CHAPITRE V
Ytpft i Rrniee. — Giorgio Vaiarl. — Calomnie. — Reloor i Rome. — Le F*re , ItFih «I la Siiot . Esprit — Felice flawUgnl. — Aventura de élane. — La poutre •e fee. — Le revers de LemvJno. — AieaMlftat da dae Aleundr». — Ut mille fiortstiu. — élection de Côtoie de Médicls. — Refluions de Cellini. — Uemr Lelfao Gtoeoele. — Cfaarlee-Qoiot i Rome. — Le miuel. — Métier Dorante et le* «iee, ceato teae d'ev.
Une semaine amena une si faible amélioration dans ma santé, que je devins presque à charge à moi-même : c'est qu'en effet il y avait plus de cinquante jours que j'étais en proie à la souffrance. Je me décidai enfin à partir et je fis (oos mes préparatifs. Je pris deux litières , une pour mon cberFelice, l'autre pour moi, et nous nous dirigeâmes vers Florence. Comme je n'avais point écrit pour annoncer mon arrivée, ma sœur, qui ne m'attendait pas, m'accueillit en pleurant et en riant à la fois. Le même jour, plusieurs de m« amis vinrent me voir, et entre autres Pier Lundi, celui qui m'était le plus cher au monde.
Le lendemain Niccold de Monte-Aguto, avec qui j'étais aussi intimement lié, s'empressa d'accourir, parce qu'il avait entendu dire au duc : — « Benvenuto aurait mieux fait de mourir; il est venu ici se mettre la corde au cou, car je ne lai pardonnerai jamais. » — Aussi dès que Niccold me vit, t'écria-t-il d'un ton désespéré : — u Cher Benvenuto, ao'es-tu venu faire ici? Ne savais -tu pas combien tu as
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offensé le duc ? Je F ai entendu jurer que tu étais venu te mettre la corde au cou! » — « Niccolô, lui répondis-je, rappelés à Son Excellence que le pape Clément a voulu me traiter de la même façon et avec tout autant d'injustice. Que le duc ait l'œil sur moi et me laisse guérir : alors je lui montrerai que de sa vie il n'a eu un plus fidèle serviteur que moi. Un de mes ennemis, poussé par l'envie, m'aura ainsi desservi auprès de Son Excellence. Eh bien ! qu'elle attende que je recouvre la santé, et je lui expliquerai ma conduite de telle façon qu'elle en sera étonnée. »
C'était le peintre Giorgetto Vasellario d'Arexzo (1) qui m'avait joué ce mauvais tour, probablement pour me récompenser de tous les bienfaits dont je l'avais comblé. En effet, je l'avais logé et défrayé à Rome, où il avait mis toute ma maison sens dessus dessous. 11 était alors attaqué d'une petite lèpre sèche qu'il grattait continuellement Une nuit qu'il couchait avec un brave garçon quej'avaisàmon service et qui s'appelait Manno (2), il lui écorcha une jambe avec ses mains en croyant se gratter lui-même. Jamais il
(I) Giorgio Vasari naquit à Ares», ta 1512, et mon rot en 1674. Ami et élève 4e lllcael - Ange, d'Antre* del Série , do Prière , du Roue, traité es égul par le cardia»! Farnèse et le cardinal de Médicit , comblé d'honneurs et de richesses par le magnifique Cosme , il vécut dans l'intimité de tout les homme* savants et forte de m brillante époque. Appelé i Florence an moment où ton* le* illustres maîtres do quiniiéme siècle étaient mort» on condamnés an repos par la fielllesse, il présida i tout les grands travaux qui furent ordonné» par lo dnc Cosme. Encouragé par le Caro . le Uolsa , le Tolomei , le Giovio, et le* lettrés les plus distingués de son temps, il écrivit les Vire oVf plus célèbres Peintre». Sculpteurt et Architecte*. ■ Malgré quelques légères
• erreur* qui, pour la plupart, ont été fort exagérées par de* critiques intéressés, Vasari » doit être regarde comme le père de l'histoire de la peinture. Formé pendant l'époque
• la pins brillante de cet art , Il a , pour ainsi dire , perpétué les préceptes dn siècle •> d'or. F.n lisant ses récits , oa croirait entendre le* peintre* même* dent il a receeMli « les traditions el les maiimcs. > — A ces lignes, que non» empruntons an docte Laos t. nous' n'ajouterons rien. Nous avons déjà peut-élre trop parlé ici d'un livre que nous avons essayé de naturaliser en France.
(2) En plusieurs endroits de son litre , Vasari parle avec éloge de l'habileté et dn ea* raclère de l'orfèvre Manno. Il l'appelle : • Uomo raro nel tno esercizio M offtsno per rOBlttmi t bonlh. • — Voj. Vasari , I'i> <*> Salriali. t. I\.