voulaient pas remplir leur mission avec moi. — Vous a-t-il donné ses motifs, monsieur? — Non, me dit-il avec bonté : non; mais si vous vouliez m'en croire, pour l'amour de la paix que ces débals altèrent, vous m'autoriseriez à demander de votre part qu'on chargeai un autre membre de la mission d'hier, quelques embarras personnels vous empêchant de la remplir. — Mais, monsieur, dis-je, ces motifs peuvent tenir à certains faits que j'ai intérêt d'éclaircir. Il insista, je me rendis.

Le lendemain, en entrant à la Ville, je rencontrai le sieur Morel, que je priai de vouloir bien m'apprendre les motifs qui l'avaient engagé à l'acte rigoureux de re-

fuser une mission avec moi. Sur ce qu*il m^assura qne le refus venait de ses collègues, je lui observai que l'un d'eux m'avait fait là-dessus les avances les plus obligeantes. Il éluda; moi j'insistai, lui demandant de s'expliquer devant quatre de nos amis, parce que j'avais grand intérêt à démêler les causes d'une conduite ao§^ étrange, avant que d'en porter mes plaintes à votre honorable assemblée.

Il me renvoya sèchement au secrétariat pour l'apprendre, sans vouloir me donner aucune explication.

Entrés dans l'assemblée, nous étions tous à Tordre, et prêts à entamer le grand travail municipal, lorsqu'un membre, à moi connu, se lève, et dit : « Messieurs, je « vous dénonce M. de Beaumarchais qui vient de provo* « quer en duel un des membres de l'assemblée. »

Vous savez bien, messieurs, que je répondis swnplement : « Si l'assemblée croit devoir préférer les affaire»

< publiques aux miennes, qui sont bien moins intéres- « santés, je ne suis point pressé de me justifier. Si elle « en ordonne autrement, je vais lui expliquer un fait « dont l'honorable membre qui me dénonce ici ne peut « avoir de connaissance, puisque nous étions seuls, h « personne dont il parle, et moi, quand il suppose qne « je l'ai provoquée. La plus grande preuve, messieurs, « que je ne l'ai point fait, c'est qu'un étranger vous eo « parle : ce n'est point là la marche de l'honneur; suie cun homme un peu délicat ne l'y aurait autorisé. »

Je pris alors la liberté, messieurs, de rapporter le fait tel que je viens de vous le rendre. J'ajoutai seulement « L'explication que je désirais obtenir«du sieur Xord « devant quatre personnes choisies, je la lui demanie « à présent devant soixante que nous sommes; etteik» a est ma provocation.

a Quant à mes motifs, les voici : Un Ubdle diffa-

< matoire, sous la forme d'une motion, est parti, « m'a-t-on dit, du district de-s Rêcollels. Je n'examine «t point de quel droit un district empiète sur les droits a d'un autre, en voulant critiquer ses choix, ni coffi- « ment ce district s'arroge un droit de calomnie sur moi; « je vous dénonce sa motion.

« On y articule :

« Qu'on sait à quel point je me suis lié avec les prin- 1 cipaux agents du despotisme pour asservir celte cona trée;

« Qo'oN SAIT par quels affreux moyens je me suis proie curé la fortune avec laquelle j'insulte le pubUc:

« Qu'on sait jusqu'à quel point j'ai a\ili la naticfl « française par ma cupidité » (dans tnes grandes rdo' lions avec les Américains);

a Que l'on connaît tous les malheurs dont mon a«- « rice est la cause » (chez ce peuple que j*ai secoan] :

« Qu'on sait que j'ai été chassé de mon district àt> « Blancs-Manteaux ;

« Que l'on sait que j'ai eu recoui^ à la basse, à la^il^ .< intrigue, pour parvenir à me faire nommer député da « district de Sainte-Marguerite » (dans rassemblée de 1* commune) .

0 citoyens! on ose articuler dans celte prétenduen»-

lion, portée en assemblée légale de bons citoyens réunis l>oiir ariMer Ions les désordres; on ose arliculer, comme chef d'accusntion, que « mon nom était inséré « dans les listes de proscription ; » et que « le peuple • m'attendait dans la place de ses massacres ! » Comme si riiorrible lâcheté qui a fait imprimer ces listes pouvait servir d'inculpation contre les victimes dévouées au gré de leur iniinilié! comme si la fureur d'un peuple qu'ils égarent, et des férocités duquel ils sont les seuls vraiment coupables, pouvait devenir à vos yeux un titre de réprobation!

Et une assemblée de district où personne ne me connaît, n'a jamais vécu avec moi, se rend publiquement complice de celte exécrable infamie * !

Je vous dénonce ici cet attentat, de quelque part qu'il vienne, et j'en attends vengeance, en réclamant votre justice pour en connaître les auteurs.

« Hier, continuai-je, vuus avez ordonné qu'un district « de Paris, qui a fait enlever des fusils dans le château « d'un citoyen, M. Ânisson du Perron, vint nous endon- « ner ses motifs : un district aujourd'hui veut m'enlever « riionneur; je demande qu'il soit tenu de vous nom-

• mer ses motiomiaires, ou de répondre devant vous « du crime affreux dont il se charge : d'autant plus « grand, messieurs, que son premier effet est sans « doute l'insulte d'un refus dont j'ai demandé ce matin « Pexplication qui vient d'amener celle-ci. Le sieur Mo- « re\, que je ne connais pas, n'était pour moi qu'un c échelon, qu'un moyen d'arriver à l'éclaircissement « d'une atrocité révoltante, dont tout citoyen doit fré- « inir. Je n'y ai mis aucune vivacité; mais quand j'en c aurais mis, messieurs, en parlant dans un lieu qui n'é- « lait pas votre assemblée, quel intérêt croit-on que « vous dussiez y prendn*? Ce fait vous était étranger. « Je ne craindrai point d'ajouter qu'hier matin, à cette c place, deux membres déliattant une question dans c l'assemblée, l'un d'eux insulta l'autre, en qualité de c financier; lequel ne pouvant modérer sa sensibilité

• extrême, lui répondit imprudemment... par l'injure c la plus grossière. Cette provocation eût eu des suites « fâcheuses, si le membre offensé, qui s'était emporté « trop loin, n'eût désavoué, sur nos représentations, le « mot qui lui était échappé dans un mouvement de co- « léro dont "il n'avait pas été maître. Vous avez cru dans « votre sagesse ne devoir donner nulle suite à celle rixe « véhémente ; à plus forte raison, messieurs, n'y a-t-il « pas lieu, selon moi, de délibérer sur une prétendue

• provocation de duel, qui n'a pas existé de ma part,

• que je nie hautement, et qui, fût-elle bien prouvée, « ^"intéresse en rien l'assemblée, puisqu'elle se serait t faite à bas bruit, sur un escalier, et loin d'elle : à

* Je rae trompe en disant que personne ne m'y connaît : on in*a«sure à ruislanl que le sieur Korninan et quoique autre agent qui j>e cache ont M)ulevé tout ce district où leur duuiicile est situi- ; que >ept ou huit brigands, qui tous vivaient de calomnies fiend^int le proo^s Komman, crmlre lesquels j'ai rendu plainte chez le commissaire Dufresne, conduisent cette sale intrigue : lieureusement |K>urmoi, je n'ai jamais vu ni connu un seul de ces honnêtes gens.

« moins qu'il ne suffise qu'une cliose très-simple ait « quelque rapport avec moi, pour mettre ici tout le « monde en rumeur ; ce que je suis bien loin de sup*i- « poser. La plainte que je vous porte contre l'atrocilé « du libelle que je dénonce a seule une vraie impor- « tance, et je vous prie d'y faire droit. »

Tel fut, messieurs, mon plaidoyer. Vous nous fîtes sortir, le sieur Morel et moi, pour délibérer librement. Vos débats durèrent six heures, à mon trésrgrand étonnement ; et ma surprise fut extrême quand votre président, messieurs, m'apprit au nom de l'assemblée, que, « sur la dénonciation de propos violents tenus par moi, « et sur les inculpations de quelques districts, doxt je « DEMANDAIS A NE JUSTIFIER, Passcmblée avaît arrêté que f je m'absenterais jusqu'à ce qu'elle eût prononcé sur « l'une et l'autre affaire. »

J'eus l'honneur de vous faire observer que j'avais désavoué cette provocation d'un duel, qu'on me prêtait gratuitement. A quoi le président répondit qu'aussi l'arrêté ne parlait-il que d'une dénonciation faite, et non d'une chose jugée.

Sur la seconde question, j'observai que seul j'avais investi l'assemblée de l'affaire du libelle, par la plainte que j'en portais ; que n'ayant point exprimé cette plainte en la donnant comme formée sur des inculpations dont f entendais me jtisti fier, mais seu\emeni contre une atrocité dont je vous demandais justice, l'énoncé de votre arrêté ne me paraissait point avoir cette exactitude honorable qui caractérisait les autres. « D'ailleurs, ai-je « ajouté, messieurs, le droit très-certain de juger, « dont est pourvue cette assemblée, n'ENroRTs point le « DROIT DE PhÉJDGER. Et l'exclusiou d'uu membre élantla « plus forte peine d'une faute quelconque dont vou ff l'auriez jugé coupable, l'invitation de s'absenter, avant « que vous sachiez s'il est coupable ou non, me semble « outre-passer le droit respectable d'un juge.

« De plus, vous n'êtes point, messieurs, la municipa- « lité de la ville, mais une assemblée pro\isoire établie « pour la composer, en exerçant ses droits aussi par « provision. Si l'abondance de vos travaux vous forçait « d'oublier mon affaire, ou de l'éloigner à tel point que, « la municipalité formée, votre mission vint à finir avant « que vous m'eussiez jugé, il en résulterait deux maux : « l'un, de me laisser sous le coup d'une horreur de la- « quelle je vous ai demandé justice; l'autre, que pendant « ce temps vous auriez privé mon district de l'appui de c son député : car il n'en peut nommer un autre avant « que d'avoir eu la preuve, tirée de votre jugement, « que son choix méritait d'être improuvé par vous. Je « demande donc à rester, ou la parole de l'assemblée c qu'elle va s'occuper sans délai et sans suspension de c l'arrêt que je sollicite : alors je ne regarderai point ff comme une peine préjugée, mais comme une chose ff d'usage, l'invitation de m'absenter pendant qu'on c instruit mon affaire. »

M. le président, messieurs, a bien voulu en votre nom m'assurer qu'on allait s'occuper san» délai de faire droit à mes demandes, et qu*on me ferait avertir pour pro-

HÉMOIRES.

céder aux éclaircissemenls. J'ai snlué la compagnie, el je me suis retiré pour qu*oii délibérât sur moi.

Voilà quinze jours écoulés sans que j'aie aucune nouvelle. Puis-je rester dans cet étal? Vous ne le voulez pas, messieurs! Vous ne souffrirez pas qu'on dise que celle étrange ardeur qui semble animer tant de monde quand on espère m' inculper, se tourne en glace quand il faut me rendre la moindre justice.

Quoi qu'il en soit, comme mon devoir est d'aider à votre instruction partons les moyens de mon fait : prenant exemple sur M . le comte de Parois ; sur son argument à Tanglaise, par lequel il s'engage à donner mille écus à celui qui pourra prouver une nccus;Uion qu'il repousse, je déclare, ainsi qu'il l'a fait dans le journal de celle ville, que je payerai mille écus à tel qui prouvera que j'aie été chassé du district des Blancs-Manteaux, lequel m'est venu réclamer devant vous comme lui appartenant de droit : démarche bien contraire à l'atrocilé supposée par le disirict des Récollets.

Je déclare que je payerai mille écus à celui qui prouvera que j'aie usé d*aucune intrigue pour me faire nommer député du district de Sainte-Marguerite à rassemblée de la commune, où j'étais loin de désirer d'entrer, sachant d'avance combien j'y serais inutile aux intéréis de tous mes conunettants.

Je déclare par extension que je donnerai mille écus à celui qui prouvera que ']'a\e jamais eu chez moi, depuis que j'ai aidé g»'*néreusement l'Amérique à recouvrer sa liberté, d'autres fusils que ceux qui m'étaient utiles à la chasse. Autres mille écus, si l'on prouve la moindre relation de ce genre entre moi et M. de Vlessellcs, à qui je n'ai parlé que deux fois en ma vie. Et sachez, citoyens, que lorsque le district du Sépulcre vint me montrer par députés celle infâme dénonciation qu'on avait faite à son bureau, je conduisis aux Blancs-Manteaux un manufacturier d'armes de Charleville, qui déclara dans ce district que c'était lui, et non pas moi, (jui avait offert à la Ville, au prévôt des marchands Flesselles, el aux électeurs assemblés, de leur fournir douze ou quinze mille fusils sous huit jours; les ayant, disail-il, en caisse au magasin de Ciiarleville. Mais connue, en déclarant qu'il se nommait Prcffort^W avait ajouté qu'il demeurait Vieille rue du Temple, vous concevez bien, citoyens, que mes scéléraîs d'ennemis, sur ce léger rapport de rue, n'ont pas manqué de répandre partout que j'élais un traître à l'État; que j'avais douze mille fusils dans ma maison, Vieille rue du Temple; que je les avais proposés au prévôt des marchands Flesselles, pour foudroyer les ciloyens : car voilà comme tout s'enchaine sitôt qu'il est question de moi.

Je déclare que je payerai nulle écus à qui prouvera que fai des souterrains chez moi qui communiquent à la Bastille, ainsi qu'on l'a fait croire au peuple, pour l'exciter à me piller et me hrùler;

Que je donnerai deux mille écus à celui qui prouvera (jue j'aie eu la moindre liaison avec aucun de ceux qu'on désij^UL' aujourd'hui sous le nom des aristocrates, avec *

les principaux agents du despotisme, pour auerrir eék contrée (ce sont les termes du libeHe).

Et je déclare, pour finir, que je donnerai mi nui ÉcDs à celui qui prouvera que fai avili la nation thmçaise par ma cupidité, quand je secourus rÂménqoe; propos qui se rapporte à la très-lâche imputation qu'ils m'ont faite dans cent libelles, pendant le procès Kornman, d'avoir envoyé, il y a douze ans, aux insurgents américains, des armes, des munitions, deis marchandises détestables que je leur vendais comme bonnes, à cad pour un de leur valeur, pendant que j'ose me vanter df procédés très-généreux envers cette grande nation, d<ml mon avarice, dit-on, a occasionné les malheurs.

Voilà, certes, bien des moyens de gagner quelque peo d'argent, pour les auteurs de la motion du district àes Récollets, dont le métier peu lucralif est de caloomi^ à 12 sous par paragraphe.

Mais comme j'espère bien ne pas me ruiner par ces offres, je demande, messieurs, que si les libellistes ne prouvent aucun de leurs dires, s'ils ne gagnent poiot mon argent, ils soient dévoués par tous à l'exécratioi) générale.

Ces écumeurs travaillaient en sous-ordre sous les deoi chefs de bande qu'un arrêt de cour souveraine a codda'nnés en 2,000 livres de dommages et intérêts eniers moi, comme calonniatecrs, instigateurs de faux tmmt; de l'un desquels M. l'avocat général di.ait, dans son éloquent plaidoyer : Cet homme audacieux qui ne cmnaît rien de sacré quand il s'agit de calomnier ! le w me permettrai de plainte que contre l'un de ces dem hommes. Mon profond respect pour le Temple, où Pan- Ire s'est réfugié, le rend piesque sacré pour moi. 0 roi nation ! quels sacrifices n'avez-vous pas droit d'exkff d'une âme vraiment citoyenne!

Ils disent que ma vie est un tissu d'horreurs, les malheureux ! tandis qu'il est de notoriété que j'ai passerai vie à être le père, le nourricier de tout ce qui m'est proche. Ils me condamnent à dire du bien de moi, à force d'en dire du mal.

Attaqué par des furieux, j'ai gagné avecirop d'écbl peut-être tous les procès qu'ils m'ont suscités, c^jt n'en ai jamais fait à personne; quoique, pour les plus grands bienfaits, j'aie éprouvé, j'ose le dire, une ingratitude constante, inouïe, presque universelle.

J'ai subi, entre autres tourments, cinq procès trèsconsidérables.

Le premier en Espagne, pour les intérêts d'une scht mourante, au secours de qui je courus. Le crédit de mon adversaire manqua de m'y faire périr. Grâce au ministre M. Whall, le roi d'Espagne me rendit lajustiee la plus éclatante, chassa mon ennemi de ses places, et le lit traîner en prison, malgré mes efforts généreoi pour faire modérer sa peine.

Mon second procès fut contre l'héritier Duvenuy- Après l'avoir gagné aux requêtes de l'hôtel, puis perda par appel, au rapport d'un M. Goëzman; avoir /ail casser cet arrêt inique au conseil; m'ètre vu renToyf, pour le fond, au parlement d'Aix : après cinquante-trois

MÉMOIRES

séances et rexamen le plus sévère, ce parlement a condamné le légataire Duvemey à me payer la sonune de 80,000 fr. ; surtout Ta condamné en 12,000 francs de dommages-intérêts envers moi, pour procédures tortionnaires, et pour raison de la calomnie. C'était pour obtenir ce substantif dans un arrêt, que je plaidais depuis huit ans. Le reste me touchait fort peu. J'employai cet argent à marier de pauvres filles, et je partis de la Provence cornhié des fêlicilntions des riches et des bénédictions des pauvres. Mon adversaire lui-même eut à se louer de ma noblesse : à la prière de ses amis, je modérai les frais énormes auxquels il était condamné, en lui accordant un long terme pour me payer toute la dette ; car ma colère s'éteint toujours au moment où fmit le combat.

Le troisième, si connu, fui mon fameux procès contre le conseiller Goëzman. Alors l'iniquité fut porlée à l'excès. Jaunis dû jérir mille fois; mon seul courage m'a sauvé. Quatre ans après, le parlement de Paris, sur un ordre émané du roi de revoir cette affaire, m'a rendu. par un arrêt d'éclat, l'état de citoyen qu'un auti*e arrêt m'avait ravi.

Ln quatrième grand procès m'a été intenté par les héritiers de ma femme. 4 près quinze ans d'une spoliation avérée, ils m'ont plaidé, vexé, dénigré pendant dix ans consécutifs; puis, trois arrêts du parlement de Paris les ont condamnés envers moi en tous les dommages, les frais, les capitaux, les intérêts du procès : et comme toute leur fortune ne sufOsail pas au payement, ils se sont jetés à mes pieds; et je leur ai fait gr«^c.' d'une partie de ma créance, en consentant que tout le reste ne me rentrât qu'après leur mort. Puissent-ils en jouir longtemps!

Mon cinquième et dernier procès est celui de ce Kornman. On sait avec quelle fureur jls ont acharné contre moi la populace de la plume, tous les meurt-defaim de Paris, et comment un célèbre arrêt les a bien déclarés mes calomniateurs. Mais ce qu'on ne sait pas encore, c'est comment l'honnête Kornman^ qui faisait plaider au palais que la dot de sa femme était déposée, pi^^te à rendre, a tout soldé depuis Tarrèt, par une belle déclaration « qu'il pe possède rien au monde; « que, suivant un accord honnête entre son frère et lui, « la maison même qu'il occupe et les meubles qui la « garnissent appartiennent à ce frère depuis l'époque • de la banqueroute qu'ils firent en 1782. » 0 malheureuse mère! épouse infortunée! c'était bien la peine de plaider si longtemps, pour arriver, après l'arrêt, à la conviction douloureuse que votre bien était dilapidé ! Voilà donc, grâce à votre époux, l'affreux sort qui vous attendait!

Telle est Tespéce de gens qui me poursuit encore, en armant sourdement contre moi ce qu'il y a de plus TÏlà Paris. Que serait-il donc, juste ciel, si j'eusse perdu tous ces procès; puisque, les ayant tous gagnés, mes calomniateurs trouvent encore le secret de troubler ma vie sans relâche; puisque mille gens dans le monde, qui ne réfléchissent sur rieo, se rendent les tristes échos

des horreurs et des turpitudes que ces brigands leur soufnent aux oreilles !

Maintenant voulez-vous savoir de quoi ma vie s'est

glorifiée!

Pendant huit ans la famille royale, el M. le dauphin, père du roi, ont, au vu de toute la France, honoré ma jeunesse d'une bienveillance particulière.

Ayant eu, depuis, le bonîieur de rendre un grand service à V École militaire, de faire doter cet établissement, ouvrage de M. Duvemey, ce vieillard vénérable a toujours conservé pour moi la plus vive reconnaissance. 11 m'a très-tendrement aimé. Je lui dois le peu que je vaux.

Puis le feu prince de Conti, qui combattit si fièrement • les attentats de nos ministres loi-s de la subversion de la magistrature, m'a honoré jusqu'à sa mort d'une tendresse paternelle. Tout Paris a su que le* jour qu'un très-inique arrêt m'honora, même en me blâmant, ce prince me fit l'honneur de venir lui-même chez moi me prier à souper, avec toute la France, au Temple, en me disant d'un ton céleste : « Monsieur, « nous sommes, je crois, d'assez bonne maison, mon « neveu et moi, pour (^onner l'exemple au royaume de ff la manière dont on doit traiter un grand citoyen fl comme vous. • On juge si je me prosternai.

Enfin, et sans parler de mes liaisons politiques, je citerai l'estime et l'amitié constante dont m'honora M. le comte de Maurepas, cette âme douce, et le dernier de tant de puissants protecteurs! Tout cela, ce me semble, devrait bien rendre circonspects les gens qui, ne me connaissant point, font le méprisable métier de déchirer un homme pacilique, dont la destinée singulière fut d'avoir ses amis dans l'ordre le plus grand, et ses ennemis dans la boue.

Certes, h plus horrible accusation de ces derniers, c'est d'avoir osé m'imputer dêtre lié avec vos oppresseurf.

Et comment, citoyens, pourrait-on le penser : moi qui, depuis près de dix ans, vis dans la disgrâce connue de Versailles et de ses entours, parce que mon caractère libre, ennemi de toute servitude, s'y est toujours montré à découvert; que je n'ai Héchi le genou devant nulle idole encensée !

N'est-ce pas moi qu'ils ont puni d'avoir fait servir l'arme du ridicule (la seule que l'on pût employer au théâtre) à fronder les abus de leur crédit, de leur puissance, ou de leurs places; qu'ils ont puni en irritant contre mes phrases, et les falsifiant à ses yeux, l'homme le plus .juste et le meilleur des rois?

Leur fureur a causé ma détention de quatre jours; et dans un lieu si ridicule, qu'ils regardèrent cela conmie une excellente gaieté *. C'est à la justice du roi que j'ai dû l'ordre prompt de sortie auquel je refusais si obstinément d'obéir, voulant être jugé et puni trèssévèrement, si j'étais coupable du crime d avoir offensé un bon roi, qui comprit sans doute bientôt qu'on lui en

* A Sainl-Laztre.

MÉMOIRES

avait imposé. Au moins Tai-je très-bien prouvé dans un mémoire aussi respectueux qu'énergique que lui présenta son minisire, et que je n'ai pas imprimé.

N'est-ce pas moi qui le premier, dans la tyrannie la plus dure contre la liberté de la presse, osai couvrir de ridicule le despotisme descensures; qui portant partout le dégoût d'avoir vu de trop près la politique de nos cours, en ai donné certain portrait qu'on trouvait assez ressemblant?

De même que cette définition du vil métier de courtisan : recevoir^ prendre, et demander, voilà le secret en trois mots, applaudie à notre théâtre, et depuis applaudie de nouveau à l'assemblée nationale, quand un membre du souverain n'a pas cru au-dessous de lui de la rajeunir en ces termes : « Il n'est que trois moyens. « d'exister : d'être mendiant, voleur ou salarié? »

N'est-ce pas moi qui, pendant le régne despotique d'un prêtre, lequel voulait tout asservir, eus le courage de faire chanter, avec quelque risque, au théâtre, ces vers trop diflkiles à dire à Paris sans musique :

Pontifes, pontiTes adroits, neinuez le cœur de vos rois.

Quand les rois craignent,

Les prêires régnent ; 1^ Uare agrandit ses droits?

N'est-ce pas moi qui, dans le même ouvrage, osai donner les éléments de la Déclaration de^i droits de riiomme, en faisant dire à la NaturCj par la peuplade qui l'invoque :

0 bienfaisante déilc '

Ne souffrez pas que rien altère

Notre touchante égalité;

Qu'un homme commande à son frère?

Et ces vers, qui complètent le sens moral de toiil l'ouvrage :

Nortel, qui que tu sois, prince, prêtre ou soldat, Homme I ta grandeur sur la terre N'appartient point à ton état :

Elle est toute à ton caractère?

El cette leçon terrible à tout despote qui voudrait abuser d'un potivoir usurpé par la force :

Roi féroce, as-tu donc compté, Parmi les droits de ta couronne, Celui du crime et de l'impunité?

Ta fureur ne peut se contraindre; Et tu veux n'élre pas haï!

Tremble d'ordonner.

— Qu'ai-je à craindre?

— De le voir toujours obéi, Jusqu'à l'instant où l'effrayante somme De tes forfaits, déchaJnanl leur courroux...

Tu pouvais tout contre un seul homme.

Tu ne pourras rien contre tous?

El ce tableau prophétique et prévu du roi cIutî d'un peuple libre, qui le couronne avec transport :

Enfants, vous l'ordonnez, je garderai ces fers ; Ils seront à jamais ma royale ceinture. De tous mes ornements devenus les })lus chers, Puissent-ils attester à la race future

Que, du grand nom de roi si j'acceptai l'éclat. Ce fut pour rn*enchafner au bonh<>!ur de l'État !

Et ces vers sur la vanité de la naissance (à la Nature) :

Au moins vous employez des éléments plus purs Pour former les puissants et les grands d*un empire? (Rép.) C'est leur langage, i! faut bien en sourire; Un noble orgueil les en rend presque sûrs?

Et ceux-ci, dans h bouche de la déesse, parlant à dcin êtres créés dont elle vient de fixer le rort :

Enfants, embrassez-vous ; égaux parla natore. Que vous en serez loin dans la société ! De la grandeur altiére à l'humble pauvreté, Cet intervalle immense est désormais le vôtre; A moins que de Brama la touchante bonté.

Par un déciet pr«'médité.

Ne vous rapproche l'un de l'autre.

Pour l'exemple des rois et de l'humanité?

Voilà, citoyens, comment fêtais lié avec ion* vos çrmA oppi'esseurs,\and'\s qu'ils n'ont cessé pendant dix ans de me persécuter ; tandis que c'est chez eux que mes ennemis acharnés ont trouvé toute la protection dont eui el leurs libelles ont tant abusé pour me nuire ! Ils oot changé, les lâches, et de langage et de parti! mais moi je ne changeai jamais.

• N'est-ce pas moi qui osai dire, huit ans avant qu'on s'occupât du sort des protestants en France, dans nn mémoire à ce conseil, si jaloux de son despotisme: « Accordez au moins cette grâce aux protestants, jos^ « qu'à ce qu'un temps plus heureux permette enfin de « rendre à leurs enfants L4 LÉcrriMiTé civile oc'au-

« eux PftINCE DE LA TERRE n'a DROIT d'ÔTER A SES ff-

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