‹ Œuvres complètes de Beaumarchais, précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 217 sur 356 · SCÈNE XXII · texte numérisé non relu

SCÈNE XXII

LE COMTE, BÉGEARSS, nCARO.

LE COMTE à Bégearsa à part

Mon ami, Buissons c^ que nous avons cpmmencé. (A Figaro.) Yous , monsieur Tétourdi , avec vos belles conjectures y donnez-moi les trois millions d'or que vqus m'avez vous-même apportés de Cadix en soixante effets au porteur. Je vous avais chargé de les numéroter.

Je l'ai fait.

LE COMTE

B.emettez-m'en le porte-feuille.

FIGARO

De quoi ? de ces trois millions d'or ? '

LE COMTE

Sans doute. Eh bien! qui vous arrête?

FIGARO humblement

Moi , monsieur ?.^ Je ne les ai plus ?, •

lîlÉpEARSS.

Comment ! vous ne les avez plus ?

FIGARO fièrement.

Non, monsieur.

BÉG£ARSS vivement.

Qu'en avez-vous fait ?

FIGARO

Lorsque mon maître m'interroge , je lui dois compte de mes actions ; mais à vous, je ne voua dois rien.

LE COMTE en c<^re.

Insolent! qu'en avez-you3 fait?

FIGARO froidement.

Je les ai portés en dépôt chez monsieur Fal , votre notaire. ''

BÉGEARSS

Mais de Favis de qui ?

FIGARO fièrement.

Lki mien ; et j'avoue que j'en suis toujours.

BEGEARSS

Je vais gager qu'il n'en est ri«i.

FIGARO

Comme j'ai sa reconnaissance , vous courez risque de perdre la gageure.

BÉGEARSS

Ou s'il les a reçus ^ c'est pour agioter. Ces gens-là partagent ensemble.

FIGARO

Vous pourriez un peu mieux parler d'un homme qui vous a obligé.

BÉGEARSS

Je ne lui doi^ rien.

FIGARO

Je le crois ;. quand on a héinlé de quarante mille Houblons de huit...

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