INTENDANT DES MENUS
lui envoyant un eiemplaire du Barbier de Sévillê et des
Deux Amin.
Paris, ce 2 août 1779.
Monsieur, *
ai reçu la lettre dont tous m*avez honoré, en date t9 juillet, par laquelle vous m'invitez, comme audramatique, à concourir de mes faibles ouvrages formation de la bibliothèque des Menus-Plaisirs. Thonneur de vous envoyer un exemplaire des Deux I et un du Barbier de Séville, en attendant que la rdle édition qu'on fait d'Eugénie, mon troisième 'âge, me permette de le joindre aux deux autres. Je loate pas que chaque auteur ne soit dans les mêmes ositions; et c'est ce dont je m'assurerai plus positientà la prochaine assemblé^ que je vais convoquer. t, monsieur, j'aurai l'honneur de vous coramuni- : le vœu général, en ma qualité de commissaire de Uérature. Il eût été bien à désirer que MM. les genommes de la chambre, accueillant plus sérieuse- 1 les travaux que Tordre des auteurs avait faits cord avec eux pour le nouveau règlement si nécesi au théâtre, eussent daigné s'occuper, comme ils lent promis, du plus noble objet de leur départet. Vous savez, monsieur, si je les en ai invités, ment je les ai pressés, et comment, avec cet art de »ur qui Tait tout éluder en promettant sans cesse, I rendu depuis deux ans nos justes réclamations et des moqueries de la comédie. Outré d'une pareille luite, je viens de prier M. le maréchal de Duras de oir bien me rendre la parole que je lui donnai, il y ux ans et demi, de me réunir à ses vues, qu'il apit concHialrice$. Comme elles n'ont eu aucun succès, je je suis sans espoir à cet égard, je vais reprendre lie juridique, que j'avais abandonnée à sa prière. mt que la Comédie, monsieur, sera gouvernée sur «incipes actuels, il est bien sûr qu'il n'y aura ni acs, ni auteurs ; et je me flatte de prouver avant peu, ( UD ouvrage sérieux, que l'art du théâtre est prêt ïi
retomber dans la barbarie en France, et qu'il est impossible que cela n'arrive point. MM. les gentilshommes de la chambre, ou sont trop grands seigneurs pour donner à ce premier des arts une attention dont ils ne le croient pas digne, ou, s'ils s'en occupent, c'est pour l'envisager sous un point de vue absolument opposé \ ses progrés, sous un point de vue destructeur de toute émulation; c'est pour contribuer eux-mêmes à sa dégradation par leur négligence : d'où il résulte qu*au lieu d*être les nobles chefs de la littérature dramatique de FEurope entière, comme ils le pourraient, ils sont à peine aujourd'hui regardés ou comme les sultans d'un grand sérail ou comme les magistrats d'un foyer indocile, et le tribunal indolent des misérables tracasseries d'acteurs qu'ils ne peuvent pas même arranger. En vérité, cela fait gémir tous ceux qui aiment véritablement le théâtre. Un cri général est prêt à s'élever; et moi, qui vois la fermentation de plus près que personne, je me retire, en me contentant de mettre l'avocat dès pauvres à la suite rigoureuse de mes droits d'auteur, que je leur donne. Tous m'obligerez iiiGniment, monsieur, d'engager M. le maréchal de Duras à m'honorer d'un mot de réponse. Je me suis présenté plusieurs fois à sa porte; mais, depuis longtemps, il n'est plus chez lui pour les commissaires des auteurs dramatiques.
J'ai l'honneur d'être, avec tous les sentiments que votre lettre m'inspire.
Monsieur,
Votre très-humble, etc.