‹ Œuvres complètes de Benvenuto CelliniChapitre 134 sur 285 · LIVRE SlMKilK. m · texte numérisé non relu

LIVRE SlMKilK. m

que je me recommande et que je confie le soin de ma défense. Je cherche d'abord à m1 aider à moi-même de tout mon pouvoir; mais, si mon courage et mes faibles forces ' me trahissent, aussitôt se manifeste a moi celle suprême puissance de Dieu, qui frappe à F improviste ceux qui commettent des injustices et ceux qui remplissent mal les hautes fonctions qu'il leur a confiées.

Je retournai à mon hôtellerie, où le duc m'avait envoyé quantité de mets et de vins délicats. Je mangeai gaiement, puis je montai h cheval et je me dirigeai vers Florence. — J'y trouvai ma sœur, chargée de six filles, dont l'aînée était en âge d'être mariée, et la plus jeune encore au maillot. Son mari , par suite de divers accidents , ne travaillait plus. J'apportais avec moi pour mille écus environ de pierreries et de bijoux français en or; et, plus d'une année auparavant, j'en avais envoyé pour plus de deux mille ducats à ma sœur et à mon beau-frère , qui , sans compter quatre écus d'or que je leur donnais régulièrement chaque mois , retiraient tous les jours de la vente de mes joyaux de bons profits, à titre de commission. Cela cependant ne suffisait pas à leurs besoins, mais mon beau-frère était un si brave homme, que, dans la crainte de me fâcher et pour ne point toucher à l'argent qui m'appartenait, il avait mis en gage presque tout ce qu'il possédait, et se laissait dévorer par les intérêts. En voyant combien il était honnête je désirai plus que jamais lui faire du bien, et je résolus d'établir toutes ses filles avant de quitter Florence.

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