SCÈNE IV
MÉLAC FILS, seul.
Mon cœur la suit... Ah! Pauline... Je plaisante avec elle... je dispute. . je l'obstiné... Sans ce détour, je n'oserais jamais... Si mon père m'eût obtenu celle survivance, mon état une fois fait... « Je le veux absolument, dit-elle, obéissez!... » J'aime à la voir prendre ainsi possession de moi sans qu'elle s'en doute.' (il va fermer le clavecin.) Oui; mais elle a beau dire, je ne jouerai point la musique de son Saint-Alban... Que je le
hais avec son esprit, sa richesse, et son air affectueux ! Il avait bien affaire de rester trois semaines ici, ce beau fermier général! On l'envoie en tournée ..
MÉLAC FILS, MÉLAC père.
MKLAG PÈRE, jouaut l'étonnc.
Tout seul, mon fils! il me semblait avoir entendu de la musique.
MéLAG FILS.
C'était Pauhne, mon père; elle est allée s*habiller.
MÉLAG P&RE.
Mais vous, Mélac, vous n'êtes pas décemment : ces cheveux...
MÉLAG FILS.
Elle était en peignoir elle-même.
MÉLAG PÈRE.
Cette aimable confiance de l'innocence n'autorise point à lui manquer.
MÉLAG FILS.
Moi, lui manquer, mou père !
MÉLAG PÈRE.
Oui, mon fils, c'est lui manquer que de vous montrer à ses yeux dans ce désordre. Parce qu'elle ignore le danger, ou vous estime assez pour n'en point craindre avec vous, est-ce une raison d oubher ce que vous devez à son sexe, à son âge, à son élat?
MÉLAC FILS
Je ne vais point chez elle ainsi. Ce salon nous est commun, nous y avons toujours étudié le malin... Quand on demeure ensemble... Mais, mon père, jusqu'à présent vous ne m'avez rien dit... Est-ce monsieur Aurellyqui fait cette remarque?
MÉLAG PÈRE.
Son oncle? Non, mon ami. Aussi simple qu'honnête, Aurelly ne suppose jamais le mal oiî il ne le voit pas ; mais, tout occupé de son commerce, il s'est reposé sur moi des mœurs et de l'éducation de sa nièce, et je dois la garantir par mes soins...
MÉLAG HLS.
La garantir !
MÉLAG PÈRE.
Elle n'est plus un enfant, mon fils ; et ces familiarités d'autrefois...
MÉLAG FILS, un peu déconcerté.
J'espère ne jamais m'oublier devant elle, et lui montrer toujours autant de respect que je renferme d'attachement.
MÉLAG PÈRE.
Pourquoi le renfermer, s'il n'est que raisonnable? Riez avec elle, dans la société, devant moi, devant son oncle, très-bien : mais c'est lorsque vous la trouvez seule, mon fils, qu'il faut la respecter. La première punition de celui qui manque à la décence est d'eu perdre bientôt le goût ; une faute en amène une autre, elles s'accumulent; le cœur se déprave; on ne sent