‹ Œuvres complètes de BeaumarchaisChapitre 508 sur 607 · SIXIÈME ET DERMÈUE ÉPOQUE · texte numérisé non relu

SIXIÈME ET DERMÈUE ÉPOQUE

Législateurs, et vous, ô citoyens ! que l'amoar seti de la justice rend assez courageux pour suivre pied à pied ces horribles détails, votre indignation géném» s'est mêlée à la mienne, en voyant l'astuce perfide aî« laquelle le ministère a su nCéloigner de Paris, où m présence embarrassait le plan qu'on formait de me perdre !

Encore un moment, citoyens, vous Tallez voir poser le masque ; mais permettez auparavant que je tous mette au fait de mes démarches en Hollande auprès de notre ambassadeur.

Je m'en allais, perplexe et désolé : détolé de peœff que tout cela n'était qu'un piège ; qu'on me laissait partir sans cautionnement et sans fondé, pour que je ne pusse rien faire : perplexe, hélas ! sur un seul point, qui était de bien deviner pour l'intérêt de quel ministre se faisaient toutes ces manœuvres I

Je connaissais déjà les agents dont on se servait. la conduite des chefs était tout aussi claire, mais ils seoi* blaient agir en masse ! Étaienl-il tous dans le secret, f^ l'un d'eux Irompail-il les autres?

En cheminant je me disais : Il est prouvé pour ufei qu'on veut me mettre au point de quitter la partie,» cédant les soixante mille armes à ceux qui doivent ensuite, de concert avec eux, les revendre à la France au prix qu'ils voudront, el sans dire à personne que c'e^t ma cargaison. Mais Lebrun .'mais Lebrun ! en est-il, ou n'en est-il pas? Sa conduite est inexplicable.

J'avais fait une observation ; c'est que dans tout cec on ne m'avait jamais renvoyé à M. Servan. Dans la séance du conseil, la seule où je l'eusse aperçu, il n'avait pas ouvert la bouche. }^}\. Lebrun, Clavière, étaient les seuls à la brèche... Mais les variations du minblre Lebrun ! cet air bon homme avec lequel il avait bité mon départ, si opposé à sa conduite de la veille et di lendemain!... Allons, me dis-je, patientons!... l'avenir m'apprendra le reste.

Arrivé le 50 à Portsmouth, j'étais le 2 octobre à l»dres. Je n'y restai que vingt-quatre heures. Mes amis et mes correspondants, MM. Ijccointe frères, à qui jedisoKS embarras, me donnèrent un crédit de dix mille lirra sterling, me disant : « Il faut en finir au plustôt ; ne perdez pas une minute! »

HÉHOIRES.

fZl

Enchanté de leur procédé, je mVinbarquni pour la Hollande, où, après le passage le plus pénible qu'on eût fait depuis qunranle an«, après six jours de traversée, j'arrivai malade à mourir. Je remis \c paquet du minisire.à M. de Mauldc.

Il le reçut avec beaucoup de grâce, en mô disant : CH ordre est positif, je m'y conformerai avec exactitude \ mais vous allez trouver ce pays bien semé d'en- I raves.

Je lui demandai s il avait reçu le cautionnement par M. Lebrun. — Non, pas encore. — Blonsieur, lui dis-je, achevant le détail de ce que j'avais éprouvé, le ministre in a dit quil vous donnerait l'ordre de me compter deux ou trois cent mille francs, s'ils m'étaient nécessaires, sur tous les fonds que vous avez à lui. Je n'en ai point, ditil : ils sont employés au delà. Sans doute, il mVn fera passer.

Je le priai de faire donner copie de ce que les divers ministres lui avaient écrit sur cette affaire des fusils. Il me le promit et Va fait, car c'est un homme de probité.

En attendant que je m'en serve, voici la lettre de M. Lebrun renfermant le traité du \S juillet certifié.

A monsieur de Maulde,

« Paris, ce 20 septembre i"9î.

« M. Beaumarchais, monsieur, qui vous remettra ma lettre, se détermine à aller en Hollande pour mettre fin à l'affaire des fusils arrèlés à Tervère. Comme vous éles parfaitement instruit de tous les incidents qui ont jusqu'ici retardé l'envoi de ces armes a ledb vraie dfs- TIXATI05, je vous prie de vous entendre avec M. Beaumarchais pour nocs les procurer le plus promptemekt rossiBLE. Je désire que cet envoi se fasse avec autant de SURETE QUE D'ÉCONOMIE. Je comptc beaucoup sur voire zélé et vos soins pour bien remplir ces deux objets, et je suis persuadé d'avance que M. Beaumarchais voudra bien vous T aider dans l'occasion.

• Le ministre des affaires étrangères, Lebrun.

« P. S. Vous trouverez ci-joint, monsieur, une copie collationnée du marché fait entre M. Lajard, ci-devant ministre de la guerre, et M. Beaumarchais. »

La franchise de cette lettre me ramenait à croire que U. Lebrun pouvait bien n'avoir servi que d'instrument à la haine ou bien à la cupidité des autres.

On ne pouvait pas faire des actes d'adoption et de propriété plus nets. Il n'y a pas un mot, disais-je, qui nous présente un autre sens. Comme vous êtes instruit, dit -il, de ce qui a retardé V envoi de ces annes a leur vraie DESTLNATioN, je VOUS prie de vous entendre- avec M. Beaumarchais ioir kois les pRociRtR lé plus* promp- TEMENT POSSIBLE.) Quel autrc qu'un propriétaire emploierail ces expressions? (Je désire que cet envoi se fasse avec autant de suretk que d'économie.) S'il ne regardait pas les armes comme à eux, que lui importerait i'^coconomie ? Mais c'est que le traité les charge de tous les

frais. {Je compte beaucoup sur votre zèle et tH)s soins roiR BIEN REMPLIR CES DEUX oBJETs). Appés des phrases si pressantes, c'ei«t insulter M. Lebrun que de douter de sa bonne foi ! (et je suis persuadé d avance que M. Beaumarchais VOUDRA BIEN VOIS V AIDER DANS l'oCCASION).

Voilà tout mon rôle changé! Au lieu d'être aidé dans ma chose, cest moi qu'on prie d'aider l'ambassadeur DANS LA cnosE DU GOUVERNEMENT! Certes, dis je, je le îerai, soyez-en sûr, monsieur Lebrun ; j'y mettrai ma chaleur et mon patriotisme, comme si les armes étaient encore à moi.

Cela est très-clair maintenant : tant que M. Lebmn agissait en nom collectif, j étais bien maltraité par lui. Quand il parle en son nom, il est équitable, obligeant. J'y veux mettre tous mes moyens pour déjouer la malveillance des autres. Le ministre a cer(i/î^ Vacte, il ordonne quon l'exécute; il me prie même d'y aidei'; il promet tous les fonds de son département : il va 'envoyer le cautionnement promis. Pardon, pardon, monsieur Lebrun ! peut-être que M. Clavière était enfermé avec vous le jour que vous avez refusé de me voir! Tout cela est bien tortueux; mais, hélas! c'est la politique, et c'est ainsi que tout marche aujourd'hui. N'y pouvant rien changer, soumettons-nous; et voyons arriver BI. Constantini, le mignon et l'élu de nos ministres patriâtes !

Je fus trouver BI. de Maulde, et lui dis : « Eh attendant monsieur, que le cautionnement arrive, je m'en vais exiger par ac!e notarié, du vendeur hollandais, qu'il me fasse une expropriation légale, et une livraison pareille, à Tervère môme. Mais, comme j'ai affaire à des gens cauteleux à Paris, je veux qu'il soit bien constaté que, pour la première fois que je verrai ces armes (encaissées, emmagasinées, deux mois avant qu'on me les proposât) vous les voyez en même temps que moi.

«Vous recevrez ma livraison le même jour que je prendrai celle du vendeur hollandais, afin qu'on ne puisse jamais soupçonner que j'en aie changé ou détourné une seule pour le service des ennemis : car c'est là le grand argument avec lequel ils rendent à Paris le peupie furieux contre moi ! Je veux que Varmurier brabançon qui lésa bien huilées, encaissées, emmagasinées à Tervère, il y a un an, vienne les y reconnaître devant vous sur l'étal qu'il en fit alors, et que l'on m'a remis depuis, certifié par le vendeur en neuf cent vingt-deux caisses et vingt-sept tonneaux ou barils. »

M. de Maulde me répondit: « Vous pouvez, si vous le voulez, vous épargner tous ces embarras- là : un sieur Constantini, qui m'apporte une feltre du ministre Lebrun, le recommandant à mes soins, m'a prié de vous proposer de lui céder la cargaison entière à sept florins huit sous la pièce, payés en or, et sur-le-champ. Ce n'est qu'un florin de moins que le prix du gouvernement ; et vous le regagnerez bien par tous les soins que vous vous épargnez! Cet homme parait fort avant dans la confiance des ministres. Il en a obtenu le privilège exclusif de fournir au gouvernement tout ce qu'on tire de Hollande. Et les difficultés qu'on peut tous faire en

MÉMOIRES

France, il paraît bien qu'on ne les lui fera pas : du moins, si j'en crois ses paroles.

J'ouvris ifton cœur k^\. de Matilde (un des hommes les plus francs, les plus instruite, les plus honnèles que j'aie rencontrés de ma vie). Je lui confiai mes vifs regrets sur l'imprudence que j'avais eue de sortir de la nullité datis laquelle je iu enfermais pour ne faire ombrage à personne, en cédant à beaucoup d'inslances pour rendre à mon pays un service aussi dangereux !

Je lui rendis tout ce qu'on vient de lire et les dangers que je courus à rapproche du 2 septembre, lorsque j'eus refusé les offres et bien dédaigné les menaces de ce M. Cotistantini.

a Voilà, dis-je, pourquoi l'on m'a dénié tout concours, tout secours et toute justice à ce pouvoir exécutif. Ils ont voulu me mettre à la merci de leur Constantini, sans appui et sans nuls moyens : mais M. Lebrun m'en tirera ! Il me l'a bien promis, et nous aurons servi la France malgré eux : c'est toute ma consolation !

n Mais je vous supplie de me dire sous quelle forme Constantini vous a prié de me faire ses offres, aGn de bien juger des choses que je connais par celles que vous aurez la bonté de m'apprendre.

— Oh ! mais, dit-il, la forme est peu de chose quand le fond esl bien avéré. Il m'a dit fort légèrement, a{»rés m'avoir beaucoup vanté son crédit auprès des ministres ; « Engagez donc ce Beaumarchais à me céder sa cargai- « son à un florin de moins que l'achat du gouvernement. *i S'il marchande avec moi, il s'en trouvera mal ! S'il v (( consent, il touchera son argent sur-le-champ chez la « veuve Lombaert d'Anvers, chez qui j'ai déposé mes u fonds. »

El sur ce que je lui ai dit que, si vous cédiez les fusils, je n'étais plus tenu d'en recevoir l'expropriation à Tervcre: — « Je n'en ai pas besoin, dit-il, et je prends « tout sur ma responsabilité. J'ai du crédit auprès de « M. Lebrun. Je ne crains pas qu'il me refuse quehjue « ciiose. » Il m'a même ajouté, d'un air un peu prolectoral : « Vous recevez chez vous ce Beaumarchais! mais « je vous avertis que cela peut vous nuire auprès de « notre gouvernement. Pensez-y un peu, je vous prie.» (Vous le voyez, lecteur, si c(t homme était fort avant dans la confiance des jnitiistres !)

— Et il faut au surplus, qu'il soit assez sûr de son fait, a continué M. de Manlde ; car, ayant acheté un i)arti de quatre mille fusils, dont M. Lebrun m'écrit qu'il a déjà livré six mille.,. — M. de Saint-Padou, officier d'artillerie (envoyé par M. Serran pour visiter les armes que ces grands fournisseurs enlèvent de ce pays), ayant voulu visiter res </j/fl//r mille à leur départ, Constantini m'a dit légèrement : « Je ne veux point de sa visite, je « n'ai besoin de lui ni de persoime pour les linreaciep- « tiT là-bas ; je me charge de tout. J'ai du crédit. J'ai dit « à Saint-Padou qu il pouvait s'en nlourner. »

— (Juand j'ai rendu ces mois à M. Sainl-Padou, me dit M. de Maulde, il m'a prié de solliciter son rappel prés du ministre de la guerre, puisqu'il est inutile ici, ces

messieurs prétendant se passer de contradicteurs ; f? que j ai fait.

— Eli bien ! monsieur, lui répond is-je, dites à M. Constantini que je rejette avec mépris ses oflftt, comme je les ai rejetées sous le poignard à VAhbafe, H qu'il n'aura pas mes fusils. II y a longtemps que cette affaire n'est plus commerciale pour uioi. Certes mon pays les aura ; mais il les tiendra de moi seul, au premier prix que je les ai vendus, et p€u un florin a delà ! Nul brigandage ne se fera dessus !

Je tourmentais M. de Maulde pour se transporter i Tervère, et j'invoque son témoignage sur fempressemenl que j'y mis. « Il me répondait : Attendons qœ k cautionnement soit arrivé; suivant votre propre princif^. qu'il faut tout mènera la fois. J'en viens d'écrire a M. Lebrun, lui disant que nous l'attendons.»

Depuis le 20 septembre jusqu'au 18 d'octobre, pi^ de nouvelles du ministre ! Ma confiance s'ébranlait. J'écris moi-même, le 16, à M. Lebrun. .Ma lettre rappelle ses promesses et tout ce que vous avez lu. Après luiirw annoncé les embûches qu'on me tendait, j*y nus or petit P. S. :

a k la première nouvelle de nos succès (de ceux à Dumouriez) notre cent vingt-cinq millions a monté àt quinze pour cent. Le change est à Irenle-six et demi. I faut être en pays étranger pour se faire une vraie idêf du plaisir excessif qu'une bonne nouvelle de Frantf nous cause. La joie y va jusqu'à l'exaltation: elle» compose de notre plaisir, et du chagrin qu'il cause an autres. »

J'attends jusqu'au 6 de novembre, ^'ayaiil point enoïe de nouvelles, j'adresse à M. Lebrun une seconde leUff plus forte et plus circonstanciée, mais toujours sur fe même objet. Je vais l'insérer dans le texte, uniquaneal pour contraster avec toutes celles qui vont suivre.

■ La Haye, le G novembre lT9t tf CiTOYE.X MINISTRE,

« Si ma lettre du IG octobre vous a été remise par mon premier commis, vous y avez vu qu'aussitôt w^'^'arrivi e ici, je me suis mis en devoir d'acquitter tou!e< mes paroles sur l'épineuse alïaire des soixante mille iV sils. Aujourd'hui j'ai l'honneur de vous annoncer, mcfisieur, que j'ai forcé mon vendeur, très-.4u/nc^iVw çi«*que Hollandais, ou bien parce quil est Hollandais, à iK livrer /ef/a/cmt';i/ celte semaine, au plus tard laprocbâine, la carg;iisun entière des armes, payées depuis si lo^ temps; et je le rends garant des obstacles que la polili- (|ue holl.uidaise a mis à leur enlèvement, voulant ne reconnaître (à mon litre de négociant) que Ihotnine qv m\i rendu, et non leurs hautes puissances, à qui, M dis-je, je n'ai rien à demander,' mais bien lui-raàne. (iuieï>t tenu de me livrer pour exporter, îion autrement.^ me répond avec un embarras plaisant que ma Iwjiqof esl aus>i juste que pressante; et qu'en me hvrant efiectivement, comme il s'y prépare, il va faire les plus grands efforts pour m'aidera obtenir promptementrextraditicii

MÉMOIRES

fi laquelle Vétat actuel de non affaires politiques ne nuira pas, dil-il; et moi je réponds : Je Tespère.

« Soyez certain, monsieur, que je ne compromellrai point M. (le Maulihy (jui n'a déjà que trop de désagréments à la Haye (ce dofit je me propose de vous parler dans un instant). Mon intention est de n^employer que ma force de négociant, de citoyen d'un pays libre. Le ministre n'y paraîtra que pour appuyer mes demandes, comme en étant chargé parle gouvernement de France. Mais j'ai l'honneur de vous prévenir, monsieur, que je reste à mon tour sans réponse, quand mon vendeur me dit que je n'ai nulle action civile contre lui jusqu'à ce que j'aie rempli la conchtion rigoureuse du cautionnement de cinquante mille florins d' Allemagne ^ auquel il m'a soumis. Vêtant lui-même envers V empereur» EiM.de Maulde sent si bien la force de cet ar^iument, qu'il n'appuierait aucun de mes efforts, si ce préalable important n'était pas rempli de ma part, à cause de la réponse et nette et rigoureuse que leurs hautes puissances feraient au nom de mon vendeur, comme ce vendeur me l'a laite.

« Je suppose, monsieur, que vous l'avez expédié à M. de Maulde ou à moi, ce cautionnement tant différé, mais sans lequel il est inutile de rien entamer d'énergique, car, pour que je puisse mettre un autre en son tort, je ne dois pas commencer par y être moi-même. Nous sommes d'accord du principe, M. de Maulde et moi; et TOUS sans doute aussi, monsieur? Nous attendons cette pièce importante, ç}<^ vous nCavez assuré^ à mon départ de France^, ne plus souffrir aucun retard; sans quoi je n'aurais pas cru devoir partir.

« Je reviens à M. de Maulde, en vous priant de m'excaser si je sors un moment des bornes individuelles de mon affaire de commerce, pour vous parler de politique. Mais, monsieur, je suis citoyen avant tout, et rien de ce qui intéresse la France ne saurait m'être indifférent. Je ne désire pourtant pas que M. de Maulde ait jamais connaissance des réflexions que je vous offre ; je craindrais qu'il n'imaginât que je suis ici son espion, ou que j'y fais de la politique à ses dépens, sans nulle mission de personne.

« Si jamais quelque chose eût pu me dégoûter de ce métier de politique, c'est le supplice réel auquel le ministre de Fr.mce est condamné dans ce pays, réternelle cruciation qu'il y souffre, mais fièrement et sans se plaindre. De tous les genres de dégoûts, on l'en abreuve à la journée. Il lui faut une verlu plus qu'humaine, un patriotisme robuste, pour ne pas prendre à chaque instant des bottes de sept lieues et s'enfuir ! Je vois qu'il se console de cette affligeante existence en travaillant comme un forçat, faisant sa besogne lui-même; et elle n'est pas petite, la besogne, obligé de la faire sans un caractère avoué, avec le train le plus chétif qu'envoyé d'aucune puissance ait jamais eu dans ce pays, où tout le >'orl vient aboutir, et qui est, selon moi, le centre de la diplomatie intéressante de l'Europe, pays où loutts les intrigues des diverses coalitions viennent se nouer et se dénouer. Les autres ambassadeurs brillent, corrompent, dépensent, et se montrent : lui seul, réduit au

plus chétif état, qu'il ennoblit pourtant par un maintien républicain, deviendrait la risée de tous, si, avec beaucoup de talent, sa lierlé ne le soutenait. D'honneur! il me fait compassion, et j'ai peine à me persuader que nos affaires n'en souffrent pas !

a Avant-hier, trois ou quatre riches négociants d'Amsterdam me disaient qu'il allait avoir d'autres couleuvres à dévorer, s'il était vrai, comme on l'écrivait de Berlin, que... (ici je racontais le fait, étranger à Vaf" faire des fusils),

« Ne sachant comment entamer un point si délicit avec M. deMaulde/}e me suis proposé de vous en écrire avant tout. Cela peut attirer des maux incalculables. Cet avis finit la mission que je me suis donnée moi-même. Vous êtes sage et mesuré, monsieur ; vous ne me compromettrez point avec notre ex-ambassadeur...

« Je reviens à moi maintenant. Mes lettres de Paris m'apprennent qu'enfin Tindigne opposition que des brigandeaux avaient mise sur toutes les sommes que j'aurais à toucher au département de la guerre venait d'être déclarée par les tribunaux de Paris et sans motif et vexatoire, les fripons condamnés en tous dommages en tna faveur. C'est cette sale intrigue, c'est cette indigne opposition dirigée par d'autres brigands, qui seule m'empêcha de toucher en juillet les deux cent mille florins que j'ai reconnus dans mon acte m'avoir été payés par le ministre, et dont la retenue a fait un si grand mal à mon affaire des armes et à toutes mes autres affaires. J'ai ordonné chez moi qu'on vous signifiât, monsieur, cette mainlevée, en votre qualité de ministre par intérim du département de la guerre ; car je ne puis rester dans la détresse où l'on m'a mis, et qui m'a forcé en partant de faire porter chez mon banquier, pour avoir de quoi vivre ici, le peu d'argent que je conservais en cas d'un malheur très-pressant.

«f La belle équipée quon a faite de nCenvotjer à Paris, en prison, au secret, pour éclaircir V affaire des fusils, et celle de la publier ensuite dans des journaux bien scandaletix, ont fait retirer de llullandc les lettres de crédit que mes banquiers m'avaient données, me regardant comme un homme égorgé, ou tout au moins forcé de fuir. Mon crédit s'y trouve altéré ; et j'avoue que, sur les détails de ce que j'ai souffert en France, beaucoup de gens dans ce pays me prennent pour un émigré, ce qui n'établit point mon crédit. Tout ce que je dis n'y fait rien. Jamais acte patriotique n*a causé tant de mal à aucun citoyen français !

a Quand les détails en seront publiés, on ne comprendra pas plus que les comités qui ni ont donné tant d'attestations honorables ne l ont fait, comment j'ai pu subir celte persécution constante.

c L'opposition étant levée, je vous supplie, monsieur, de me mettre en état d'achever honorablement l'ouvrage que j'ai commencé. Quand vous ne m'enverriez d'abord que cinquante mille florins par M. de Maulde, comme vous me Vavez dit en partant, je me tiendrais lier en lloUande : n'y ayant plus besoin des secours de pcrsonne, on y verra si je suis citoyen.

MÉMOIUES,

> Si ïOUsjiigM 3 propos, monsieur, do renip tire votre réponse à mon premier commis, qui vous rend celle lettre, elle me parviendra plus silrement que par toute autre voie connue.

< Agréez le respectd'un cilojen qui vous liouore, et qui ne prodigue poinl ses éloges.

• Siyné : BeH'MAitcnAis.

■ P. S. J'ai eu l'Iionncur de vous mander dans ma dernière, que iieaucoup d'iniliscrels Français venaient ici mettre le feu d^msIesnlTairesquireganlent la France, voulant tout haut de* fiuiltà tout prix; ce qui, en nous discréililanl, fait monter jusqu'à des prix fous tout ce qu'on demande pour la France, Oui croirait que de pareilles gens sont accrédités par l'État, et qu'une de ces compagnies errantes, sur h caulion de..., dispose de dnq cent mille livres pour soiianle mille fusils aufsi, dont vous n'obliendret pas un seul? ce qui fil bien lûr aujourd'hui que je sais que ce sont les miens. Kl quant à vos cinq cent mille francs, vous les relrouverei où et quand il plaira au dieu qu'on nomme Hatartl, etc., elc. >

Le fl novembre, ne voyant rien venir, je lui envoie ce peu de mots, pour ne point trop i'impalienter:

Lebrun.

< M.'HSIEI'R,

• Lorsque la France a d':iussi grands succès, c'est un terrible exil que d'avoir affaire en Hollande.

< Je le serai pourinni. exilé de la France, pmin'au jour oii une lettre cali'yorique île von» m'apprendra sr le CAUTION CEMENT >oL's ABiiiiF, OU s*il ue me rcsle plus qu'à partir, yoHi'oWi'j- juxlîficr mn conduite jmtriotiqne diin» mon paya!

» llecevez le; respects d'un cilojen.

« Le lré>or et les arcliives de hrujccllei! sont arrivée â Hollerdam; les nouvelles de l'armée de Chir- (ttijt niellent ici tout le monde au désespoir, excepté

Je commençais à perdre patience, accusant tous les ciubnrras ou la lenteur de ce ministre; el. le courrier suivant, je lui écrivis de nouveau. Il n'était p.as po>sible, après avoir plaidé ma cause au conseil, eninme il me farail anuré; après in'avoir enjoint de partir an plus vile; ai^rés avoir reconnu, certifié l'iirle du ii juillet ; après avoir donné l'ordre à M. de Maulde de l'exécuter avec zèle et pruniplilude, en me priant de /';; aider; après m'avoir siilein.elleinent promis que le cautionnement éternel serait ariinl moi il la lliiije : après m'avoir otferl, tans que je le InidemandatKe. deux on Iroix cent milte francs sur son dcpnriement, me priant uièine de lui envoyer mes avis XHrfd manière dadieler les toiles el autres marchandises sèches de Hollande ; je ne pouvais, sans l'insuller, lui monlrer aucun doute sur sa boinie volonté. Prenant patience en enrageant, j'allais

me rappeler encore â sa mémoire, lorsque l'on i» l^ mil une grande lettreconlre-signée Ubrun.

Ml!' me dis-je avec un soupir, qui sait aUendreiai souvent la fin de ses tribulations. J'ouvris celte lellK, it j'y lus ;

< J'ai reçu, citoyen, la lettre que tous m'avei «lilf de la Haye ', et je n'ai différé d'y répondre que piM que je me suis procuré de nouveaux renseignemnËt sur la carçaison des fusils arrêtés par ordre de l'amiraMt à Tervère. Sansentrer dans aucun détail sur Uspécalilion quevousaveifaile, ni sur son objet, je vjistMi instruire torit simpiemenl de ce qui m'est reveou « la qualité de ces armes. Elles ont d'abord servi aiiicwp! francs & l'époque de la dernière révolution tenl« pr les patriotes liollandais.ensuite vendues aux Belges, lini en ont aussi fait usage dans le temps de leur révolulim: elles ont enfin été achetées par des négocianti hti\«tdais, de qui vous les tenez.

( Je conviens qu'un cautionnement de cintpuW mille florins, demandé pour lever rembai^omisswdt vieux fusils, vous dégagerait sans doute d'un embun bien grand, de savoir où les placer. Je conviens qwh traité passé enire vous et l'cx-minislre Ljijird «i W avantageux ; mais soyez de bonne foi, citoyen, et coa» nez à votre tour que nous serions bien dupes d'ippn»ver un pareil traité, et d'y donner notre adhésion. Sos mes et nos principes ne s'accordent point arec cfoi* nos prédécesseurs. Ils ont eu l'air de vouloir ce qu* ne voulaient pas; el nous, bon» ftatriolet, bons titoyens, désirant sincèrement faire le bien el le vouIibInous remplissons les devoirs de notn' place avec aulMl déloyauté, de probité, que de francliis*"*.

• Ûepuis quelque temps je ne me mêle plus daib'Ld'arnies. Ces opérations mercantiks ne s'accorJwl guère avec le genre de travail el de connaissuK* qu'i'xige mou déparlement. Dans un moment prew"!' où il fallait de joute nécessité des fusils, on s'est j-" avidement sur tout ce que l'on a trouvé, Aclu^ menl que les mêmes besoins n'existent plus, le mii''^ Ire de la guerre s'attache principalement â la boulttJf^ fusils el au prix modéré. Ce n'est donc plus mon slî*r'. el j'.ii cessé de m'en occuper, lîetournez-vous du <A^ du citoyen Pacht. el adressez-lui vos réclanwti«i?: c'est il lui à prononcer, el à vous dire si elles sont joutes et fondées.

. Quant à mol, je ne suis plus en mesure ni en ["»■ lion de rien faire et décider sur un objet, comme ni* savez, hors du ressort de mon déparlement.

* Le ministre des alfaires étrangères.

» p. S. J'ai envoyé copie de votre lettre au minis"*

il quatre, l'insère dans \e le

MEMOIRES

5il

de la guerre; je recevrai incessamment sa réponse, dont je vous ferai parvenir la copie. •

Ah! grand Dieu! m'écriai-je après ma Reclure achevée, vit-on jamais rien de semblable? Et c'était pour finir ain>i que l'on niVnvoyait en Hollande! 6 détestable perfidie !

Dans le premier mouvement de mon indignation j'a- Viiis lutté, partiia colère^ contre l'ironie du ministre. J'opposais à l'hypocrisie de son fatal palriolisme «<;«&««- 9^ê requêtes ci ses perfides lettres à Vempereur Joseph contre la liberté brabançonne en 1787 et 1788, et je mettais le (jazetier à jour. Mes amis n'ayant pas souffert que ce premier élan trop amer m'échappât, je pris le pénible parti de raisonner avec qui m'insultait, (jaand mes sens furent apaisés, je lui écrivis ce qui suit.

Ali l je prie mes lecleurs d'en dévorer l'ennui. C'est le secret de cette comédie terrible !

« La Uaye, ce 16 novembre 179i.

« CiTOVEN MINISTRE,

« En réponse à l'unique lettre que j'aie jamais reçue de vous, en date du 9 novembre, je vous préviens que les diflicultés qui clouaient à Tervère les fusils de Hollande sont levées, grâce à Dumouriez, à l'instant où rintrigue de la bureaucratie française en fait renaître de nouvelles, pour les y river si elle peut.

c Vous êtes un homme trop honnête pour avoir lu, en la signant, la perfide ironie que l'on m'envoie en Toire nom.

fl Vous auriezréfléchi qu'il ne s'agit ici (ïaucunembarras de ma part de vendre ces armes à personne, puisque depuis huit mois mon premier traité les attaclie à la France ; que depuis quatre mois le second traité vous démontre que deux ministres et trois comités réu' nis ont refusé de les en détacher, lorsque las des repoussoii's de nos ministres patriotes, je demandais trèsnet qu on me permit d'EN Disposen, pouvant le faire alors avec un grand avantage, s'il était vrai que la France H en voulût plus.

« Vous auriez réfléchi que, ne pouvant être à la fois propriétaire et dépouillé par lacté du \S juillet, je n'ai plus d'autre soin que de livrer ces armes; que, dans la position contraire j'en serais maintenant d'autant moins empêtré, que votre élu Constantini m'en a fait offrir de nouveau par M. de Maulde les sept florins huit sous que ses grands associés me proposaient à I'Ab- BAYE, avec promesse de m'en tirer si j'accédais à ce marché.

• Vous auriez réfléchi encore, vous qui conni^issez tant l'affaire comme commis, comme ministre, que loin d'avoir jamais donné ces armes à personne pour neures, je n'ai cessé de dire et d'écrire à vous et à tous vos collè^'ues qu elles venaient des Brabançons. Ce cautionnement cxi4jc par Vempereur, du Hollandais ^t/e je dois en couvrir, n'est-il donc pas la preuve matérielle d'un fait qui vous battit les oreUlcs cent fois? Vos commis vous ropeclent peu, de vous faire dire dans cette lettre (jue vous apprenez à Vinstant ce que vous savez

bien que vous savez depuis six mois ! (Je vous nommerai celui que vous devez gronder).

« Vous auriez réfléchi en outre que si ces armes efissent été neuves, je n'aurais pu vous les laisser au prix de huit florins banco, ou de quatorze schellings en or, ou de dix-sept francs en écus, ou de trente livres en assignats (c'est tout un), quand vous aviez la bonhomie (que vous avez encore, messieurs) d'acheter pour trente schellings en or, à Lomlres, qui font trente-six livres en écus et plus de soixante livres en assignats, des fusils neufs très-médiocres; lorsque, dans la même ville, vous avez depuis acheté de vingt jusqu'à vingt-cinq livres schellings en or, ou trente livres en écus, ou plus de cinquante en assignats, de vieux fusils qui presque tous avaient servi de lest dans les vaisseaux allant aux Indes, dont on était forcé, pour parvenir à vous les vendre, de détremper toutes les platines pour pouvoir dévorer la rouille, n'y retrempant que la batterie!

a Vous les recevez néanmoins sans vous plaindre du haut prix ni de la basse qualité, parce que ce sont, nous dit-on, vos affiliés qui les fournissent (oui, mais per partachir, comme dit le Ragusain), ce qui est un peu loin du prix modéré de mes armes vendues à huit florins, ou quatorze schellings en or, ou dix^sept francs écus de France, ou trente livres en assignats; mes armes, dans lesquelles il se trouve une forte partie de neuves, que vous n'auriez pas aujourd'hui pour six couronnes à Liège, ou trente-six livres en écus, ou soixante livres en assignats; mes armes, que je soumettais au triage, les ayant achetées en bloc !

« Vous auriez enfin réfléchi qu'wn cautionnement commercial de cinquante mille florins n'estpoint un déboursé de cette somme ; etque tout se réduit en rapportant V acquit à caution déchargé , à une commission de banque, qui ne va pas à deux mille francs, comme je vous l'ai dit vingt fois, tant chez vous qu' 2l\i conseil des ministres: mais l'ignorance et la malignité marchent de pair autour de vous, monsieur; c'est le malheur des mauvais choix !

< Notez, ministre trompé, que ceux qui vous écrivent ou qui vous donnent ceshelles notions sur mes armes ne Il s ont jamais, jamais vues, car elles sont encaissées depuis près d'une année.

« Notez que ces donneurs d'avis ont fait près de moi l'impossible pour me les arracher en bloc, tant à Paris que depuis à la Haye, à un florin de moins, que vous ne les payez,

« Notez que je vous V écrivis le 19 août à Paris; que mon refus de les céder me fit emprisonner, trois jours après, à l'Abbaye, où, sous vos bons auspices, ils vinrent renouveler leurs ofires, où je manquai enfin d'élre égorgé : ce que la société \oulait.

u Notez encore, ô ministre trompé, que ces acheteurs EXCLUSIFS (privilégiés par vous) de toutes fournitures hollandaises, et que vous gorgez d'assignats (comme l'on fait pour ses amis), ne peuvent pas m'offrir sept florins huit sous, sans les frais, aupremicrmot qui leur échappe, s'ils ne sont pas certains de les vendre dix, onze ou

MEMOIRES

douze florins à la nation, par rentrcmise bénévole de nos minisires patrioies; surlout s'ils donnent, comme ils disent, vingt-cinq pour cent de toutes leurs fournitures au protecteur du privilège, sans tous les inléivis qu'on réserve aux amis (per pnrtachir, bien entendu) !

« Voire secrétaire vous fait dire, dans la lettre quejo commente, que depuis ipielque temps vous ne vous tticlez plus d'achats d'armes. Ah ! plût au ciel, pour la nation, que vous ne vous en fussiez jamais môle ! 3Iais tàtez-vous sérieusement, j'ai peur qu'on ne vous trompe encore ; témoin Velu Constantini, qui en achète par vos ordres,

a II vous fait dire aussi que vos prédécesseurs, en traitant avec moi, feignaient tous de vouloir ce qu ils ne voulaient pas. (C'est sans doute servir la patrie que vous entendez par ces mots.) 5lais il oublie que vos prédécesseurs Lajardj Chambonas et de Graves eurent la modeslie que vous n'avez pas eue, de consulter les comités de rassemblée nationole ; qu'aucun d'eux n'a rien fait sans leur avis préalable ; d'où il résulte, selon vous, quoiqu'on n'ose pas vous le faire dire, que tous ces comités étaient leurs complices elles mieyis; tandis que vous, iwinistre soi-disant patriote, m'avez tout refusé pour le service de la patrie, quand jepartis pour la Hollande, malgré T avis des comités, quoiqu'ils l'exigeassent de vous, au nom de l'Assemblée, et que vous le leur promissiez !

« Ministre, il est bien clair que vous n'êtes en ceci ni mon complice ni le leur. Personne ne vous en accuse. Si vous aviez besoin d'un joli témoin sur ce lait, l'ami Constantini pourrait très-bien vous en servir.

«Je finis. — Si, au lieu d'apprendre ces choses ou de vos commis ou de moi, par hasard, ministre trompé, vous en étiez instruit d'avance, je nie verrais réduit à supputer que vous aviez bien envie de ces armes, poui vu que Velu les fournit, et non moi; que comme il est certain qu'il ne les obtiendra jamais, cette brutalité fjauloise, bien annoncée par lui à ses amis, peut avoir lait chiin^er les anciennes mesures en de nouvelles plus sévères, quon ne m'annonce encore que vaguement! Alors je serais bien tenté de vous écrire, en Unissant ma lettre avec respect, que je suis en grande surprise de votre conduite imjioliticjue.

« CiTuvLN MixisTiŒ trouipé... dous VOS vues,

« Votre, etc.

Signé: Caron Bealmalcuais.

« A Dieu ne plaise que je le pense ! Mais puisque vous avez, dites-vous, coinunmicjué la lettre au nouveau ministre Pache, connniiniquez-lui la réponse : c'est un commencement d'instruction dont il vous saura très-bon gré. »

Quand ma lettre fut à la poste, je me sentis bien soulagé : ma foi ! pour celle-ci, elle partit a son adresse, craignant pour mon chef de bureaux qu'on ne lui fil un mauvais tour si je l'en rendais le porteur. Attcnclons, dis-je, maintenant les avis que Ion me promet. Voyons surtout ce que dira notre nouveau ministre Pachc.

Je m'en allai à Rotterdam faire dresser les actes que

je voulais avoir du négociant Osy, premier vendeur, il parut élonné de ce genre de précaution. Je Fassuni qœ ma position l'exigeait. Cela le rendit tâtouneur. Je m'apercevais bien qu'il servait son pays ; mais qu'avsds-jeâ lui dire, moi qui servais le mien?

Enfin nous terminâmes tout, moyennant les qoaUe actes notariés que Ton peut voir. Le premier, par leqid il me reconnaît légalement propriétaire des ftaih, moyennant toutes les sommes à lui payées par m i, dont la quittance finale est de la modique somme de mille vingt-six florins deux sous huit deniers puv solde ;

Le second, par lequel je m* engage de ne point fcàn sortir les armes de Tervère, sans lui avoir fourni leeaëtionnement de cinquante mille florins tf Allemagne;

Le troisième, par lequel je m'engage à luirtmbouner tous les frais de magasinage et autres qui ne sont pas compris dans le payement des armes, et doivent en tire arbitrés ;

Le quatrième, enfin, par lequel je promets de neli point poursuivre personnellement pour les obstacles ^ iniques que LL. Uil. PP. ont ms a L*EXTRADmt>5 de if>

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