ACTE IV, SCÈNE XIII
plus loin! Puis, vous le chassez de chez vous, et semblez lui fermer la maison p.... par vous habitée! Permettez-moi de vous le dire, un traitement aussi étrange est sans excuse aux yeux de la raison. Qu'a-t-il fait pour le mériter?
LE COMTE s'arrête. D*im ton terrible.
Ce qu'il a fait !
Là COMTESSE effrayée.
Je voudrais bien, monsieur, ne pas vous offenser.
LE COMTE plas fort.
Ce qu'il a fait , madame 1 Et c'est vous qui le demandez !
LA COMTESSE en désordre.
Mpnsieur, moAsieur 1 vous m^effrayez beaucoup !
L]> COMTE avec liireur.
Puisque vous avez provoqué l'explosion du ressentiment qu'un respect humain enchaînait, vous entendrez son arrêt et le votre.
LL COMTESSE plus troublée.
Ah! monsieur! Ah! monsieur!...
LE COMTE
Vous demandez ce qu'il a fait !
LA. COMTESSE levant les bras.
Non, monsieur, ne me dites viea I
LE COMITE hors de lui.
Rappelez* vous , fenune perfide, ce que vous avez fait vous-même ! et comment, recevant un adultère dans vos bras, vous avez mis dans ma maison cet enfant étranger, que vous osez nommer mon fils.
LA. COMTESSE au désespoir veut se lever.
Laissez-moi m'enfuir, je vous prie.
33a LA MÈftE COUPABLE.
L£ GOUTTE la clouant sur sou fauteuil.
Non , vous ne fuii^ez pas; vous n'échapperez point à la conviction qui vous presse. (Lui moutrantsa lettre.) Con* naissez-vous cette écriture? Elle est tracée de votre main coupable! et ces caractères sanglans qui lui servent 4e réponse....
L4 COMTESSE anéautie.
Je vais mourir ! je vais mourir !
LE COMTE avec force.
Non, non; vous entendrez les traits que j'en ai sou* lignés! (Xi Ht avec égarement.) « Malheureux insensé! notre « sort est rempli, votre crime, le mien reçoit sa puni- « tion. Aujourd'hui, jour de Sainte Léon ^ patron de ce « lieu et le vôtre, je viens de mettre au monde un (ils, « mon opprobre et mon désespoir.... » (il parle.) Et cet enfant est né le jour de Saint' Léon, plus de dix mois après mon départ pour la f^era^Crux!
(Pendant qu*il lit très-fort, on entend la comtesse égarée dire des mots coupés qui partent du délire.)
LA COMTESSE priant les mains jointes.
Grand Dieu ! tu ne permets donc pas que le crime le plus caché demeure toujours impuni !
LE COMTE
Et de la main du corrupteur, (il lit.) « L'ami qui:
« vous rendra ceci quand je ne serai plus est sûr. »
LA COMTESSE priant.
Frappe ! mon Dieu ! car je l'ai mérité !
LE COMTE Ut
(( Si la mort d'un infortuné vous inspirait un reste de « pitié, parmi les noms qu'on va donner à ce fils, hé- « ritier d'un autre.... \»