‹ Œuvres complètes de Benvenuto CelliniChapitre 264 sur 285 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

extrême sous la voûte en tourbillonnant jusqu'au sommet, d'où elles retombent sur le métal avec une telle violence que quelques heures suffisent pour le liquéfier. — On fait ensuite quatre évents à l'endroit où la voûte commence. Ces évents doivent être assez larges pour que deux doigts de la main puissent y entrer.

Le trou par lequel sortira le bronze sera percé dans une brique, afin qu'aucune partie de sa circonférence ne présente le moindre obstacle à Y écoulement du métal. — Cette ouverture s'appelle le trou du tampon. — Sa largeur à l'intérieur doit être d'un demi-doigt plus grande qu'à F extérieur, à cause du tampon de fer que Ton y place avec un peu de cendre bien tamisée et convenablement détrempée. — La brique où ce trou est percé se maçonne avec les autres briques , que Ton pose successivement jusqu'à ce que la voûte soit complètement terminée.

On prend ensuite une pierre ayant une demi-brasse de dimension en tous sens, au milieu de laquelle on perce un trou exactement de la grandeur de celui que l'on a pratiqué dans la brique. La bouche extérieure de ce trou doit être six fois plus large que celle qui s'appuie contre la brique. Cette pierre se lie ensuite à la brique du fourneau avec de la terre de la manière que nous avons indiquée plus haut. Quant à la partie qui repose sur les fondements du fourneau , on la maçonnera avec de bon mortier. On scellera de même les autres pierres qui seront de la grosseur du premier bloc et iront à une hauteur égale à celle de la voûte. Elles s'élèveront droit, afin que, s'il survient quelque accident à la voûte, on puisse y porter remède. Lorsque l'artiste aura disposé son fourneau de cette façon et qu'il sera arrivé à la grande ouverture où entre la flamme, il établira à côté une chauffe à laquelle il donnera deux tiers de brasse de dimension eu tous sens et deux brasses de profondeur au-dessous du plan de l'ou-

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verture. — On placera au fond de celte chauffe six ou sept tirants de fer gros de deux doigts, et assez longs pour dé» passer de quatre doigts leurs supports. Ces tirants de fer se posent sur des pierres dures à trois doigts de distance l'un de l'autre, de sorte qu'ils forment une espèce de gril. — La voûte qui s'élève sur ces tirants de fer doit être bâtie avec des briques et de la terre, ainsi que nous avons dit que devait être fait l'intérieur du fourneau. Parvenu à ce point, ou resserrera sa partie supérieure d'un huitième de brasse en tous sens, lorsqu'elle sera parvenue à la moitié du trou du fourneau par lequel doivent entrer les flammes. Sous la grille de fer dont nous avons parlé, on disposera une fosse large d'une brasse et demie et profonde de deux brasses. Cette fosse prendra cinq ou six brasses de largeur à l'endroit où la galerie souterraine introduit l'air extérieur dans la chauffe. — H faut remarquer que cet air ne doit entrer que d'un côté en remontant le long de la fosse placée sous la grille. — Cette fisse est ordinairement appelée le braisier (bratiaiuola). Comme il arrive parfois que le sculpteur, par une excellente précaution , allume son feu cinq ou six heures à l'avance, les braises s'amoncèlent sous la grille à tel point qu'elles empêchent F air d'arriver jusqu'à la chauffe, qui alors cesse de fonctionner régulièrement II faut donc avoir tout prêt un instrument de fer long d'une demi-brasse et large d'un huitième de brasse, muni au milieu d'un des côtés de sa largeur d'une verge de fergrosse de deux doigts et longue de deux brasses, terminée par une virole à laquelle s'adapte un manche long de quatre brasses. Cet instrument, que l'on nomme vulgairement râteau , sert à retirer les braises qui s'accumulent peu à peu.

Lorsque la chauffe a été construite avec tous les soins que nous avons recommandés , il faut l'armer de bonnes bandes de fer, au nombre de deux au moins. L'une se

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