ACTE I, SCÈNE IX; 6<j
N'est-ce pas pour vous aussi cette romance dont il fait mystère?
SUSANIÎE en colère.
Ah ! oui ; pour moi !
BASILE
A moînsqu'il ne l'ait composée pour madame : en effet , quand il sert à table on dit qu'il la regarde avec de&^yeux!... maîs*^ peste! qu'il ne s'y joue pas; monseir gneur est brutal sur l'article.
SUSAiriTE outrée.
Et vous bien scélérat d'aller semant de pareils bruits pour perdre un malheureux enfant tombé dans la disgrâce de son maître.
BASILEi
L'ai-je inventé? Je le dis, parce que toutr le mon^e en parle.
LE COMTE se lève.
Gomment tout le monde en parle!
SUSANXTE.
Ah ! ciel]
BASILE
Ha ha!
LE COifTE.
Courez 9 Basile ) et qu'on le chasse.
BASILE
Ah ! que je suis fâché d'être entré !
SUSANins troublée.
Mon dieu! mon dieu!
LE COMTE à B^Ie.
J^le est saisie. Asseyons-la dans ce fauteuiL
Cliét'ubui dans le.
fauteuil.
Le comte.
Sosanae.
Basile.
70 L£ MABIAGE DE nGARO.
SUSAH ins le repoiuie vvvaDeat.
Je ne veux pas mWeoir. Entrer ainsi librement , c'est indigne!
LE COMTE
Nous sommes deux avec toi , ma chère. H n'y a plus le moindre danger!
BASItS.
Moi je suis désolé de m'étre égayé sur le page , puis-» que vous l'entendiez ; je n'en usais ainsi que pour péné* trer ses sentimens; car au fond...,
LE COMTE
Gnquante pistoles^ un cheval, et qu'on le renvoie k ses parens.
BASILE
Monseigneur y pour un badinage?
LE COMTE
Un petit libertin que j'ai surpris encore hier avec la fille du jardinier.
BASILE
Avec Fanchette?
LE COMTE
Et dans sa chambre.
SUSANNE outrée.
OÙ monseigneur avait sans doute affaire aussi ?
LE COMTE gaiement.
J'en aime assez la remarque.
BASILE
Elle est d'un bon augure.
LE COMTE gaiement.
Mais non; j'allais chercher ton oncle Antonio, mon ivrogne de jardinier , pour lui donner des ordres. Jo