AU MINISTRE DE LA MARINE
Paris, ce 7 seplembre 1779.
Mo.NSlEOR,
Je VOUS rends grâce de m avoir fait passer la lettre de M. le comte d'Estaing. Il est bien noble à lui, dans le moment de son triomphe, d'avoir pensé qu'un mot de sa main me serait très-agréable. Je prends la liberté de vous envoyer copie de sa courte lettre, dont je m'honore comme bon Français que je suis, et dont je me réjouis comme l'amant passionné de ma patrie contre cette orgueilleuse Angleterre.
Le brave Montant * a cm ne pouvoir mieux faire, pour me prouver qu'il n'était pas indigne du poste dont on l'honorait, que de se faire tuer : quoi qu'il puisse en résulter pour mes affaires, mon pauvre ami Montant est mort au lit d'honneur, et je ressens une joie d'enfant d'être certain que ces Anglais, qui m'ont tant déchiré dans leurs papiers depuis quatre ans, y liront qu'un de mes vaisseaux a contribué à leur enlever la plus fertile de leurs possessions.
Et le3 ennemis de M. d'Estaing, et surtout les
* Capitaine du Fier hodrigue*
LETTRES
TÔtres, monsieur, je les vois ronger leurs ongles, et mon cœur saute de plaisir !
Vous connaissez mon tendre et respectueux dévouement.
Beaumarchais.