‹ Œuvres complètes de Benvenuto CelliniChapitre 252 sur 285 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Du modèle» en tare. — Des ciret. — De la préparation de* terre*. — Quelle eet U meilleure terre? — De* crée* en plâtre. — Dec armature* en fer. — De» éventa. — - De la manière de cadre lea moolw

Pour tout le monde il est évident que la seule protection des princes éclairés fait progresser les arts et fleurir le génie. A l'appui de cette assertion , nous n'avons pas besoin d'aller chercher des exemples dans l'antiquité. Il nous suffit de dire comment plusieurs nobles arts, et particulièrement celui du dessin , s'épanouirent dans le siècle de Cosme de Médicis, dont la plus grande sollicitude fut de soutenir avec une royale libéralité tous les gens qui promettaient du talent. -■* N'est-ce pas de son temps, en effet, que Filippo, fils de Ser Brunellesco, tira des ténèbres la bonne architecture et que Donatello et Lorenzo Ghiberti prouvèrent, par leurs chefs-d'œuvre en marbre et en bronze, que les modernes pouvaient lutter avec les anciens? — A Cosme succéda Laurent, homme de même race et de même valeur, lequel aida et protégea ce merveilleux

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Michel- Ange Buonarroti qui, plus lard, sous le pape Jules II, eut tant d'occasions de déployer son sublime génie. — X1 est-ce pas aussi du temps de Jules II que fleurit l'illustre Bramante ? Le souverain pontife ayant reconnu que Bramante, quoique peintre médiocre, était admirablement doué pojur l'architecture, lui offrit les moyens d'arriver à ce suprême talent qui distingue ses œuvres. — Votons que ce Bramante est véritablement celui qui mit en lumière l'immensité du génie de Michel-Ange , en conseillant noblement à Jules II de l'employer à peindre la chapelle papale.

Mais laissons de côté , malgré leurs titres à être mentionnés, une foule de princes, magnifiques et passionnés protecteurs du talent, parmi lesquels resplendissent, semblables à deux diamants éclatants , le pape Léon X et le roi François I". — Contentons-nous de parler ici, comme se rattachant à notre sujet, du juste et magnanime Gosme de Médicis, prince de Florence et de Sienne, qui, non content de marcher sur les traces de ses ancêtres, les a de beaucoup dépassés en mettant dans sa noble patrie chacun à même de cultiver avec splendeur les arts qui erraient abandonnés, et de conquérir par ses travaux une gloire éternelle. — C'est ainsi que dernièrement ce généreux prince m'a donné la possibilité d'acquérir un renom immortel (en supposant que j'aie bien opéré), lorsque, par son ordre, j'exécutai en bronze la statue de Persée, qui se trouve aujourd'hui devant son royal palais en compagnie des œuvres de trois excellents artistes, Michel- Ange, Donato et Bandineilo. — Cette haute faveur et la signalée protection que Francesco, prince de Florence, et le cardinal Ernando, dignes fils du duc Cosme, ont constamment accordées à tous les gens de mérite , ont été cause que, méprisant le poids des années et mille autres empêchements, j'ai entrepris d'écrire le présent traité.

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