‹ Œuvres complètes de Benvenuto CelliniChapitre 51 sur 285 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

détins de Rome. Je le prenais en m1 astreignant à la diète h plus sévère que Fou puisse imaginer. Bientôt ma santé s'améliora au point que, dans l'espace de cinquante jours, je Îm goéri et sain comme un poisson. L'hiver approchait. Afin de me distraire un peu, après les souffrances que j'avais endurées, je me mis à chasser à l'escopette. Je m exposais au vent, à la pluie, et m'enfonçais au milieu des marais : de sorte qu'au bout de quelques jours, mon mal reparut avec cent fois plus de violence qu'auparavant. Je me remis entre les mains des médecins, j'exécutai leurs prescriptions , et j'allais de pis en pis. La fièvre m' ayant saisi, je me disposai à reprendre le bois. Les médecins s'y opposaient, et m'assuraient que, si j'y touchais pendant que j'avais la fièvre, je mourrais en huit jours. Cependant je ne voulus point les écouter. Je suivis le régime que j'avais déjà observé, et, lorsque j'eus bu quatre jours consécutifs de cette bienheureuse eau de bois , je me trouvai complètement délivré de la fièvre. Je commençai à éprouver une énorme amélioration. Tout en prenant mon bois, je travaillais aux modèles de mon ouvrage. De ma vie je ne fis et n'inventai de plus belles choses que pendant le temps où je gardai cette entière abstinence. Au bout de cinquante jours je fus parfaitement guéri. J'apportai ensuite tous mes soins à consolider ma santé.

Lorsque je fus sorti de cette diète aussi longue que sévère, je me trouvai net de toute maladie, comme si je fusse revenu au monde. Malgré le plaisir que je prenais à affermir une santé si désirée, je ne laissais pas cependant de travailler et à mon calice et aux coins de la Monnaie autant que je le devais.

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