A LA COMTESSE D'ALBANY
Paris, ce 5 fémer tTSH.
Madaxe la coxtesse,
Puisque vous voulez entendre absolument mon trèssévère ouvrage*, je ne puis pas m'y opposer; mrus faites une observation avec moi : quand je veux rire, c'est aux éclats ; s'il faut pleurer, c'est aux sanglots. Je n'y connais de milieu que l'ennui.
Admettez donc qui vous voudrez à la lecture de mardi, mais écartez les cœurs usés, les âmes desséchées qui prennent en pitié ces douleurs que nous trouvons si délicieuses. Ces gens-là ne sont bons qu'à parler révolution. Avez quelques femmes sensibles, deshoraroes pour qui le cour n'est pas ime chimère, el puis pleurons à plein canal. Je vous promets ce douloureui plaisir el suis avec respect, madame la comtesse, etc.,
Beacmarcrais.
' La Mère coupable.
LETTRES
AUX OFFIQERS MUNICIPAUX.
Au Manis, ce S8 juin 1791.
Messisubs,
Les citoyens de la VieilIe-Rue-du-Temple el de plusieurs rues voisines se réunissent pour vous faire observer que Téloignement de l'église de Saint-Gervais et Saint-Protais, leur paroisse, le peu de messes qu'on y dit, mettent presque tous ceux qui gardent les maisons, pendant que les autres remplissent un des grands deroirs du chrétien, dans la nécessité d*y manquer fort soavent eux-mêmes. Les femmes, les jeunes personnes, foules les âmes pieuses et sensibles pour qui les actes de religion sont un aliment doux, utile et même nécessaire, d'accord avec leur digne curé, se joignent à tous nos citoyens pour vous supplier d'ordonner que la chapelle intérieure des hospilaliéres de Saint-Gervais leur soit ouverte à l'heure du sacrifice, comme vous l'avez accordé aux citoyens des rues Saint-Denis et des Lombards, en leur faisant ouvrir celle des hospitalières de Sainte- Catherine. Notre digne curé se propose même, messieurs, d'augmenter le nombre des messes nécessaires à ce grand quartier, en en faisant célébrer une dans l'église des Blancs-Manteaux.
El moi qu'ils ont chargé de rédiger cette demande, quoique le moins dévot de tous, moi qui sens que cette faveur est devenue indispensable, tant pour la régularité des devoirs à remplir que pour faire cesser les propos indécents des ennemis de la patrie qui répandent partout que le civisme est un prétexte pour détruire la religion, je me joins à ma femme, à ma fille, à mes sœurs, à mes concitoyens, à toutes leurs familles, pour obtenir de vous que tant de bons chrétiens qui demandent des messes en aient au moins leur sufQsance. Nous recevrons cette justice comme une grâce signalée, laquelle honorera votre catholicisme autant que cette pétition honore le leur et le mien.
Caron-Bsauiurchais.