‹ Œuvres complètes de Benvenuto CelliniChapitre 251 sur 285 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

On bat dextrement l'or que l'on veut affiner et on le divise en morceaux de la dimension d'un écu. — Parfois même on prend tout simplement des écus et on les affine à vingt- quatre carats, en enlevant tout l'alliage sans effacer la frappe. — Mais disons comment il faut opérer : — On délaye dans un peu d'eau du tartre et de la brique pilée, puis on construit un fourneau rond dans les commissures duquel on étend ce lut — On met ensuite dans le fourneau les morceaux d'or ou les écus battus, et on les couvre avec le même lut. — Après cela on leur donne un feu continu pendant vingt- quatre heures, au bout desquelles on les trouve à vingt-quatre carats.

Ici le lecteur notera que je n'entends pas en remontrer aux gens du métier, pas plus que je n'ai eu la prétention d'enseigner aux chimistes à faire de l' eau-forte. — J'ai voulu uniquement mettre les artistes à même de se servir d'un procédé précieux dans les travaux d'orfèvrerie. — En mille occasions , la connaissance de telles choses peut leur être de la plus grande utilité, ainsi que je l'ai expérimenté en exécutant à Paris pour le roi François l,r quelques figurines d'or, hautes d'une brasse et demie. — Au moment on elles étaient près d'être terminées , elles

prirent certaines vapeurs de plomb qui les auraient lait rompre comme du verre , si je ne leur eusse point donné un feu doux, après les avoir revêtues du lut dont j'ai parlé plus haut Cette précaution les sauva du danger qu'elles couraient — Tout bon maître ne doit dédaigner de connaître rien de ce qui intéresse son art.

FIN DU TRAITÉ DE l/ORFÈVRBRIR.

Page 1