‹ Œuvres complètes de Beaumarchais, précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 322 sur 356 · ACTE in, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE in, SCENE V

Soudain a fait sonner l'alarme :

J'avais ce poignard pour toute arme.

Deux cents rameurs partent du même Heu : On m'enveloppe, on se croise, on rappelle :

J'étais pris !... D'un graiid coup d'ëpieu,

Je m'abîme avec ma nacelle,

Et me frayant sous les vaisseaux

Une route nouvelle et sûre,

J'arrive à terre entre les eaux , ,

Dérobé par là nuit obscure.

J'entends la cloche du befiroi.

L'appel bruyant de la trompette,

Que le fond du golfe répète ,

Augmente le trouble et l'effroi.

On court , on crie aux sentinelles :

Arrête ! arrête ! On fond sur moi :

Mais, s'ils couraient, j'avais des ailes.

J'atteins le mur comme un éclair.

On cherche au pied ; j'étais dans l'air.

Sur l'échelle souple et tendue

Que ton zèle avait suspendue.

Je suis sauvé, grâce à ton cœur :

Et pour payer tant de faveur,

O douleur! ô crime exécrable!

Trompé par une aveugle erreur,

J'allais, d'une main misérable.

Assassiner mon bienfaiteur !

Pardonne, ami, ce crime involontaire.

CALPIGI.

O mon héros ! que me dois-tu ?

Sans force, hélas! sans caractère,

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