‹ Œuvres complètes de Benvenuto CelliniChapitre 273 sur 285 · CHAPITRE VI. 3t · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. 3t

avec le crayon noir et les lumières avec le crayon blanc.

— Ce crayon blanc s'emploie souvent en pastels gros comme un tuyau de plume et fabriqués avec de la céruse mêlée d'un peu de gomme arabique.

On dessine en outre avec le crayon noir et avec la sanguine.

— Ces crayons donnent au dessin un charme vraiment extraordinaire. Aussi ce mode de dessiner est-il bien préférable à ceux dont nous avons parlé plus haut. — Tous les bons dessinateurs se servent de ces crayons pour étudier d'après nature. — S'ils veulent changer de place un bras ou une jambe, les mettre plus haut ou plus bas, plus en avant ou plus en arrière, cela leur est facile. A l'aide d'un peu de mie de pain , ils effacent en un clin d'oeil le trait qu'a fait le crayon rouge ou noir. — Cette manière de dessiner est réputée la meilleure.

Maintenant, arrivant & parler du dessin, je dis que selon moi le véritable dessin n'est autre chose que l'ombre du relief, et, par suite, que le relief est le père du dessin et que la peinture est purement nn dessin couvert des couleurs que donne la nature.

On peint de deux manières : l'une est celle qui imite avec toutes les couleurs ce que nous montre la nature; l'autre est la grisaille. Ce genre de peinture a été ressuscité de nos jours à Rome par Polidoro et Mat u ri no , trèshabile dessinateurs, qui, se souciant peu de peindre avec des couleurs , ont exécuté un nombre infini d'ouvrages en grisaille, sous les pontificats de Léon X, d'Adrien et de Clément VII.

Mais revenons à la manière de dessiner et disons ce que nous avons observé dans nos études de raccourcis. — Xous nous réunissions souvent plusieurs artistes pour travailler ensemble. Nous placions dans une chambre dont les murs étaient blanchis un homme de belle stature, assis ou debout, et dans les attitudes qui offraient les rac-

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