‹ Œuvres complètes de Beaumarchais, précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 185 sur 356 · II · texte numérisé non relu

II

îi6o LA MÈRE COUPABLE.

grand chagrin est de manquer de preuves. Tant que mon pauvreBIs vécut , j'y mettais fort peu d'importance. Héritier de mon nom, de mes places, de ma fortune.... que me faisait cet autre individu! Mon froid dédain, un nom de terre , une croix de Malte ^ une pension , m'auraient vengé de sa mère et de lui ! Mais conçois-tu mon désespoir, en perdant un fils adoré, de voir un étranger succéder à ce rang, à ces titres, et , pour irriter ma douleur , venir tous les jours nie donner le nom odieux de son père ?

BÉGEARSS

Monsieur^ je crains de vous aigrir en cherchant à vous apaiser ; mais la vertu de votre épouse....

L£ COMTE avec colère.

Ah ! ce n'est qu'un crime de plus. Couvrir d'une vie exemplaire un affront tel que celui - là ! Commander vingt ans, par ses mœurs et la piété la plus sévère, l'estime et le respect du monde; et verser sur moi seul, par cette conduite affectée , tous les torts qu'entraîne après soi ma prétendue bizarrerie!... Ma haine pour eux s'en augmente. ^

Que vouliez-vous donc qu'elle fît ? Même en la supposant coupable, est-il au monde quelque faute qu'un repentir de vingt années ne doive effacer à la fin ? Fûtesvous sans reproche vous-même ? Et cette jeune Florestine , que vous nommez votre pupille , et qui vous touche de plus près?...

* LE COMTE.'

Qu'elle assure donc ma vengeance ! Je dénaturerai mes biens , et les lui ferai tous passer. Déjà trois millions

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