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vrent, jusqu'à ce que la plaque soit arrivée à la dimension voulue et possible.
Pour blanchir les morceaux de métal, on emploie la gomme, le sel et l'eau, qui forment le blanchiment ordinaire dont on se sert pour l'argent. On les lave ensuite dans l'eau claire en les frottant légèrement Après cela, il faut les racler, sur un canon de cuivre très-propre et très-lisse, avec un rasoir d'orfèvre parfaitement émoulu. Cette opération exige le plus grand soin , si l'on vent ne point faire d'entailles, ce qui est très-important — Chaque morceau se racle seulement d'un côté. — On le prend ensuite avec un linge blanc et on le brunit, avec un brunissoir bien poli, sur une pierre huilée et soigneusement essuyée. L'opération du brunissage doit se faire dans une chambre où il n'y ah aucune poussière. Puis on emploie la plombagine, dont te servent les fournisseurs, et, quand la feuille est bien brunie, on lui donne sa couleur à l'aide d'un feu tempéré et clair, auquel on présente la partie non brunie, de façon que celle qui est brunie se trouve tournée du coté de 1* ouvrier, qui voit ainsi peu à pen la couleur se montrer. Il est à noter que, suivant que l'on chauffera la feuille plus ou moins, la couleur deviendra plus ou moins forte, ce qui mérite considération ; car il est indispensable à l'orfèvre d'avoir des feuilles chargées de couleurs ft différents degrés, suivant les pierreries qu'il doit monter.
Après avoir parlé autant qu'il nous a semblé nécessaire du rubis, del'émeraude, du saphir et des feuilles que Ton emploie pour monter ces trois pierres précieuses, nous allons nous occuper du diamant —- Nous le plaçons en dernier, non par moindre estime, mais à cause de sa noblesse et des difficultés que l'on rencontre à le monter et a le teindre. — A la vérité, aujourd'hui le rubis a une plus haute valeur que le diamant , mais cela vient uniquement de ce qu'il est plus rare que ce dernier. — Ainsi, le bas
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prix du diamant doit être attribué à la grande quantité que l'on en trouve et non à son manque de beauté.
Nous avons comparé la couleur du diamant à celle de l'eau, mais il faut admettre que cette eau peut participer de la couleur, vertu qui n'appartient point à l'eau ordinaire, doot un des principaux caractères est d'être complètement incolore. — A ce propos, nous noterons que nous avons ru des diamants de toutes les couleurs, et nous en mentionnerons deux, entre autres, d'une merveilleuse beauté.— Le premier ornait la tiare pontificale du temps du pape Clément VII. 11 était d'un incarnat très-pur et très-limpide, el il brillait et resplendissait de telle façon qu'il ressemblait à une étoile, et qu'à côté de lui tout diamant perdait de son éclat. — C'est à Mantoue que je vis l'autre diamant que j'ai cité. Il -était vert, si vert qu'on l'aurait pris pour une émeraude peu colorée, s'il n'eût possédé, comme les antres diamants, eette faculté de briller que l'on ne rencontre point dans les émeraudes : aussi pouvait-on dire que c'élait une émeraude plus belle et plus admirable que toutes les autres émeraudes. — Il nous serait facile de citer beaucoup d'autres diamants, car, nous le répétons, nous en avons vu de toutes couleurs , mais nous nous en tiendrons là.
Maintenant expliquons comment le diamant passe de l'état brut à cette perfection et à cette beauté qu'on lui voit quand il est taillé en table, à facettes et en pointe. — Qu'on sache d'abord qu'un diamant ne peut être taillé seul, c'està-dire qu'il est indispensable d'en préparer deux à la fois, car ces pierres sont d'une dureté si merveilleuse, que rien ne serait capable de les entamer, si l'on n'avait imaginé de les user l'une par l'autre. — On prend donc deux diamants et on les frotte ensemble, jusqu'à ce qu'ils arrivent à la forme qu'on désire. Ce frottement produit une poudre qui sert à les conduire à la dernière perfection.
Pour ce faire, on les fixe dans certains petits carrés de plomb ou d'étain que Ton tient par le manche avec de petites tenailles fabriquées exprès , et à l'aide de la poudre mêlée d'huile on les polit et on les termine sur une roue d'acier. Cette roue, épaisse d'un doigt et large comme une main ouverte, doit être d'acier très-fin à toute trempe et montée sur un moulin où elle puisse tourner avec une rapidité extrême. Après avoir disposé dessus cinq ou six diamants, on charge les tenailles d'un poids assez lourd qui, en pressant les diamants sur la roue, force la poudre à les user. — C'est ainsi qu'on les mène à fin; mais, comme notre intention n'est point d'enseigner minutieusement les procédés de la taille, il nous suffira d'avoir indiqué pour le plaisir du lecteur ces courtes particularités qui ne sont point ici déplacées.
Pour retourner au sujet que nous avons laissé en arrière, c'est-à-dire à la teinte des diamants destinés à être montés en or et aux différences que l'on remarque entre eux à cause de la diversité des couleurs, nous dirons que, quelles ques soient ces variétés de nuances, les diamants n'en ont pas moins de dureté ; — celle-ci se trouve dans tous également, ou à si peu de chose près qu'on ne saurait s'en apercevoir : de sorte qu'on doit tous les traiter de la même manière. — Mais, avant de décrire le mode de faire les teintes, je veux démontrer leur utilité, en racontant ce qui m'est arrivé lorsqu'en des circonstances importantes j'ai eu à monter des diamants de haut prix. — Qu'il me soit permis de faire cette petite digression, qui, du reste, ne nous éloignera pas de notre sujet.
L'empereur Charles-Quint, étant venu à Rome après son expédition contre Tunis, avait donné au pape Paul Farnèse un diamant de douze mille écus, monté dans un simple chaton.— De son côté, le pape, un mois avant l'arrivée de l'empereur, ayant songé & lui offrir un présent cligne de Sa