‹ Œuvres complètes de Benvenuto CelliniChapitre 260 sur 285 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

livres. — Si la statue n'avait que trois brasses environ , un seul treuil su (Tirait, et même à la rigueur on pourrait s* en passer, mais, dans ce cas, il y aurait à craindre que le noyau ne vint à vaciller et à endommager l'enveloppe extérieure, inconvénients que Fou évite en se servant du treuil. — Lors donc qu'à l'aide du treuil on aura enlevé et conduit tout doucement le moule au-dessus du plan du fourneau , on le laissera aller jusqu'à ce qu'il soit descendu au fond. — Dès qu'il sera bien solide et bien droit, et que Ton aura disposé la boucbe du jet en face du canal de l'écbeno, on ajustera aux deux é vents qui se trouveront le plus bas placés de ces petits tuyaux en terre cuite dont on se sert ordinairement pour les éviers. Certains de ces tuyaux formant des courbes sont employés dans tous les endroits où les évents sont percés en dessous; on les emboîte les uns dans les autres et on les pose en contrehaut — Quand les deux évents sont bien établis, on remplit la fosse avec la terre que Ion en avait tirée. Cette terre doit être passée à la claie et mêlée par portions égales avec du sable qui ne soit pas trop humide. — L'artiste notera qu'il suffit que cette terre mêlée de sable forme autour de son moule une enveloppe d'un quart de brasse d'épaisseur. Le reste de la fosse peut se remplir simplement avec de la terre non passée à la claie. — Du moment que la terre jetée dans la fosse s'élève environ à un tiers de brasse, ou la bat avec des hies, espèces de masses en bois, longues de trois brasses et larges d'un quart de brasse. Il faut avoir bien soin de ne jamais frapper le moule ; il suffit de battre la terre avec la hie à quatre doigts de distance du moule, et de fouler adroitement avec les pieds contre les parois la terre qui n'a pas été battue. A chaque couche de terre d'un tiers de brasse d'épaisseur, on opérera comme nous venons de l'indiquer. A mesure que la terre s'élève, et que l'on rencontre des évents, on

no TRAITÉ DS Là SCULPTURE.

leur adapte dea tuyaux de terre cuite, dont on boiche l'ouverture avec de l'étoupe, afin que, durant l'opération du remplissage de la fosse, il n'entre dans les é vents aucune parcelle de terre qui puisse s'opposer à la réussite de la fonte. Pour tous les évents que l'on trouvera en remplissant la fosse, on n'épargnera aucun des soins que nous avons recommandés pour les premiers. — Après cela, on s'oooupera de construire les canaux que doit parcourir le brome pour arriver à l'ouverture des jets. — On saura qu'au moment où l'on met le moule dans la fosse, il faut que le fourneau soit plein de bronze. — On aura soin également de tenir le fourneau allumé pendant l'opération du remplissage de la fosse, afin que le moule ne prenne point trop d'humidité. — Ces précautions paraîtront peutêtre frivoles, mais si on les néglige, les artistes verront plus d'une fois leurs moules ne point s'emplir et leurs ouvrages manquer honteusement. — Lors donc que Ton a comblé la fosse jusqu'au niveau du jet en ménageant la pente nécessaire à l'écoulement du bronze à partir de rentrée du fourneau , et que Ton a disposé de la manière indiquée et bien bouché avec de l'étoupe le jet et les évents, on doit établir sur la dernière couche des terres une maçonnerie en briques cuites, au-dessus de laquelle on laitiers s1 élever les évents. Si le moule avait plusieurs jets, on aurait soin de faire aboutir la maçonnerie bien exactement à leurs ouvertures. — Sur cette maçonnerie, on construira en briques crues et sèches, posées de plat avec la terre liquida mêlée de bourre, et larges de trois doigts ou plus suivant la pente que l'artiste voudra donner à l'écoulement du bronze, un canal qui s'étendra de l'entrée du fourneau jusqu'aux bouches des jets. On établira ensu île autour de ce canal, de niveau avec le dessus de sas parapets, un petit mur en briques crues ou cuites, reliées avec de la terre en guise de mortier.

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