CHAPITRE PRKM1KR. MA
chape. On placera ensuite la statue sur deux chevalets de bois assez élevés pour pouvoir travailler dessous avec les mains. Alors on commencera à enlever une à une toutes les pièces du moule garnies d'anneaux de (il de fer et de ficelles; puis on effacera les coutures produites sur la cire par les pièces du moule, et on rererra toute la statue avec soin. Lorsque F artiste aura décidé qu'il n'a plus rien à retoucher, il fera, avant de s'occuper de la chape de potée, tous les évents de cire nécessaires à sa statue . Il les dirigera tous par en bas, attendu que, plus tard, dans sa chape ou dernière enveloppe, il lui sera facile de les diriger en haut avec la terre. On les dispose ainsi pour extraire plus aisément la cire; si Ton opérait autrement, il faudrait tourner et retourner le moule, qui pourrait se gâter ou se briser. — On doit encore noter, comme une chose de très* haute importance, que, dans l'opération de l'écoulement des cires, il faut n'employer qu'un feu assez modéré, pour que la cire ne bouille point dans le moule et sorte sans violence. — Quand la cire sera toute sortie, on soumettra une seconde fois le moule à un feu également modéré, jusqu'à ce que l'on soit bien certain que toute l'humidité de la cire a été chassée. — Alors on peut recuire vigoureusement le moule en l'enveloppant de briques placées à trois doigts de distance. — On ne se servira que de bois doux, comme Faune, le pin, le hêtre, le sarment. — On se gardera surtout d'employer le chêne et les charbons : le feu qu'ils produisent ferait fondre la terre, qui alors deviendrait comme du verre, à moins qu'elle ne fût de la nature de ces terres qui ne fondent pas , et dont on se sert pour les fourneaux des verreries et des fonderies, ainsi que nous le dirons plus loin.
Outre le procédé que nous venons de décrire, il y en a un autre un peu plus expéditif, mais moins certain. Au lieu d'exécuter en terre le noyau de la statue , on peut le faire
avec du plâtre, mêlé avec des os brûlés et des briques cuites pilées. — Si le plâtre est de bonne qualité, ce procédé devient plus facile. On n'est plus obligé d'appliquer des couches successives de terre; on coule dans l'intérieur du moule, sur les gâteaux, une composition liquide dans laquelle le plâtre entre pour une moitié et les os brûlés, et les briques pilées pour l'autre moitié. Dès que cette composition est prise, on ouvre le moule et on entoure le noyau de fil de fer que l'on revêt légèrement d'une composition de même nature, mais un peu plus liquide que la première. On cuit ensuite ce noyau comme celui de terre, et quand il est bien cuit, on jette la cire par-dessus avec tous les soins accoutumés. — Une fois le moule enlevé , la cire réparée et les évents disposés , on peut encore faire la chape avec cette même composition de plâtre, d'os et de briques. — Cette cbape doit avoir deux doigts et demi d'épaisseur et être armée de bandes de fer larges de deux doigts , que l'on revêt de plâtre. — Quand l'œuvre est arrivée à ce point, on met le moule dans un fourneau construit tout en briques et arrangé de façon qu'en allumant le feu toute la cire puisse couler par les évents dans une chaudière placée dans un trou creusé en terre. — Dès que la cire est sortie, on soumet le moule à un bon feu de bois de charbon, jusqu'à ce que la chape soit bien cuite ; mais on doit savoir que le plâtre exige moitié moins de feu que la terre.
Il n'est pas inutile de faire observer que, pour ces opérations , les plâtres de Toscane sont loin de valoir ceux de Mantoue , de Milan et de France , qui sont excellents. De vaillants artistes, ignorant la différence qui existe entre ces plâtres, ont été jetés dans Terreur plus d'une fois par ceux de Toscane, dont l'emploi a empêché leurs ouvrages d'arriver à bon terme, sans qu'ils en soupçonnassent la cause : c'est pourquoi tout maître habile qui veut que l'on admire ses travaux doit avoir une connaissance parfaite