II
Mi TRAITÉ DB LA SCULPTURE.
eooreis les plus difficiles. Nous mettions derrière lai une lumière, ni trop haut, ni trop bas, ni trop loin , de telle façon, en un mot, qu'elle nous donnât les véritables lignes de notre modèle. Puis, dhê que l'ombre de celui-ci se montrait sur le mur, nous la profilions prestement. Il nous était ensuite facile de tracer différentes lignes que l'ombre ne pouvait nous fournir, ainsi que quelques plis se trouvant dans la grosseur du bras, dans le coude, dans les épaules et différentes parties de la tètey du torse, des jambes, des pieds et des mains, qu'il était impossible de voir. — Voilà la véritable méthode de dessiner, par laquelle on arrive à être excellent peintre, comme l'a été notre merveilleux Michel-Ange Buonarroti, qui, je le tiens pour certain, n'est arrivé si haut dans Fart de la peinture que parce qu'il a été le plus parfait sculpteur. — Dire d'une belle peinture qu'elle se détache de telle façon qu'elle semble être en relief, n'est-ce pas le plus grand éloge que Ton puisse en faire? — D'où il faut conclure que le relief est le véritable père de la peinture , et que la peinture est la charmante et gracieuse fille du relief.
La peinture est une partie des huit principaux points de vue auxquels est obligée la sculpture. Quand un sculpteur veut modeler une figure nue ou même drapée, il prend de la terre ou de la cire et commence par le devant de la figure, qu'il n'arrête qu'après avoir maintes fois levé, baissé, avancé, reculé, tourné et retourné chaque membre. Lorsqu'enfin il est satisfait de ce premier point de vue, il s'occupe d'un des côtés de sa maquette: mais alors bien souvent il arrive que sa figure lui paraît moins gracieuse. — 11 se trouve donc forcé, pour accorder son nouveau point de vue avec l'ancien, de modifier celui-ci qu'il avait pourtant déjà arrêté. — Et chaque fois qu'il changera de point de vue, il rencontrera les mêmes difficultés. — Ces points de vue sont non-seulement au nombre de huit,