A M. LE DUC D'ORLÉANS
Monseigneur.
La maladie de Préville, qui retarde encore de huit jours la représentation d'Eugénie , nouveau drame en cinq actes, me donne la possibilité de faire à Votre Altesse l'honimagc d'une leclure, si elle en est tant soit peu curieuse. Je sais, Monseigneur, qu'on vous a dit assez de mal de Fauteur et de l'ouvrage. Le premier est un objet trop peu important pour que
j'aie l'indiscrétion d'en entretenir Votre Altesse; je me borne à désirer de lui donner des notions pluscertaiDe^ sur le second, contre lequel beaucoup de gens sont déchaînés, quoique peu de personnes le connaissent. Voos serez moins étonné, Monseigneur, de ma hardiesse à vous prier d'être mon juge d'avance, lorsque que toqs saurez que la pièce court le danger de ne pouvoir être entendue au théâtre, et qu'il y a cinquante louis de di>. tribués à cinquante étourneaux pour aller au partene assiu'er sa chute sans l'écouter le jour de la première représentation. M. le duc de Noailles me dit là-desof hier : « Tant mieux, c'est qu'ils en pensent du bien.i Mais moi, qui tremble, je fais conmie les malbetireiix qu'on persécute injustement sur la terre. Je lère les mains aux ciel et je cherche justice et protection parmi les dieux... Peut-être tirerai-je un double avantage de ma démarche : c'est que le drame qui m'a servi de déclassement au milieu d'occupations plus sérieuses, et qui doit faire plus d'honneur à la sensibilité de moncoev qu'à la force de mon esprit, ramènera .Votre Altesse i prendre de moi une meilleure opinion que celle qu'a a voulu lui donner, et la portera à recevoir avec htài les assurances du profond respect avec lequel je sois de Votre Altesse, etc....
BEAinuKaïAis.