LIVRE HUITIKHK. I7S
bon me semblerait de mon modèle, attendu qu'il avait gagné le marbre. Ce messer..... était un des amants de la femme de BartoUmmeo Ammannato, et comme, grâce à sa bonne mine et à sa discrétion, il était le favori /Ammannato lui donnait toutes les commodités imaginables (1). J'en aurais long à conter là-dessus ; mais je ne veux pas imiter son maître Bandinelli, qui, à force de parler, finissait toujours par déraisonner. Qu'il me suffise d'ajouter que je répondis au messager de F Ammannato que je m'étais toujours douté de ce qui arrivait , et qu'il eût à recommander à Bartolommeo de n'épargner aucun effort pour se montrer reconnaissant envers la fortune qui lui avait accordé une faveur si grande et si peu méritée.
Au milieu de tous ces chagrins , je continuai de garder le Ut. J'étais soigné par l'habile médecin maestro Francesco de Montevarchi, lequel s'était adjoint le chirurgien maestro Raffaello de' Pilli, parce que le sublimé m'avait corrodé les intestins de telle façon que je ne pouvais plus retenir mes excréments. Lorsque le poison, qui heureusement n'était pas en assez grande quantité pour vaincre ma robuste constitution, eut fait tous les ravages que l'on devait attendre , maestro Francesco me dit : — a Benvenuto, remercie. Dieu, te voilà sauvé. N'aie aucune crainte, je te guérirai complètement au désespoir des scélérats qui voulaient ta mort » — « Cette cure, s'écria alors maestro Raffaello, sera une des plus belles et des plus difficiles dont il aura jamais été parlé; car, sache-le, Benvenuto, tn as avalé une pilule de sublimé. » — A ces mots, maestro Francesco s'empressa de lui couper la parole en disant : — « Peut-être n'était-ce qu'un insecte venimeux. »
(I) Lee mets imprimés en italique ont été raforés dan» le mannecrit. Le nom dn mee- ■nger de l'Ammannato et le nom de la nie qu'il habitait aont indéchiffrable*. On croit que Cellini a biffé loi-mime ce passage injurient ponr la femme de l'Ammannato, Laura Batttferra, dont le talent poétique a été célébré par tooa le* écrivain* de ton temps.
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114 MÉMOIRE! DC MUVIMOTO CBLLIMI.
•~< Je lai répondis que je savais parfaitement quelle es~ pèee de poison c'était, et qui nie l'avait administre. — Sur ce, personne ne souffla plus mot. — Maestro France**» al maestro Raftaello me soignèrent pendant plus de six mois et je restai plus d'un an sans me rétablir.
MVHI HUITIBI1B. m