CHAPITRE PREMIER
chape avec une tarière. Cette ficelle s'attachera à un petit morceau de bois hors de la chape.
Quand toutes les pièces du moule auront été ainsi filées dans la chape, on graissera légèrement avec du lard le creux tout entier, puis on y appliquera des gâteaux de oire, de terre ou de pâte, de l1 épaisseur d'une lame de couteau. — Ces gâteaux se font à l'aide d'un morceau de bois dans lequel a été creusé avec un ciseau un carré grand comme la paume de la main, et ayant en profondeur l'épaisseur d'une bonne lame de couteau, plus ou moins, suivant que Ton veut que la statue soit massive ou légère. — A mesure que les gâteaux sont façonnés , on les applique l'un près de l'autre dans les creux du moule.
On disposera ensuite une armature de fer, espèce de squelette dont les différentes pièces suivront toutes les directions données aux jambes, aux bras, au torse et â la tète de la statue.
Après cela, on posera sur cette armature plusieurs couches de terre maigre battue avec de la bourre , en les faisant sécher successivement, soit naturellement avec le temps, soit à l'aide du feu. C'est ce qu'on appelle le noyau de la statue. On renouvellera ces couches jusqu'à ce qu'elles touchent exactement les gâteaux qui garnissent le creux, ce dont on s'assurera en présentant autant que de besoin le noyau dans le moule. — Lorsque le noyau touchera bien partout, on le retirera du moule, on le liera du haut en bas avec du fil de fer, et on le soumettra au feu. — Quand il sera bien cuit, on le recouvrira d'un lut très-léger composé de poudre d'os et de brique maigre pilée et mêlée à un peu de terre pétrie avec de la bourre. — On fera ensuite cuire ce lut à l'aide d'un feu modéré, puis on otera de l'intérieur du moule les gâteaux qui le garnissent. — Pour maintenir le noyau en place d'une manière invariable, il faut avoir soin de lier à l'armature, en quatre endroits au moins, des
barres de fer qui passeront à travers le moule de plâtre. — Lorsque Ton aura enlevé les gâteaux, on frottera de nouveau le creux légèrement avec du lard que Ton aura an peu chauffé pour qu'il s'incorpore mieux dans le plâtre. — Après avoir ensuite percé les trous pour verser la cire, on renfermera le noyau dans le moule, que Ton dressera sur une base et dans lequel on ménagera au moins quatre évents, deux aux pieds et deux aux mains. — Du reste, plus il y en aura, plus l'artiste sera certain que son moule s'emplira bien de cire. — Les deux premiers éventa doivent se faire dans la partie la plus basse des pieds, et ils se feront plus facilement si la statue se trouve placée sur une base un peu élevée. — On pratiquera les ouvertures des évents avec une grosse tarière, et ou veillera à ce qu'elles se trouvent dirigées vers le bas, attendu que, de cette façon , il ne restera rien dans le moule lorsque Ton voudra faire écouler la cire. — A chacune de ces ouvertures on ajustera un tube de canne qui remontera de bas en haut le long de la statue. On aura soin de bien garnir de terre un peu liquide 1 endroit où on attachera le lube, afin que la cire ne puisse se perdre. — Une fois ces précautions prises, on peut verser hardiment la cire, pourvu qu'elle soit convenablement chaude : si contournée que soit l'attitude de la figure, le moule s'emplira facilement. — Quand il sera plein , on le laissera refroidir pendant un jour entier, et pendant deux , si l'opération a lieu en été. — La cire refroidie, on débarrassera la chape de ses liens et on dénouera les ficelles qui retiennent les petites pièces du moule. Quand on en aura défait 4a moitié, on essaiera doucement, par-devant ou par-derrière, d'enlever la première enveloppe de la statue; comme la cire, en refroidissant, se sera retirée au moin s de l'épaisseur d'un crin de cheval, cette opération n'offrira aucune dilïïculté. On procédera de la même manière pour la seconde moitié de la